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		<updated>2020-03-18T21:55:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Code d'éthique */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Logo NLPNL.jpg|thumb|300px|link=http://www.nlpnl.eu|NLPNL - Fédération des associations francophones des certifiés en PNL.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''{{citation|texte=Fédération des associations francophones de certifiés en programmation neuro-linguistique}}''' (NLPNL) ([http://www.nlpnl.eu site officiel www.nlpnl.eu]) cherche à défendre la qualité de l'enseignement et de la pratique de la [[Programmation Neuro-Linguistique]].&lt;br /&gt;
Elle a le statut d'association loi 1901. Son siège social est à Paris. &lt;br /&gt;
Elle regroupe quatre associations régionales de certifiés en PNL (Île-de-France, Poitou-Charentes, Méditerranée, Belgique).&lt;br /&gt;
__INDEX__&lt;br /&gt;
Tous les centres de formation PNL qui ont reçu l' {{citation|texte=agrément NLPNL}} se sont engagés à respecter les {{citation|texte=standards de qualité}} définis par la fédération NLPNL dans leurs formations de [[Les différentes formations en PNL|certification PNL]]  (praticien, maître-praticien, enseignant). &lt;br /&gt;
Par ailleurs, tous les membres des associations régionales NLPNL se sont engagés à respecter un {{citation|texte=engagement commun}}&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/engagement-commun-nlpnl&amp;lt;/ref&amp;gt; formulé par la fédération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mission ==&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL s'est définie pour mission de défendre la qualité de l'enseignement et la pratique de la PNL par des standards de formation et un engagement éthique de tous ses membres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
=== Création ===&lt;br /&gt;
Le 20 février 1988, cinq certifiés en PNL décident de se regrouper pour fonder une association qu'ils baptisent {{citation|texte=CERF}} (Centre européen de recherche et de formation). Quelques mois plus tard, le groupe intègre d'autres certifiés et décident de créer une association avec un code éthique qu'ils désignent sous le terme d'{{citation|texte=Engagement commun}} ainsi que des standards de qualité de Formation.&lt;br /&gt;
Le 13 fév. 1990, ce groupe alors constitué de 17 certifiés en PNL crée à Paris l'{{citation|texte=Association Française des Certifiés en Programmation Neuro-Linguistique}}&amp;lt;ref&amp;gt;Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul in Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul, ''Derrière la magie'', InterEditions, Paris, 2010, avant-propos, p. XIII&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Les fondateurs adoptent l'acronyme {{citation|texte=NLPNL}}&amp;lt;ref&amp;gt;NLPNL est une contraction des acronymes de « Programmation neuro-linguistique » en anglais ''NLP'' et en français « PNL ».&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Son but était de regrouper les PNListes autour d'une éthique afin de développer et enrichir leurs compétences et de constituer un pôle de référence pour l'évolution de la PNL. Mais aussi pour réagir à des dérives dans la formation de la PNL donnée par des personnes non suffisamment formées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Internationalisation ===&lt;br /&gt;
À la suite de l'adhésion de quelques PNListes certifiés francophones de Belgique, de Suisse et du Maghreb, de {{citation|texte=française}} l'association est devenue {{citation|texte=francophone}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fédération ===&lt;br /&gt;
Dans un but de décentralisation, cette association s'est transformée en 2002 en une fédération d'associations régionales.&lt;br /&gt;
La Fédération NLPNL est née le 26 janvier 2002 au cours des assemblées générales extraordinaires de l'Association francophone NLPNL et de l'Association NLPNL 2002.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens avec d'autres associations ===&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL (et spécialement le collèges des psychothérapeutes (PNLt) est en relation avec la Fédération française de psychothérapie (FFdP)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.psycho-ressources.com/bibli/psychotherapie-fr-ffdp.html consulté le 26/3/2011.&amp;lt;/ref&amp;gt; et l’European Association for Psychotherapy (EAP) pour la validation des certificats européens de psychothérapie (CEP).&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL garde des liens privilégiés avec l'association allemande de PNL par des invitations mutuelles à certaines réunions et aux congrès respectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Structure et organisation ==&lt;br /&gt;
La structure de la Fédération NLPNL comprend 2 niveaux&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/nlpnl/federation/presentation&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une structure territoriale composée d'associations régionales (Île-de-France, Poitou-Charentes, Méditerranée, Belgique) dans lesquelles se font membre les PNListes certifiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une structure transversale, fédérale, regroupant les différentes associations locales, centrée sur la défense de la qualité des standards de certification, de l'enseignement et de la pratique de la PNL. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein de cette structure, sont constituées la commission du Collège des Enseignants certifiés en PNL, la commission du Collège des Psychothérapeutes ainsi que la commission du Collège des Coachs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents centres privés de formation en PNL peuvent y introduire une demande d'agrément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération et toutes les associations locales ont le statut d'association loi 1901.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réalisation ==&lt;br /&gt;
=== Standards de qualité des formations certifiantes ===&lt;br /&gt;
Des [https://www.nlpnl.eu/standards-de-qualite-NLPNL standards de qualité de l'enseignement de la PNL] ont été établis pour l'obtention des certifications de praticien, maître-praticien, enseignant. Les centres de formation PNL qui souhaitent recevoir l'agrément de NLPNL pour ces cursus doivent introduire un dossier démontrant le respect de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces standards de qualité de formation PNL ont trait à la fois au contenu, à la durée de la formation, ainsi qu'à l'esprit et la déontologie PNL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.nlpnl.eu/standards-de-qualite-NLPNL Standards de qualité NLPNL pour la fomation]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Code d'éthique ===  &lt;br /&gt;
Au sein de NLPNL a été rédigé différents textes à visée éthique. Le premier est l'« engagement commun » que tous les membres des associations régionales et les membres individuels de la fédération doivent s'engager à respecter. Ensuite, trois codes de déontologie ont été rédigés pour l'exercice de  professions particulières liées à la PNL : un premier pour tous les enseignants en PNL&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/nlpnl/colleges/enseignants&amp;lt;/ref&amp;gt;, un second pour les psychothérapeutes en PNLt et dernièrement un troisième pour les coachs en entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Congrès annuel===&lt;br /&gt;
Chaque année en fin janvier, la fédération NLPNL organise (souvent à Paris) un congrès. Le thème de celui de 2011 était le &amp;quot;Bonheur&amp;quot;, celui de 2010 &amp;quot;Être acteur du changement&amp;quot;, alors que celui de 2009 était &amp;quot;PNL et apprentissages&amp;quot;. Le thème du congrès de 2014 était &amp;quot;Créer une expérience qui transforme la vie&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue trimestrielle ===&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL édite une revue trimestrielle dont le titre est ''[[Métaphore]]''. En mars 2011, sortait le n° 60 &amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/publications/metaphore&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conférences ===&lt;br /&gt;
Dans chaque association régionales membres de NLPNL, sont régulièrement organisées des conférences.&lt;br /&gt;
=== Prix NLPNL ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération a créé, en 2012, le ''prix NLPNL'' pour récompenser des personnes ayant contribuer au '''développement''', à la '''crédibilité''' ou à la '''notoriété''' de la PNL. Il a été décerné cette année-là aux fondateurs de NLPNL : [[Josiane de Saint Paul]], France Camerlinck, Brian Van der Horst, Paul Raymond, C. et N. Debacker, Jane Turner, J. de Gandt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2014, [[Monique Esser]] l'a reçu pour ses travaux de description conceptuelle de la PNL. En 2016, [[Alain Thiry]] pour ses travaux sur la [[pédagogie PNL]]. En 2017, [[Robert Dilts]] pour son aide et soutien à NLPNL ainsi que l'ensemble de son oeuvre (niveaux logiques, techniques de changement de croyances, stratégies de créativité des génies, modèle sur le leadership, stratégies des entrepreneurs). En 2018, Dominique Robert pour l'organisation des congrès de PNL depuis plusieurs années. En 2020, Nicole Catona pour son implication dans l'organisation de NLPNL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Associations]] [[Catégorie:Généralité]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=NLPNL&amp;diff=4984</id>
		<title>NLPNL</title>
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		<updated>2020-03-18T21:54:40Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Standards de qualité des formations certifiantes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Logo NLPNL.jpg|thumb|300px|link=http://www.nlpnl.eu|NLPNL - Fédération des associations francophones des certifiés en PNL.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''{{citation|texte=Fédération des associations francophones de certifiés en programmation neuro-linguistique}}''' (NLPNL) ([http://www.nlpnl.eu site officiel www.nlpnl.eu]) cherche à défendre la qualité de l'enseignement et de la pratique de la [[Programmation Neuro-Linguistique]].&lt;br /&gt;
Elle a le statut d'association loi 1901. Son siège social est à Paris. &lt;br /&gt;
Elle regroupe quatre associations régionales de certifiés en PNL (Île-de-France, Poitou-Charentes, Méditerranée, Belgique).&lt;br /&gt;
__INDEX__&lt;br /&gt;
Tous les centres de formation PNL qui ont reçu l' {{citation|texte=agrément NLPNL}} se sont engagés à respecter les {{citation|texte=standards de qualité}} définis par la fédération NLPNL dans leurs formations de [[Les différentes formations en PNL|certification PNL]]  (praticien, maître-praticien, enseignant). &lt;br /&gt;
Par ailleurs, tous les membres des associations régionales NLPNL se sont engagés à respecter un {{citation|texte=engagement commun}}&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/engagement-commun-nlpnl&amp;lt;/ref&amp;gt; formulé par la fédération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mission ==&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL s'est définie pour mission de défendre la qualité de l'enseignement et la pratique de la PNL par des standards de formation et un engagement éthique de tous ses membres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
=== Création ===&lt;br /&gt;
Le 20 février 1988, cinq certifiés en PNL décident de se regrouper pour fonder une association qu'ils baptisent {{citation|texte=CERF}} (Centre européen de recherche et de formation). Quelques mois plus tard, le groupe intègre d'autres certifiés et décident de créer une association avec un code éthique qu'ils désignent sous le terme d'{{citation|texte=Engagement commun}} ainsi que des standards de qualité de Formation.&lt;br /&gt;
Le 13 fév. 1990, ce groupe alors constitué de 17 certifiés en PNL crée à Paris l'{{citation|texte=Association Française des Certifiés en Programmation Neuro-Linguistique}}&amp;lt;ref&amp;gt;Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul in Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul, ''Derrière la magie'', InterEditions, Paris, 2010, avant-propos, p. XIII&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Les fondateurs adoptent l'acronyme {{citation|texte=NLPNL}}&amp;lt;ref&amp;gt;NLPNL est une contraction des acronymes de « Programmation neuro-linguistique » en anglais ''NLP'' et en français « PNL ».&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Son but était de regrouper les PNListes autour d'une éthique afin de développer et enrichir leurs compétences et de constituer un pôle de référence pour l'évolution de la PNL. Mais aussi pour réagir à des dérives dans la formation de la PNL donnée par des personnes non suffisamment formées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Internationalisation ===&lt;br /&gt;
À la suite de l'adhésion de quelques PNListes certifiés francophones de Belgique, de Suisse et du Maghreb, de {{citation|texte=française}} l'association est devenue {{citation|texte=francophone}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fédération ===&lt;br /&gt;
Dans un but de décentralisation, cette association s'est transformée en 2002 en une fédération d'associations régionales.&lt;br /&gt;
La Fédération NLPNL est née le 26 janvier 2002 au cours des assemblées générales extraordinaires de l'Association francophone NLPNL et de l'Association NLPNL 2002.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens avec d'autres associations ===&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL (et spécialement le collèges des psychothérapeutes (PNLt) est en relation avec la Fédération française de psychothérapie (FFdP)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.psycho-ressources.com/bibli/psychotherapie-fr-ffdp.html consulté le 26/3/2011.&amp;lt;/ref&amp;gt; et l’European Association for Psychotherapy (EAP) pour la validation des certificats européens de psychothérapie (CEP).&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL garde des liens privilégiés avec l'association allemande de PNL par des invitations mutuelles à certaines réunions et aux congrès respectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Structure et organisation ==&lt;br /&gt;
La structure de la Fédération NLPNL comprend 2 niveaux&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/nlpnl/federation/presentation&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une structure territoriale composée d'associations régionales (Île-de-France, Poitou-Charentes, Méditerranée, Belgique) dans lesquelles se font membre les PNListes certifiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une structure transversale, fédérale, regroupant les différentes associations locales, centrée sur la défense de la qualité des standards de certification, de l'enseignement et de la pratique de la PNL. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein de cette structure, sont constituées la commission du Collège des Enseignants certifiés en PNL, la commission du Collège des Psychothérapeutes ainsi que la commission du Collège des Coachs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents centres privés de formation en PNL peuvent y introduire une demande d'agrément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération et toutes les associations locales ont le statut d'association loi 1901.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réalisation ==&lt;br /&gt;
=== Standards de qualité des formations certifiantes ===&lt;br /&gt;
Des [https://www.nlpnl.eu/standards-de-qualite-NLPNL standards de qualité de l'enseignement de la PNL] ont été établis pour l'obtention des certifications de praticien, maître-praticien, enseignant. Les centres de formation PNL qui souhaitent recevoir l'agrément de NLPNL pour ces cursus doivent introduire un dossier démontrant le respect de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces standards de qualité de formation PNL ont trait à la fois au contenu, à la durée de la formation, ainsi qu'à l'esprit et la déontologie PNL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.nlpnl.eu/standards-de-qualite-NLPNL Standards de qualité NLPNL pour la fomation]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Code d'éthique ===  &lt;br /&gt;
Au sein de NLPNL a été rédigé différents textes à visée éthique. Le premier est l'« engagement commun » que tous les membres des associations régionales et les membres individuels de la fédération doivent s'engager à respecter. Ensuite, trois [[code de déontologie|codes de déontologie]] ont été rédigés pour l'exercice de  professions particulières liées à la PNL : un premier pour tous les enseignants en PNL&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/nlpnl/colleges/enseignants&amp;lt;/ref&amp;gt;, un second pour les [[psychothérapie|psychothérapeute]]s en PNLt et dernièrement un troisième pour les coachs en entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Congrès annuel===&lt;br /&gt;
Chaque année en fin janvier, la fédération NLPNL organise (souvent à Paris) un congrès. Le thème de celui de 2011 était le &amp;quot;Bonheur&amp;quot;, celui de 2010 &amp;quot;Être acteur du changement&amp;quot;, alors que celui de 2009 était &amp;quot;PNL et apprentissages&amp;quot;. Le thème du congrès de 2014 était &amp;quot;Créer une expérience qui transforme la vie&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue trimestrielle ===&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL édite une revue trimestrielle dont le titre est ''[[Métaphore]]''. En mars 2011, sortait le n° 60 &amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/publications/metaphore&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conférences ===&lt;br /&gt;
Dans chaque association régionales membres de NLPNL, sont régulièrement organisées des conférences.&lt;br /&gt;
=== Prix NLPNL ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération a créé, en 2012, le ''prix NLPNL'' pour récompenser des personnes ayant contribuer au '''développement''', à la '''crédibilité''' ou à la '''notoriété''' de la PNL. Il a été décerné cette année-là aux fondateurs de NLPNL : [[Josiane de Saint Paul]], France Camerlinck, Brian Van der Horst, Paul Raymond, C. et N. Debacker, Jane Turner, J. de Gandt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2014, [[Monique Esser]] l'a reçu pour ses travaux de description conceptuelle de la PNL. En 2016, [[Alain Thiry]] pour ses travaux sur la [[pédagogie PNL]]. En 2017, [[Robert Dilts]] pour son aide et soutien à NLPNL ainsi que l'ensemble de son oeuvre (niveaux logiques, techniques de changement de croyances, stratégies de créativité des génies, modèle sur le leadership, stratégies des entrepreneurs). En 2018, Dominique Robert pour l'organisation des congrès de PNL depuis plusieurs années. En 2020, Nicole Catona pour son implication dans l'organisation de NLPNL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Associations]] [[Catégorie:Généralité]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
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		<updated>2020-03-18T21:54:16Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Liens avec d'autres associations */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[Fichier:Logo NLPNL.jpg|thumb|300px|link=http://www.nlpnl.eu|NLPNL - Fédération des associations francophones des certifiés en PNL.]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La '''{{citation|texte=Fédération des associations francophones de certifiés en programmation neuro-linguistique}}''' (NLPNL) ([http://www.nlpnl.eu site officiel www.nlpnl.eu]) cherche à défendre la qualité de l'enseignement et de la pratique de la [[Programmation Neuro-Linguistique]].&lt;br /&gt;
Elle a le statut d'association loi 1901. Son siège social est à Paris. &lt;br /&gt;
Elle regroupe quatre associations régionales de certifiés en PNL (Île-de-France, Poitou-Charentes, Méditerranée, Belgique).&lt;br /&gt;
__INDEX__&lt;br /&gt;
Tous les centres de formation PNL qui ont reçu l' {{citation|texte=agrément NLPNL}} se sont engagés à respecter les {{citation|texte=standards de qualité}} définis par la fédération NLPNL dans leurs formations de [[Les différentes formations en PNL|certification PNL]]  (praticien, maître-praticien, enseignant). &lt;br /&gt;
Par ailleurs, tous les membres des associations régionales NLPNL se sont engagés à respecter un {{citation|texte=engagement commun}}&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/engagement-commun-nlpnl&amp;lt;/ref&amp;gt; formulé par la fédération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Mission ==&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL s'est définie pour mission de défendre la qualité de l'enseignement et la pratique de la PNL par des standards de formation et un engagement éthique de tous ses membres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Historique ==&lt;br /&gt;
=== Création ===&lt;br /&gt;
Le 20 février 1988, cinq certifiés en PNL décident de se regrouper pour fonder une association qu'ils baptisent {{citation|texte=CERF}} (Centre européen de recherche et de formation). Quelques mois plus tard, le groupe intègre d'autres certifiés et décident de créer une association avec un code éthique qu'ils désignent sous le terme d'{{citation|texte=Engagement commun}} ainsi que des standards de qualité de Formation.&lt;br /&gt;
Le 13 fév. 1990, ce groupe alors constitué de 17 certifiés en PNL crée à Paris l'{{citation|texte=Association Française des Certifiés en Programmation Neuro-Linguistique}}&amp;lt;ref&amp;gt;Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul in Alain Cayrol et Josiane de Saint Paul, ''Derrière la magie'', InterEditions, Paris, 2010, avant-propos, p. XIII&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Les fondateurs adoptent l'acronyme {{citation|texte=NLPNL}}&amp;lt;ref&amp;gt;NLPNL est une contraction des acronymes de « Programmation neuro-linguistique » en anglais ''NLP'' et en français « PNL ».&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Son but était de regrouper les PNListes autour d'une éthique afin de développer et enrichir leurs compétences et de constituer un pôle de référence pour l'évolution de la PNL. Mais aussi pour réagir à des dérives dans la formation de la PNL donnée par des personnes non suffisamment formées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Internationalisation ===&lt;br /&gt;
À la suite de l'adhésion de quelques PNListes certifiés francophones de Belgique, de Suisse et du Maghreb, de {{citation|texte=française}} l'association est devenue {{citation|texte=francophone}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Fédération ===&lt;br /&gt;
Dans un but de décentralisation, cette association s'est transformée en 2002 en une fédération d'associations régionales.&lt;br /&gt;
La Fédération NLPNL est née le 26 janvier 2002 au cours des assemblées générales extraordinaires de l'Association francophone NLPNL et de l'Association NLPNL 2002.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens avec d'autres associations ===&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL (et spécialement le collèges des psychothérapeutes (PNLt) est en relation avec la Fédération française de psychothérapie (FFdP)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.psycho-ressources.com/bibli/psychotherapie-fr-ffdp.html consulté le 26/3/2011.&amp;lt;/ref&amp;gt; et l’European Association for Psychotherapy (EAP) pour la validation des certificats européens de psychothérapie (CEP).&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL garde des liens privilégiés avec l'association allemande de PNL par des invitations mutuelles à certaines réunions et aux congrès respectifs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Structure et organisation ==&lt;br /&gt;
La structure de la Fédération NLPNL comprend 2 niveaux&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/nlpnl/federation/presentation&amp;lt;/ref&amp;gt; :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une structure territoriale composée d'associations régionales (Île-de-France, Poitou-Charentes, Méditerranée, Belgique) dans lesquelles se font membre les PNListes certifiés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une structure transversale, fédérale, regroupant les différentes associations locales, centrée sur la défense de la qualité des standards de certification, de l'enseignement et de la pratique de la PNL. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein de cette structure, sont constituées la commission du Collège des Enseignants certifiés en PNL, la commission du Collège des Psychothérapeutes ainsi que la commission du Collège des Coachs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les différents centres privés de formation en PNL peuvent y introduire une demande d'agrément.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération et toutes les associations locales ont le statut d'association loi 1901.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réalisation ==&lt;br /&gt;
=== Standards de qualité des formations certifiantes ===&lt;br /&gt;
Des [https://www.nlpnl.eu/standards-de-qualite-NLPNL standards de qualité de l'enseignement de la PNL] ont été établis pour l'obtention des [[certification]]s de praticien, maître-praticien, enseignant. Les centres de formation PNL qui souhaitent recevoir l'[[agrément]] de NLPNL pour ces cursus doivent introduire un dossier démontrant le respect de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces standards de qualité de formation PNL ont trait à la fois au contenu, à la durée de la formation, ainsi qu'à l'esprit et la déontologie PNL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[https://www.nlpnl.eu/standards-de-qualite-NLPNL Standards de qualité NLPNL pour la fomation]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Code d'éthique ===  &lt;br /&gt;
Au sein de NLPNL a été rédigé différents textes à visée éthique. Le premier est l'« engagement commun » que tous les membres des associations régionales et les membres individuels de la fédération doivent s'engager à respecter. Ensuite, trois [[code de déontologie|codes de déontologie]] ont été rédigés pour l'exercice de  professions particulières liées à la PNL : un premier pour tous les enseignants en PNL&amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/nlpnl/colleges/enseignants&amp;lt;/ref&amp;gt;, un second pour les [[psychothérapie|psychothérapeute]]s en PNLt et dernièrement un troisième pour les coachs en entreprise.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Congrès annuel===&lt;br /&gt;
Chaque année en fin janvier, la fédération NLPNL organise (souvent à Paris) un congrès. Le thème de celui de 2011 était le &amp;quot;Bonheur&amp;quot;, celui de 2010 &amp;quot;Être acteur du changement&amp;quot;, alors que celui de 2009 était &amp;quot;PNL et apprentissages&amp;quot;. Le thème du congrès de 2014 était &amp;quot;Créer une expérience qui transforme la vie&amp;quot;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Revue trimestrielle ===&lt;br /&gt;
La fédération NLPNL édite une revue trimestrielle dont le titre est ''[[Métaphore]]''. En mars 2011, sortait le n° 60 &amp;lt;ref&amp;gt;https://www.nlpnl.eu/publications/metaphore&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Conférences ===&lt;br /&gt;
Dans chaque association régionales membres de NLPNL, sont régulièrement organisées des conférences.&lt;br /&gt;
=== Prix NLPNL ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La fédération a créé, en 2012, le ''prix NLPNL'' pour récompenser des personnes ayant contribuer au '''développement''', à la '''crédibilité''' ou à la '''notoriété''' de la PNL. Il a été décerné cette année-là aux fondateurs de NLPNL : [[Josiane de Saint Paul]], France Camerlinck, Brian Van der Horst, Paul Raymond, C. et N. Debacker, Jane Turner, J. de Gandt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2014, [[Monique Esser]] l'a reçu pour ses travaux de description conceptuelle de la PNL. En 2016, [[Alain Thiry]] pour ses travaux sur la [[pédagogie PNL]]. En 2017, [[Robert Dilts]] pour son aide et soutien à NLPNL ainsi que l'ensemble de son oeuvre (niveaux logiques, techniques de changement de croyances, stratégies de créativité des génies, modèle sur le leadership, stratégies des entrepreneurs). En 2018, Dominique Robert pour l'organisation des congrès de PNL depuis plusieurs années. En 2020, Nicole Catona pour son implication dans l'organisation de NLPNL.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Associations]] [[Catégorie:Généralité]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-03-10T23:09:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Vaihinger.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 25 septembre 1852|Lieu de naissance=Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen |Date de décès= 18 décembre 1933|Lieu de décès=|Nationalité= Allemagne|Etude= |Profession= Professeur de philosophie |Travaux= &amp;quot;La philosophie du comme si&amp;quot;}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Notices d'autorité ![https://www.wikidata.org/wiki/Q76518?uselang=fr#identifiers] : &lt;br /&gt;
Fichier d’autorité international virtuel[http://viaf.org/viaf/56703773]&lt;br /&gt;
International Standard Name Identifier[http://isni.org/isni/0000000109041579]&lt;br /&gt;
CiNii[http://ci.nii.ac.jp/author/DA01588054?l=en]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de France[http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185] (données[http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185])&lt;br /&gt;
Système universitaire de documentation[http://www.idref.fr/033571007]&lt;br /&gt;
Bibliothèque du Congrès[http://id.loc.gov/authorities/n84803598]&lt;br /&gt;
Gemeinsame Normdatei[http://d-nb.info/gnd/118625810]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Espagne[http://catalogo.bne.es/uhtbin/authoritybrowse.cgi?action=display&amp;amp;authority_id=XX981800]&lt;br /&gt;
Bibliothèque royale des Pays-Bas[http://data.bibliotheken.nl/id/thes/p070335508]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Israël[http://uli.nli.org.il/F/?func=direct&amp;amp;doc_number=000136474&amp;amp;local_base=nlx10]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de Catalogne[http://cantic.bnc.cat/registres/CUCId/a10583397]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Australie[http://nla.gov.au/anbd.aut-an35655837]&lt;br /&gt;
WorldCat[http://www.worldcat.org/identities/lccn-n84-803598]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* (de) [PDF] Chronologie Hans[http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fhomepages.uni-tuebingen.de%2Fgerd.simon%2Fchrvai.pdf] [archive] (585 kB)&lt;br /&gt;
* (en) Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'' [archive]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
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		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-03-10T22:59:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Vaihinger.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 25 septembre 1852|Lieu de naissance=Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen |Date de décès= 18 décembre 1933|Lieu de décès=|Nationalité= Allemagne|Etude= |Profession= Professeur de philosophie |Travaux= &amp;quot;comme si&amp;quot;}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Notices d'autorité ![https://www.wikidata.org/wiki/Q76518?uselang=fr#identifiers] : &lt;br /&gt;
Fichier d’autorité international virtuel[http://viaf.org/viaf/56703773]&lt;br /&gt;
International Standard Name Identifier[http://isni.org/isni/0000000109041579]&lt;br /&gt;
CiNii[http://ci.nii.ac.jp/author/DA01588054?l=en]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de France[http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185] (données[http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185])&lt;br /&gt;
Système universitaire de documentation[http://www.idref.fr/033571007]&lt;br /&gt;
Bibliothèque du Congrès[http://id.loc.gov/authorities/n84803598]&lt;br /&gt;
Gemeinsame Normdatei[http://d-nb.info/gnd/118625810]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Espagne[http://catalogo.bne.es/uhtbin/authoritybrowse.cgi?action=display&amp;amp;authority_id=XX981800]&lt;br /&gt;
Bibliothèque royale des Pays-Bas[http://data.bibliotheken.nl/id/thes/p070335508]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Israël[http://uli.nli.org.il/F/?func=direct&amp;amp;doc_number=000136474&amp;amp;local_base=nlx10]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de Catalogne[http://cantic.bnc.cat/registres/CUCId/a10583397]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Australie[http://nla.gov.au/anbd.aut-an35655837]&lt;br /&gt;
WorldCat[http://www.worldcat.org/identities/lccn-n84-803598]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* (de) [PDF] Chronologie Hans[http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fhomepages.uni-tuebingen.de%2Fgerd.simon%2Fchrvai.pdf] [archive] (585 kB)&lt;br /&gt;
* (en) Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'' [archive]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
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		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-03-10T22:20:27Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Notices d'autorité ![https://www.wikidata.org/wiki/Q76518?uselang=fr#identifiers] : &lt;br /&gt;
Fichier d’autorité international virtuel[http://viaf.org/viaf/56703773]&lt;br /&gt;
International Standard Name Identifier[http://isni.org/isni/0000000109041579]&lt;br /&gt;
CiNii[http://ci.nii.ac.jp/author/DA01588054?l=en]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de France[http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185] (données[http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185])&lt;br /&gt;
Système universitaire de documentation[http://www.idref.fr/033571007]&lt;br /&gt;
Bibliothèque du Congrès[http://id.loc.gov/authorities/n84803598]&lt;br /&gt;
Gemeinsame Normdatei[http://d-nb.info/gnd/118625810]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Espagne[http://catalogo.bne.es/uhtbin/authoritybrowse.cgi?action=display&amp;amp;authority_id=XX981800]&lt;br /&gt;
Bibliothèque royale des Pays-Bas[http://data.bibliotheken.nl/id/thes/p070335508]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Israël[http://uli.nli.org.il/F/?func=direct&amp;amp;doc_number=000136474&amp;amp;local_base=nlx10]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de Catalogne[http://cantic.bnc.cat/registres/CUCId/a10583397]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Australie[http://nla.gov.au/anbd.aut-an35655837]&lt;br /&gt;
WorldCat[http://www.worldcat.org/identities/lccn-n84-803598]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* (de) [PDF] Chronologie Hans[http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fhomepages.uni-tuebingen.de%2Fgerd.simon%2Fchrvai.pdf] [archive] (585 kB)&lt;br /&gt;
* (en) Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'' [archive]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Hans_Vaihinger&amp;diff=4937</id>
		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-03-10T22:16:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Liens externes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Notices d'autorité ![https://www.wikidata.org/wiki/Q76518?uselang=fr#identifiers] : &lt;br /&gt;
Fichier d’autorité international virtuel[http://viaf.org/viaf/56703773]&lt;br /&gt;
International Standard Name Identifier[http://isni.org/isni/0000000109041579]&lt;br /&gt;
CiNii[http://ci.nii.ac.jp/author/DA01588054?l=en]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de France[http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185] (données[http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185])&lt;br /&gt;
Système universitaire de documentation[http://www.idref.fr/033571007]&lt;br /&gt;
Bibliothèque du Congrès[http://id.loc.gov/authorities/n84803598]&lt;br /&gt;
Gemeinsame Normdatei[http://d-nb.info/gnd/118625810]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Espagne[http://catalogo.bne.es/uhtbin/authoritybrowse.cgi?action=display&amp;amp;authority_id=XX981800]&lt;br /&gt;
Bibliothèque royale des Pays-Bas[http://data.bibliotheken.nl/id/thes/p070335508]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Israël[http://uli.nli.org.il/F/?func=direct&amp;amp;doc_number=000136474&amp;amp;local_base=nlx10]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de Catalogne[http://cantic.bnc.cat/registres/CUCId/a10583397]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Australie[http://nla.gov.au/anbd.aut-an35655837]&lt;br /&gt;
WorldCat[http://www.worldcat.org/identities/lccn-n84-803598]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* (de) [PDF] Chronologie Hans[http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fhomepages.uni-tuebingen.de%2Fgerd.simon%2Fchrvai.pdf]  [archive] (585 kB)&lt;br /&gt;
* (en) Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'' [archive]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
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		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-03-10T22:11:02Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Liens externes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Notices d'autorité ![https://www.wikidata.org/wiki/Q76518?uselang=fr#identifiers] : &lt;br /&gt;
Fichier d’autorité international virtuel[http://viaf.org/viaf/56703773]&lt;br /&gt;
International Standard Name Identifier[http://isni.org/isni/0000000109041579]&lt;br /&gt;
CiNii[http://ci.nii.ac.jp/author/DA01588054?l=en]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de France[http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185] (données[http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185])&lt;br /&gt;
Système universitaire de documentation[http://www.idref.fr/033571007]&lt;br /&gt;
Bibliothèque du Congrès[http://id.loc.gov/authorities/n84803598]&lt;br /&gt;
Gemeinsame Normdatei[http://d-nb.info/gnd/118625810]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Espagne[http://catalogo.bne.es/uhtbin/authoritybrowse.cgi?action=display&amp;amp;authority_id=XX981800]&lt;br /&gt;
Bibliothèque royale des Pays-Bas[http://data.bibliotheken.nl/id/thes/p070335508]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Israël[http://uli.nli.org.il/F/?func=direct&amp;amp;doc_number=000136474&amp;amp;local_base=nlx10]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de Catalogne[http://cantic.bnc.cat/registres/CUCId/a10583397]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Australie[http://nla.gov.au/anbd.aut-an35655837]&lt;br /&gt;
WorldCat[http://www.worldcat.org/identities/lccn-n84-803598]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(de) [PDF] Chronologie Hans [http://homepages.uni-tuebingen.de/gerd.simon/chrvai.pdf] [archive]http://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fhomepages.uni-tuebingen.de%2Fgerd.simon%2Fchrvai.pdf] (585 kB)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(en) Christopher Adair-Toteff, Hans Vaihinger’s Kant-Studien [archive]&lt;br /&gt;
* Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Hans_Vaihinger&amp;diff=4935</id>
		<title>Hans Vaihinger</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Hans_Vaihinger&amp;diff=4935"/>
		<updated>2020-03-10T22:06:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Liens externes */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Notices d'autorité ![https://www.wikidata.org/wiki/Q76518?uselang=fr#identifiers] : &lt;br /&gt;
Fichier d’autorité international virtuel[http://viaf.org/viaf/56703773]&lt;br /&gt;
International Standard Name Identifier[http://isni.org/isni/0000000109041579]&lt;br /&gt;
CiNii[http://ci.nii.ac.jp/author/DA01588054?l=en]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de France[http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185] (données[http://data.bnf.fr/ark:/12148/cb124426185])&lt;br /&gt;
Système universitaire de documentation[http://www.idref.fr/033571007]&lt;br /&gt;
Bibliothèque du Congrès[http://id.loc.gov/authorities/n84803598]&lt;br /&gt;
Gemeinsame Normdatei[http://d-nb.info/gnd/118625810]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Espagne[http://catalogo.bne.es/uhtbin/authoritybrowse.cgi?action=display&amp;amp;authority_id=XX981800]&lt;br /&gt;
Bibliothèque royale des Pays-Bas[http://data.bibliotheken.nl/id/thes/p070335508]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Israël[http://uli.nli.org.il/F/?func=direct&amp;amp;doc_number=000136474&amp;amp;local_base=nlx10]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de Catalogne[http://cantic.bnc.cat/registres/CUCId/a10583397]&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale d’Australie[http://nla.gov.au/anbd.aut-an35655837]&lt;br /&gt;
WorldCat[http://www.worldcat.org/identities/lccn-n84-803598]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(de) [PDF] Chronologie Hans Vaihinger [archive] (585 kB)&lt;br /&gt;
* [http://homepages.uni-tuebingen.de/gerd.simon/chrvai.pdf Chronologie Hans Vaihinger] (585 kB)&lt;br /&gt;
(en) Christopher Adair-Toteff, Hans Vaihinger’s Kant-Studien [archive]&lt;br /&gt;
* Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Hans_Vaihinger&amp;diff=4934</id>
		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-03-10T21:50:43Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Hans Vaihinger, sur Wikisource&lt;br /&gt;
Notices d'autorité ! [https://www.wikidata.org/wiki/Q76518?uselang=fr#identifiers] : Fichier d’autorité international virtuel&lt;br /&gt;
International Standard Name Identifier [http://isni.org/isni/0000000109041579]&lt;br /&gt;
CiNii&lt;br /&gt;
Bibliothèque nationale de France (données)&lt;br /&gt;
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WorldCat&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(de) [PDF] Chronologie Hans Vaihinger [archive] (585 kB)&lt;br /&gt;
* [http://homepages.uni-tuebingen.de/gerd.simon/chrvai.pdf Chronologie Hans Vaihinger] (585 kB)&lt;br /&gt;
(en) Christopher Adair-Toteff, Hans Vaihinger’s Kant-Studien [archive]&lt;br /&gt;
* Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Hans_Vaihinger&amp;diff=4933</id>
		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-03-10T21:47:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Hans Vaihinger, sur Wikisource&lt;br /&gt;
Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel&lt;br /&gt;
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Bibliothèque nationale de France (données)&lt;br /&gt;
Système universitaire de documentation&lt;br /&gt;
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Bibliothèque nationale d’Espagne&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
(de) [PDF] Chronologie Hans Vaihinger [archive] (585 kB)&lt;br /&gt;
* [http://homepages.uni-tuebingen.de/gerd.simon/chrvai.pdf Chronologie Hans Vaihinger] (585 kB)&lt;br /&gt;
(en) Christopher Adair-Toteff, Hans Vaihinger’s Kant-Studien [archive]&lt;br /&gt;
* Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4932</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-03-05T00:59:19Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume'''&amp;lt;ref&amp;gt;Prononcé ˈhjuːm, il s'appelait à l'origine David Home. Cf. Traité de la nature humaine, Livre I, édition GF, Paris, 1995, p. 427.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;(en) « David Hume | Biography, Philosophy, Works, &amp;amp; Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019).&amp;lt;/ref&amp;gt;, (7 mai 1711 - 25 août 1776) est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise&amp;lt;ref&amp;gt;« The most important philosopher ever to write in English […] », William Edward Morris, article « David Hume », in Stanford Encyclopedia of Philosophy. (trad. : Le plus important philosophe qui ait jamais écrit en anglais…).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux&amp;lt;ref&amp;gt;« […] there is a thread running from Hume's project of founding a science of the mind to that of the so-called cognitive sciences of the late twentieth century. For both, the study of the mind is, in important respects, just like the study of any other natural phenomenon. »&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes&amp;lt;ref&amp;gt;Georges-Clément Lechartier, David Hume, sociologue et moraliste, Paris, Alcan, 1900, p. 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;(en) [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse »&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; &amp;gt;My own life, version originale.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau.]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des sciences de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr.]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p. 6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world.»&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […]&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref name=&amp;quot;note AVER&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse&amp;lt;ref name=&amp;quot;note AVER&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref name=&amp;quot;note RAIS&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison&amp;lt;ref name=&amp;quot;note RAIS&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes&amp;lt;ref name=&amp;quot;note RAIS&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref name=&amp;quot;note ACC&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;note ACC&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie&amp;lt;ref name=&amp;quot;note CALE&amp;quot;&amp;gt;Blaug 1991, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention&amp;lt;ref name=&amp;quot;note CALE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi&amp;lt;ref name=&amp;quot;note CALE&amp;quot; /&amp;gt;. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)&amp;lt;Ref name=&amp;quot;ECO&amp;quot;&amp;gt;Blaug 1991, p. X.&amp;lt;/ref&amp;gt;}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|texte= vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is)&amp;lt;ref name=&amp;quot;ECO&amp;quot; /&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume : Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, p. 393.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Œuvres ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Éditions anglaises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''A Treatise of Human Nature: Being an Attempt to introduce the experimental Method of Reasoning into Moral Subjects'', VOL. I and II : London, Printed for John Noon, at the White-Hart, near Mercer’s-Chapel, in Cheapfide. First edition : 1739 ; VOL. III : London, Thomas Longman, 1740. tr.fr. ''Traité de la nature humaine''&lt;br /&gt;
* ''Essays Moral and Political'' Volume 1 : Édimbourg, A. Kincaid, 1742. Volume 2 : Édimbourg, A.Kincaid, 1742&lt;br /&gt;
* ''An Enquiry Concerning Human Understanding'' (''Philosophical Essays Concerning Human Understanding''), Londres, A. Millar, 1748 ; puis Londres, M. Cooper, 1751. tr.fr. ''Enquête sur l'entendement humain''&lt;br /&gt;
*  ''An Enquiry Concerning the Principles of Morals'', Londres, A. Millar, 1751. tr.fr. ''Enquête sur les principes de la morale''&lt;br /&gt;
* ''Political Discourses'' Édimbourg, A. Kincaid et A. Donaldson, 1752. tr.fr. ''Discours politiques''&lt;br /&gt;
* ''Histoire de l'Angleterre'' (''The History of England'', 1754-1762)&lt;br /&gt;
* ''The Natural History of Religion'', 1757&lt;br /&gt;
* ''A Dissertation of the passions'', Amsterdam, Schneider, 1759. tr.fr. ''Dissertation sur les passions&lt;br /&gt;
* ''A Concise and Genuine Account of the Dispute between Mr Hume and Mr Rousseau; with the letters between Them during their Controversy'', London, T. Becket &amp;amp; P.A. De Hondt, 1766. tr.fr. ''Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau : avec les pièces justificatives.''&lt;br /&gt;
* ''La Vie de David Hume écrite par lui-même'' (''The Life of David Hume, Esq., written by himself'', dont ''My Own Life'', 1776)&lt;br /&gt;
* ''Dialogues Concerning Natural Religion'', éd. posthume, Londres, Robinson, 1779. tr.fr. ''Dialogues sur la religion naturelle''&lt;br /&gt;
* ''Deux essais sur le suicide et l’immortalité'' (''Essays on Suicide and the Immortality of the Soul'', 1783).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traductions françaises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Essais politiques'', trad. anonyme, Amsterdam, Schreuder et Mortier, 1753&lt;br /&gt;
* ''Histoire naturelle de la religion''. Amsterdam, J.-H. Schneider, 1759. in 12 &lt;br /&gt;
* ''Œuvres philosophiques'', Amsterdam, J. H. Schneider, 1759. &lt;br /&gt;
* ''Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau avec les pièces justificatives'', Paris, 1766&lt;br /&gt;
* ''Essais sur le commerce, etc.'', Paris, Lyon, 1767&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'', traduction anonyme, Édimbourg et Londres, 1779&lt;br /&gt;
* ''Histoire d'Angleterre'', traduction M. Campenon, Paris, Furne et Cie, 1839-1840&lt;br /&gt;
* ''Œuvres philosophiques choisies'' &amp;lt;small&amp;gt;(2 vol. : ''Enquête sur l'entendement humain'', ''Dialogues sur la religion naturelle'', * ''Traité de la nature humaine, livre I'')&amp;lt;/small&amp;gt;, trad. Maxime David, Alcan, Paris, 1912&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', 2 vol., trad. André Leroy, Aubier, 1946&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur l'entendement humain'', trad. André Leroy, Aubier, Paris, 1947&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur les principes de la morale'', trad. André Leroy, Paris, Aubier, 1947&lt;br /&gt;
* ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', (bilingue), trad. Didier Deleule, Aubier, Paris, 1971&lt;br /&gt;
* ''Essais politiques'', trad. anonyme, (Amsterdam, 1752), reproduite par R. Polin, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1972.&lt;br /&gt;
* ''L'histoire naturelle de la religion et autres essais sur la religion'', traduction Michel Malherbe, Paris, Vrin, 1971 et 1980&lt;br /&gt;
* ''Œuvres philosophiques (édition 1777)'', 4 tomes, trad. Michel Malherbe, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 1973-1974&lt;br /&gt;
* ''Quatre discours politiques'', préface et notes établies par J.-P. Cléro, Caen, Université de Caen Basse-Normandie, Centre de philosophie politique et juridique, 1986&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'', traduction de Michel Malherbe, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1987, ''De l'argent'', ''De l'intérêt'', ''De la balance du pouvoir'', trad. de l'anglais par l'abbé Le Blanc et ''De l'origine du gouvernement'', trad. de l'anglais par J.-P. Cléro. Fac-similé de l'édition d'Amsterdam, 1754&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur les principes de la morale'', traduction P.Baranger et P.Saltel, Paris, Garnier-Flammarion, 1991&lt;br /&gt;
* ''Ma vie'', traduction de J.B. Suard, Anabase, 1992&lt;br /&gt;
* ''Discours politiques'' (''Political Discourses'' 1752-1758), éd. intégrale (16 essais), précédé de ''Ma vie (My ovn life, 1776)'' et suivi de ''De l'écriture par essais (&amp;quot;Of Essay writing&amp;quot;, 1742)'', bilingue, trad. Fabien Grandjean, Trans-Europ-Repress, 1993&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre II : les passions + ''Dissertation sur les passions'', trad. J.-P. Cléro, Flammarion, GF, 1991&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre III : la morale, trad. de Philippe Saltel, Flammarion, GF, 1993&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre I : l'entendement + Appendice, trad de P. Baranger et P. Saltel, Flammarion, GF, 1995&lt;br /&gt;
* ''Exposé succinct de la Contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau'', traduction J.B.Suart et D'Alembert, Paris, Alive, 1998&lt;br /&gt;
* ''Essais esthétiques'', trad. Renée Bouveresse, Flammarion, GF, Paris, 2000&lt;br /&gt;
* ''Essais moraux, politiques et littéraires et autres essais'' (intégral), trad. Gilles Robel, PUF, Paris, 2001&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'' (bilingue), trad. Michel Malherbe, Vrin, Paris, 2005&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur l'entendement humain'' (bilingue), trad. Michel Malherbe, Vrin, Paris, 2008&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'', trad. Magali Rigaill, Gallimard, coll. Folioplus Philosophie, 2009&lt;br /&gt;
* ''Essais sur le bonheur. Les Quatre Philosophes'', trad. anonyme du XVIIIe siècle. Revue, annotée et postfacée par Christophe Salaün, Mille et une nuits, 2011&lt;br /&gt;
* ''La Règle du goût'', trad. anonyme du XVIIIe siècle. Revue annotée et postfacée par Christophe Salaün, Mille et une nuits, 2012.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Références ===&lt;br /&gt;
{{Références|taille=30|colonnes=2}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
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		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-03-05T00:03:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume'''&amp;lt;ref&amp;gt;Prononcé ˈhjuːm, il s'appelait à l'origine David Home. Cf. Traité de la nature humaine, Livre I, édition GF, Paris, 1995, p. 427&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;(en) « David Hume | Biography, Philosophy, Works, &amp;amp; Facts » [archive], sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019)&amp;lt;/ref&amp;gt;, (7 mai 1711 - 25 août 1776) est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise&amp;lt;ref&amp;gt;« The most important philosopher ever to write in English […] », William Edward Morris, article « David Hume », in Stanford Encyclopedia of Philosophy [archive]. (trad. : Le plus important philosophe qui ait jamais écrit en anglais…).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux&amp;lt;ref&amp;gt;« […] there is a thread running from Hume's project of founding a science of the mind to that of the so-called cognitive sciences of the late twentieth century. For both, the study of the mind is, in important respects, just like the study of any other natural phenomenon. »&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes&amp;lt;ref&amp;gt;Georges-Clément Lechartier, David Hume, sociologue et moraliste, Paris, Alcan, 1900, p. 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;(en) [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse »&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; &amp;gt;My own life, version originale [archive]&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des sciences de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […]&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée&amp;lt;ref name=&amp;quot;note UNIF&amp;quot; /&amp;gt;. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref name=&amp;quot;note AVER&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse&amp;lt;ref name=&amp;quot;note AVER&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref name=&amp;quot;note RAIS&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison&amp;lt;ref name=&amp;quot;note RAIS&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes&amp;lt;ref name=&amp;quot;note RAIS&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref name=&amp;quot;note ACC&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;note ACC&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie&amp;lt;ref name=&amp;quot;note CALE&amp;quot;&amp;gt;Blaug 1991, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention&amp;lt;ref name=&amp;quot;note CALE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi&amp;lt;ref name=&amp;quot;note CALE&amp;quot; /&amp;gt;. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)&amp;lt;Ref name=&amp;quot;ECO&amp;quot;&amp;gt;Blaug 1991, p. X.&amp;lt;/ref&amp;gt;}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|texte= vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is)&amp;lt;ref name=&amp;quot;ECO&amp;quot; /&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Œuvres ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets| wikisource = Auteur:David Hume | wikisource titre = David Hume | wikiquote = David Hume | commons = Category:David Hume }}&lt;br /&gt;
=== Éditions anglaises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''A Treatise of Human Nature: Being an Attempt to introduce the experimental Method of Reasoning into Moral Subjects''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|VOL. I and II : London, Printed for John Noon, at the White-Hart, near Mercer’s-Chapel, in Cheapfide. First edition : 1739 ; VOL. III : London, Thomas Longman, 1740.&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Traité de la nature humaine''}}&lt;br /&gt;
* ''Essays Moral and Political''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Volume 1 : Édimbourg, A. Kincaid, 1742. Volume 2 : Édimbourg, A.Kincaid, 1742.}}&lt;br /&gt;
* ''An Enquiry Concerning Human Understanding'' (''Philosophical Essays Concerning Human Understanding'')&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Londres, A. Millar, 1748 ; puis Londres, M. Cooper, 1751&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Enquête sur l'entendement humain''}}&lt;br /&gt;
*  ''An Enquiry Concerning the Principles of Morals''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Londres, A. Millar, 1751&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Enquête sur les principes de la morale''}}&lt;br /&gt;
* ''Political Discourses''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Édimbourg, A. Kincaid et A. Donaldson, 1752&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Discours politiques''}}&lt;br /&gt;
* ''Histoire de l'Angleterre'' (''The History of England'', 1754-1762)&lt;br /&gt;
* ''The Natural History of Religion'' (1757)&lt;br /&gt;
* ''A Dissertation of the passions''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Amsterdam, Schneider, 1759&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Dissertation sur les passions}}&lt;br /&gt;
* {{lang|en|''A Concise and Genuine Account of the Dispute between Mr Hume and Mr Rousseau; with the letters between Them during their Controversy''}} {{commentaire biblio|London, T. Becket &amp;amp; P.A. De Hondt, 1766&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau : avec les pièces justificatives.''}}&lt;br /&gt;
* ''La Vie de David Hume écrite par lui-même'' (''The Life of David Hume, Esq., written by himself.'', dont ''My Own Life'', 1776)&lt;br /&gt;
* ''Dialogues Concerning Natural Religion''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|éd. posthume, Londres, Robinson, 1779&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''[[Dialogues sur la religion naturelle]]''}}&lt;br /&gt;
* ''Deux essais sur le suicide et l’immortalité'' (''Essays on Suicide and the Immortality of the Soul'', 1783)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traductions françaises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Essais politiques'', trad. anonyme, Amsterdam, Schreuder et Mortier, 1753&lt;br /&gt;
*''Histoire naturelle de la religion''. Amsterdam, J.-H. Schneider 1759. in 12 &lt;br /&gt;
*''Œuvres philosophiques'', Amsterdam, J. H. Schneider 1759. &lt;br /&gt;
* ''Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau avec les pièces justificatives'', Paris, 1766&lt;br /&gt;
* ''Essais sur le commerce, etc.'', Paris, Lyon, 1767&lt;br /&gt;
* ''[[Dialogues sur la religion naturelle]]'', traduction anonyme, Édimbourg et Londres, 1779&lt;br /&gt;
* ''Histoire d'Angleterre'', traduction M. Campenon, Paris, Furne et Cie, 1839-1840&lt;br /&gt;
* ''Œuvres philosophiques choisies'' &amp;lt;small&amp;gt;(2 vol. : ''Enquête sur l'entendement humain'', ''Dialogues sur la religion naturelle'', ''Traité de la nature humaine, livre I'')&amp;lt;/small&amp;gt;, trad. Maxime David, Alcan, Paris, 1912&lt;br /&gt;
* ''[[Traité de la nature humaine]]'', 2 vol., trad. André Leroy, Aubier, 1946&lt;br /&gt;
* ''[[Enquête sur l'entendement humain]]'', trad. André Leroy, Aubier, Paris, 1947&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur les principes de la morale'', trad. A.Leroy, Paris, Aubier, 1947&lt;br /&gt;
* ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', (bilingue), trad. Didier Deleule, Aubier, Paris, 1971&lt;br /&gt;
* ''Essais politiques'', trad. anonyme, (Amsterdam, 1752), reproduite par R. Polin, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1972.&lt;br /&gt;
* ''L'histoire naturelle de la religion et autres essais sur la religion'', traduction Michel Malherbe (philosophe), Paris, Vrin, 1971 et 1980&lt;br /&gt;
* ''Œuvres philosophiques (édition 1777)'', 4 tomes, trad. Michel Malherbe (philosophe), Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 1973-1974&lt;br /&gt;
* ''Quatre discours politiques'', préface et notes établies par J.-P. Cléro, Caen, Université de Caen Basse-Normandie, Centre de philosophie politique et juridique, 1986&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'', traduction de Michel Malherbe (philosophe), Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1987&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Réunit : ''De l'argent'', ''De l'intérêt'', ''De la balance du pouvoir'', trad. de l'anglais par l'abbé Le Blanc et ''De l'origine du gouvernement'', / trad. de l'anglais par J.-P. Cléro. Fac-similé de l'édition d'Amsterdam, 1754}}&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur les principes de la morale'', traduction P.Baranger et P.Saltel, Paris, Garnier-Flammarion, 1991&lt;br /&gt;
* ''Ma vie'', traduction de J.B. Suard, Anabase, 1992&lt;br /&gt;
* ''Discours politiques'' (''Political Discourses'' 1752-1758), éd. intégrale (16 essais), précédé de ''Ma vie (My ovn life, 1776)'' et suivi de ''De l'écriture par essais (&amp;quot;Of Essay writing&amp;quot;, 1742)'', bilingue, trad., Fabien Grandjean, Trans-Europ-Repress, 1993&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre II : les passions + ''Dissertation sur les passions'', trad. J.-P. Cléro, Flammarion, GF, 1991&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre III : la morale, trad. de Philippe Saltel, Flammarion, GF, 1993&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre I : l'entendement + Appendice, trad de P. Baranger et P. Saltel, Flammarion, GF, 1995&lt;br /&gt;
* ''Exposé succinct de la Contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau'', traduction J.B.Suart et D'Alembert, Paris, Alive, 1998&lt;br /&gt;
* ''Essais esthétiques'', trad. Renée Bouveresse, Flammarion, GF, Paris, 2000&lt;br /&gt;
* ''Essais moraux, politiques et littéraires et autres essais'' (intégral), trad. Gilles Robel, PUF, Paris, 2001&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'' (bilingue), trad. Michel Malherbe, Vrin, Paris, 2005&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur l'entendement humain'' (bilingue), trad. M.Malherbe, Vrin, Paris, 2008&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'', trad. Magali Rigaill, Gallimard, coll. Folioplus Philosophie, 2009&lt;br /&gt;
* ''Essais sur le bonheur. Les Quatre Philosophes'', trad. anonyme du {{XVIIIe}} s. revue, annotée et postfacée par Christophe Salaün, Mille et une nuits, 2011&lt;br /&gt;
* ''La Règle du goût'', trad. anonyme du XVIIIe s., revue, annotée et postfacée par Christophe Salaün, Mille et une nuits, 2012&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
=== Notes ===&lt;br /&gt;
{{Références|groupe=&amp;quot;N&amp;quot;}}&lt;br /&gt;
=== Références ===&lt;br /&gt;
{{Références|taille=30|colonnes=2}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4930</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-03-04T23:19:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume'''&amp;lt;ref&amp;gt;Prononcé ˈhjuːm, il s'appelait à l'origine David Home. Cf. Traité de la nature humaine, Livre I, édition GF, Paris, 1995, p. 427&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;(en) « David Hume | Biography, Philosophy, Works, &amp;amp; Facts » [archive], sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019)&amp;lt;/ref&amp;gt;, (7 mai 1711 - 25 août 1776) est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise&amp;lt;ref&amp;gt;« The most important philosopher ever to write in English […] », William Edward Morris, article « David Hume », in Stanford Encyclopedia of Philosophy [archive]. (trad. : Le plus important philosophe qui ait jamais écrit en anglais…).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux&amp;lt;ref&amp;gt;« […] there is a thread running from Hume's project of founding a science of the mind to that of the so-called cognitive sciences of the late twentieth century. For both, the study of the mind is, in important respects, just like the study of any other natural phenomenon. »&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes&amp;lt;ref&amp;gt;Georges-Clément Lechartier, David Hume, sociologue et moraliste, Paris, Alcan, 1900, p. 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;(en) [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse »&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; &amp;gt;My own life, version originale [archive]&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des sciences de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot;&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''&amp;lt;ref name=&amp;quot;note15&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Œuvres ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets| wikisource = Auteur:David Hume | wikisource titre = David Hume | wikiquote = David Hume | commons = Category:David Hume }}&lt;br /&gt;
=== Éditions anglaises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''A Treatise of Human Nature: Being an Attempt to introduce the experimental Method of Reasoning into Moral Subjects''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|VOL. I and II : London, Printed for John Noon, at the White-Hart, near Mercer’s-Chapel, in Cheapfide. First edition : 1739 ; VOL. III : London, Thomas Longman, 1740.&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Traité de la nature humaine''}}&lt;br /&gt;
* ''Essays Moral and Political''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Volume 1 : Édimbourg, A. Kincaid, 1742. Volume 2 : Édimbourg, A.Kincaid, 1742.}}&lt;br /&gt;
* ''An Enquiry Concerning Human Understanding'' (''Philosophical Essays Concerning Human Understanding'')&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Londres, A. Millar, 1748 ; puis Londres, M. Cooper, 1751&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Enquête sur l'entendement humain''}}&lt;br /&gt;
*  ''An Enquiry Concerning the Principles of Morals''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Londres, A. Millar, 1751&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Enquête sur les principes de la morale''}}&lt;br /&gt;
* ''Political Discourses''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Édimbourg, A. Kincaid et A. Donaldson, 1752&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Discours politiques''}}&lt;br /&gt;
* ''Histoire de l'Angleterre'' (''The History of England'', 1754-1762)&lt;br /&gt;
* ''The Natural History of Religion'' (1757)&lt;br /&gt;
* ''A Dissertation of the passions''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Amsterdam, Schneider, 1759&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Dissertation sur les passions}}&lt;br /&gt;
* {{lang|en|''A Concise and Genuine Account of the Dispute between Mr Hume and Mr Rousseau; with the letters between Them during their Controversy''}} {{commentaire biblio|London, T. Becket &amp;amp; P.A. De Hondt, 1766&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau : avec les pièces justificatives.''}}&lt;br /&gt;
* ''La Vie de David Hume écrite par lui-même'' (''The Life of David Hume, Esq., written by himself.'', dont ''My Own Life'', 1776)&lt;br /&gt;
* ''Dialogues Concerning Natural Religion''&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|éd. posthume, Londres, Robinson, 1779&amp;lt;br /&amp;gt;tr.fr. ''[[Dialogues sur la religion naturelle]]''}}&lt;br /&gt;
* ''Deux essais sur le suicide et l’immortalité'' (''Essays on Suicide and the Immortality of the Soul'', 1783)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Traductions françaises ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Essais politiques'', trad. anonyme, Amsterdam, Schreuder et Mortier, 1753&lt;br /&gt;
*''Histoire naturelle de la religion''. Amsterdam, J.-H. Schneider 1759. in 12 &lt;br /&gt;
*''Œuvres philosophiques'', Amsterdam, J. H. Schneider 1759. &lt;br /&gt;
* ''Exposé succinct de la contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau avec les pièces justificatives'', Paris, 1766&lt;br /&gt;
* ''Essais sur le commerce, etc.'', Paris, Lyon, 1767&lt;br /&gt;
* ''[[Dialogues sur la religion naturelle]]'', traduction anonyme, Édimbourg et Londres, 1779&lt;br /&gt;
* ''Histoire d'Angleterre'', traduction M. Campenon, Paris, Furne et Cie, 1839-1840&lt;br /&gt;
* ''Œuvres philosophiques choisies'' &amp;lt;small&amp;gt;(2 vol. : ''Enquête sur l'entendement humain'', ''Dialogues sur la religion naturelle'', ''Traité de la nature humaine, livre I'')&amp;lt;/small&amp;gt;, trad. Maxime David, Alcan, Paris, 1912&lt;br /&gt;
* ''[[Traité de la nature humaine]]'', 2 vol., trad. André Leroy, Aubier, 1946&lt;br /&gt;
* ''[[Enquête sur l'entendement humain]]'', trad. André Leroy, Aubier, Paris, 1947&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur les principes de la morale'', trad. A.Leroy, Paris, Aubier, 1947&lt;br /&gt;
* ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', (bilingue), trad. Didier Deleule, Aubier, Paris, 1971&lt;br /&gt;
* ''Essais politiques'', trad. anonyme, (Amsterdam, 1752), reproduite par R. Polin, Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1972.&lt;br /&gt;
* ''L'histoire naturelle de la religion et autres essais sur la religion'', traduction Michel Malherbe (philosophe), Paris, Vrin, 1971 et 1980&lt;br /&gt;
* ''Œuvres philosophiques (édition 1777)'', 4 tomes, trad. Michel Malherbe (philosophe), Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 1973-1974&lt;br /&gt;
* ''Quatre discours politiques'', préface et notes établies par J.-P. Cléro, Caen, Université de Caen Basse-Normandie, Centre de philosophie politique et juridique, 1986&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'', traduction de Michel Malherbe (philosophe), Librairie philosophique J. Vrin, Paris, 1987&lt;br /&gt;
{{commentaire biblio|Réunit : ''De l'argent'', ''De l'intérêt'', ''De la balance du pouvoir'', trad. de l'anglais par l'abbé Le Blanc et ''De l'origine du gouvernement'', / trad. de l'anglais par J.-P. Cléro. Fac-similé de l'édition d'Amsterdam, 1754}}&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur les principes de la morale'', traduction P.Baranger et P.Saltel, Paris, Garnier-Flammarion, 1991&lt;br /&gt;
* ''Ma vie'', traduction de J.B. Suard, Anabase, 1992&lt;br /&gt;
* ''Discours politiques'' (''Political Discourses'' 1752-1758), éd. intégrale (16 essais), précédé de ''Ma vie (My ovn life, 1776)'' et suivi de ''De l'écriture par essais (&amp;quot;Of Essay writing&amp;quot;, 1742)'', bilingue, trad., Fabien Grandjean, Trans-Europ-Repress, 1993&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre II : les passions + ''Dissertation sur les passions'', trad. J.-P. Cléro, Flammarion, GF, 1991&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre III : la morale, trad. de Philippe Saltel, Flammarion, GF, 1993&lt;br /&gt;
* ''Traité de la nature humaine'', livre I : l'entendement + Appendice, trad de P. Baranger et P. Saltel, Flammarion, GF, 1995&lt;br /&gt;
* ''Exposé succinct de la Contestation qui s'est élevée entre M. Hume et M. Rousseau'', traduction J.B.Suart et D'Alembert, Paris, Alive, 1998&lt;br /&gt;
* ''Essais esthétiques'', trad. Renée Bouveresse, Flammarion, GF, Paris, 2000&lt;br /&gt;
* ''Essais moraux, politiques et littéraires et autres essais'' (intégral), trad. Gilles Robel, PUF, Paris, 2001&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'' (bilingue), trad. Michel Malherbe, Vrin, Paris, 2005&lt;br /&gt;
* ''Enquête sur l'entendement humain'' (bilingue), trad. M.Malherbe, Vrin, Paris, 2008&lt;br /&gt;
* ''Dialogues sur la religion naturelle'', trad. Magali Rigaill, Gallimard, coll. Folioplus Philosophie, 2009&lt;br /&gt;
* ''Essais sur le bonheur. Les Quatre Philosophes'', trad. anonyme du {{XVIIIe}} s. revue, annotée et postfacée par Christophe Salaün, Mille et une nuits, 2011&lt;br /&gt;
* ''La Règle du goût'', trad. anonyme du XVIIIe s., revue, annotée et postfacée par Christophe Salaün, Mille et une nuits, 2012&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
=== Notes ===&lt;br /&gt;
{{Références|groupe=&amp;quot;N&amp;quot;}}&lt;br /&gt;
=== Références ===&lt;br /&gt;
{{Références|taille=30|colonnes=2}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-03-04T22:26:58Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume'''{{Note|group=&amp;quot;N&amp;quot;|Prononcé ˈhjuːm}}&amp;lt;ref&amp;gt;cf. Traité de la nature humaine, Livre I, édition GF, Paris, 1995, p. 427&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;(en) « David Hume | Biography, Philosophy, Works, &amp;amp; Facts » [archive], sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019)&amp;lt;/ref&amp;gt;, (7 mai 1711&amp;lt;ref&amp;gt;Le 26 avril dans le calendrier julien, encore en usage en Grande-Bretagne à cette époque.&amp;lt;/ref&amp;gt; - 25 août 1776) est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise&amp;lt;ref&amp;gt;« The most important philosopher ever to write in English […] », William Edward Morris, article « David Hume », in Stanford Encyclopedia of Philosophy [archive]. (trad. : Le plus important philosophe qui ait jamais écrit en anglais…).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux&amp;lt;ref&amp;gt;« […] there is a thread running from Hume's project of founding a science of the mind to that of the so-called cognitive sciences of the late twentieth century. For both, the study of the mind is, in important respects, just like the study of any other natural phenomenon. »&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes&amp;lt;ref&amp;gt;Georges-Clément Lechartier, David Hume, sociologue et moraliste, Paris, Alcan, 1900, p. 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;(en) [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse »&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; &amp;gt;My own life, version originale [archive]&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des sciences de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
=== Notes ===&lt;br /&gt;
{{Références|groupe=&amp;quot;N&amp;quot;}}&lt;br /&gt;
=== Références ===&lt;br /&gt;
{{Références|taille=30|colonnes=2}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-03-04T21:29:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume'''&amp;lt;ref&amp;gt;Prononcé ˈhjuːm, il s'appelait à l'origine David Home - cf. Traité de la nature humaine, Livre I, édition GF, Paris, 1995, p. 427&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;(en) « David Hume | Biography, Philosophy, Works, &amp;amp; Facts » [archive], sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019)&amp;lt;/ref&amp;gt;, (7 mai 1711&amp;lt;ref&amp;gt;Le 26 avril dans le calendrier julien, encore en usage en Grande-Bretagne à cette époque.&amp;lt;/ref&amp;gt; - 25 août 1776) est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise&amp;lt;ref&amp;gt;« The most important philosopher ever to write in English […] », William Edward Morris, article « David Hume », in Stanford Encyclopedia of Philosophy [archive]. (trad. : Le plus important philosophe qui ait jamais écrit en anglais…).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux&amp;lt;ref&amp;gt;« […] there is a thread running from Hume's project of founding a science of the mind to that of the so-called cognitive sciences of the late twentieth century. For both, the study of the mind is, in important respects, just like the study of any other natural phenomenon. »&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes&amp;lt;ref&amp;gt;Georges-Clément Lechartier, David Hume, sociologue et moraliste, Paris, Alcan, 1900, p. 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;(en) [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse »&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; &amp;gt;My own life, version originale [archive]&amp;lt;/ref&amp;gt;. En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions&amp;lt;ref name=&amp;quot;note7&amp;quot; /&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des sciences de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4927</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-03-04T20:58:15Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume'''&amp;lt;ref&amp;gt;Prononcé ˈhjuːm, il s'appelait à l'origine David Home - cf. Traité de la nature humaine, Livre I, édition GF, Paris, 1995, p. 427&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;(en) « David Hume | Biography, Philosophy, Works, &amp;amp; Facts » [archive], sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019)&amp;lt;/ref&amp;gt;, (7 mai 1711&amp;lt;ref&amp;gt;Le 26 avril dans le calendrier julien, encore en usage en Grande-Bretagne à cette époque.&amp;lt;/ref&amp;gt; - 25 août 1776) est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise&amp;lt;ref&amp;gt;« The most important philosopher ever to write in English […] », William Edward Morris, article « David Hume », in Stanford Encyclopedia of Philosophy [archive]. (trad. : Le plus important philosophe qui ait jamais écrit en anglais…).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux&amp;lt;ref&amp;gt;« […] there is a thread running from Hume's project of founding a science of the mind to that of the so-called cognitive sciences of the late twentieth century. For both, the study of the mind is, in important respects, just like the study of any other natural phenomenon. »&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;{{en}} [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse ». En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des sciences de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4915</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-02-27T23:21:10Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* La science de l'homme */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume''', il s'appelait à l'origine '''David Home''', est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;{{en}} [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse ». En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des sciences de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4914</id>
		<title>David Hume</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4914"/>
		<updated>2020-02-27T23:19:37Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Histoire d'Angleterre */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume''', il s'appelait à l'origine '''David Home''', est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;{{en}} [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse ». En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des [[science]]s de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'Angleterre depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, p. 257.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4913</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-02-27T23:18:26Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : /* Système des passions */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume''', il s'appelait à l'origine '''David Home''', est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;{{en}} [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse ». En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des [[science]]s de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la volonté.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'[[Angleterre]] depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, {{p.|257}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4912</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-02-27T23:16:46Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume''', il s'appelait à l'origine '''David Home''', est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;{{en}} [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse ». En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des [[science]]s de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une pétition de principe, parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un processus constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'homéostasie que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'orgueil et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux passions. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette théorie, en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'expérience, Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des passions, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la causalité de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la [[volonté (philosophie)|volonté]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= […] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une théorie des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de Newton. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou rasoir d'Ockham).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la beauté, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'orgueil, Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un sentiment agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le libre arbitre décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à autrui. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le temps et l'espace, et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que valeurs, n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la noblesse et la puissance, et le bas avec la bassesse morale, la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des croyances, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la gravité) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au plaisir de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les superstitions religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux arguments pour réfuter la théorie selon laquelle nous distinguons ou déterminons le bien et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|texte= Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la raison dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de logique, et cela ne dépend que de nos désirs et préférences de savoir si ces vérités pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de croyance morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'instinct sexuel. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant conscience des avantages de la société, les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la morale : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par violence, de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'autrui. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'égoïsme naturel ne disparaît pas, mais trouve logiquement une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon Mark Blaug, Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'étalon-or, il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par David Ricardo et approfondie par Senior et John Stuart Mill. Par contre, assez curieusement, Adam Smith n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|texte= La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'éthique et l'esthétique fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un lévrier très fin ou un Saint-Bernard très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un pilier doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''sympathie'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, empathie et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les murailles d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un relativisme envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter Descartes, et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment chrétiens). Cependant, il critique la crédulité des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son Enquête sur l'entendement humain. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision empiriste du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte= Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''Enquête sur l'entendement humain''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez Jacques-Bénigne Bossuet, qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une providence transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la nature humaine, donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du dessein intelligent, selon laquelle l'ordre du monde est la preuve que celui-ci a été créé par un démiurge.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le polythéisme ;&lt;br /&gt;
* 2) le monothéisme ;&lt;br /&gt;
* 3) le dessein intelligent&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la cause première, pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le vent ou la moisson). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des panthéons polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un commerce : en échange d'un sacrifice, on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, Zeus ou Jupiter, au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du dessein intelligent ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''a posteriori'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la foi et de la passion. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des sciences de la nature. Le dessein intelligent est en réalité une inférence, reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'[[Angleterre]] depuis l'arrivée des premiers romains sur l'île jusqu'à la « Glorieuse Révolution » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|texte= En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit Michel Malherbe, {{citation|texte= l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, {{p.|257}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de Kant à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le naturalisme et le psychologisme de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la philosophie comme science critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : Nietzsche y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; Husserl, au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la phénoménologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, à la suite de Kant et de la critique de Hume par Thomas Reid qui le voyait comme un nihiliste, sa philosophie fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'éclectisme de Victor Cousin.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique anglo-saxon, après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un réalisme causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4911</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-02-27T23:01:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume''', il s'appelait à l'origine '''David Home''', est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;{{en}} [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse ». En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des [[science]]s de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit : &amp;quot;{{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.&amp;quot;}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une théorie nominaliste des idées abstraites ainsi que de la notion de substance ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du temps, ou de la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'imagination, nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''table'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'empiriste et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des perceptions de l'esprit et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''Traité de la nature humaine''. Il peut sembler logique, dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la philosophie, mais de la physiologie et de l'anatomie ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'entendement. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour Descartes, la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre connaissance d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la perception, pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une idée de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre croyance en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'instinct, fondé sur le développement de nos habitudes. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par Michel Malherbe en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kant, qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie transcendantale dans sa ''Critique de la raison pure''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''habitude'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un feu ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des planètes, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'induction que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  logique. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un monde irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une [[pétition de principe]], parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Karl Popper, le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un moi, mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la métaphysique classique, illustrée par le ''cogito'' cartésien. Elle rejette la conception substantialiste de l'âme (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même personne, que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre personnalité. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des accidents qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'idées et de sentiments. L'introspection ne permet jamais de percevoir une substance que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'âme serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son essence, mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un [[processus (psychologie)|processus]] constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'[[homéostasie]] que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'[[orgueil]] et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux [[Passion (philosophie)|passion]]s. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette [[théorie]], en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'[[expérience]], Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des [[Passion (philosophie)|passion]]s, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la [[Causalité (philosophie)|causalité]] de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la [[volonté (philosophie)|volonté]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|[…] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une [[théorie]] des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de [[Isaac Newton|Newton]]. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou [[rasoir d'Ockham]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la [[beau]]té, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'[[orgueil]], Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un [[sentiment]] agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[libre arbitre]] décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à [[autrui]]. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le [[temps]] et l'[[espace (notion)|espace]], et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que [[valeur (personnelle et culturelle)|valeurs]], n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la [[noblesse]] et la puissance, et le bas avec la bassesse [[morale]], la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des [[croyance]]s, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la [[gravitation|gravité]]) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au [[plaisir]] de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les [[superstition]]s religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux [[Rhétorique|arguments]] pour réfuter la [[théorie]] selon laquelle nous distinguons ou déterminons le [[bien (philosophie)|bien]] et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la [[raison]] dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de [[logique]], et cela ne dépend que de nos [[désir]]s et préférences de savoir si ces [[vérité en philosophie|vérité]]s pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de [[croyance]] morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'[[instinct sexuel]]. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant [[conscience]] des avantages de la [[Société (sciences sociales)|société]], les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la [[morale]] : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par [[violence]], de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'[[autrui]]. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'[[égoïsme]] naturel ne disparaît pas, mais trouve [[logique]]ment une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon [[Mark Blaug]], Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'[[étalon-or]], il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par [[David Ricardo]] et approfondie par [[Senior]] et [[John Stuart Mill]]. Par contre, assez curieusement, [[Adam Smith]] n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'[[éthique]] et l'[[esthétique]] fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un [[lévriers|lévrier]] très fin ou un [[Chien du Saint-Bernard|Saint-Bernard]] très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un [[pilier]] doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''[[sympathie]]'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, [[empathie]] et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les [[muraille]]s d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un [[relativisme]] envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter [[René Descartes|Descartes]], et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment [[Christianisme|chrétiens]]). Cependant, il critique la [[crédulité]] des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son [[Enquête sur l'entendement humain]]. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision [[empirisme|empiriste]] du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''[[Enquête sur l'entendement humain]]''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez [[Jacques-Bénigne Bossuet]], qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une [[providence (religion)|providence]] transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la [[Humanité|nature humaine]], donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du [[dessein intelligent]], selon laquelle l'ordre du [[monde (univers)|monde]] est la preuve que celui-ci a été créé par un [[démiurge]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le [[polythéisme]] ;&lt;br /&gt;
* 2) le [[monothéisme]] ;&lt;br /&gt;
* 3) le [[dessein intelligent]]&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la [[cause première]], pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le [[vent]] ou la [[moisson (agriculture)|moisson]]). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des [[panthéon]]s polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un [[commerce]] : en échange d'un [[sacrifice]], on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, [[Zeus]] ou [[Jupiter (mythologie)|Jupiter]], au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du [[dessein intelligent]] ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''[[a priori et a posteriori|a posteriori]]'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la [[foi]] et de la [[Passion (philosophie)|passion]]. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des [[science de la nature|sciences de la nature]]. Le dessein intelligent est en réalité une [[inférence]], reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''[[Dialogues sur la religion naturelle]]''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'[[Angleterre]] depuis l'arrivée des premiers [[Empire romain|romains]] sur l'île jusqu'à la « [[Glorieuse Révolution]] » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit [[Michel Malherbe (philosophe)|Michel Malherbe]], {{citation|l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, {{p.|257}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de [[Emmanuel Kant|Kant]] à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le [[naturalisme (philosophie)|naturalisme]] et le [[psychologisme]] de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la [[philosophie]] comme [[science]] critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : [[Friedrich Nietzsche|Nietzsche]] y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; [[Edmund Husserl|Husserl]], au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la [[phénoménologie (philosophie)|phénoménologie]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[France]], à la suite de Kant et de la critique de Hume par [[Thomas Reid]] qui le voyait comme un nihiliste, sa [[philosophie]] fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'[[éclectisme]] de [[Victor Cousin]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique [[monde anglo-saxon|anglo-saxon]], après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un [[réalisme (philosophie)|réalisme]] causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=David_Hume&amp;diff=4910</id>
		<title>David Hume</title>
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		<updated>2020-02-27T22:53:04Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Hume}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''David Hume''', il s'appelait à l'origine '''David Home''', est un philosophe, économiste et historien écossais. Il est considéré comme un des plus importants penseurs des Lumières écossaises (avec Adam Smith et Thomas Reid) et est un des plus grands philosophes et écrivains de langue anglaise. Fondateur de l'empirisme moderne (avec John Locke et George Berkeley), l'un des plus radicaux par son scepticisme, il s'opposa tout particulièrement à Descartes et aux philosophies considérant l'esprit humain d'un point de vue théologico-métaphysique : il ouvrit ainsi la voie à l'application de la méthode expérimentale aux phénomènes mentaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Son importance dans le développement de la pensée contemporaine est considérable : Hume eut une influence profonde sur Kant, sur la philosophie analytique du début du XXème siècle et sur la phénoménologie. On ne retint pourtant longtemps de sa pensée que le scepticisme destructeur ; mais les commentateurs de la fin du XXème siècle se sont attachés à montrer le caractère positif et constructif de son projet philosophique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
On a proposé de diviser la vie de Hume en trois périodes. Bien que ce genre de division puisse comporter une part d'arbitraire, cela reste un moyen mnémotechnique utile, et en l'occurrence plutôt pertinent si l'on s'appuie sur les œuvres de Hume lui-même et sur la vie qu'il a menée. La vie de Hume peut donc être divisée ainsi :&lt;br /&gt;
* une période d'études et de premiers essais qui s'étend jusqu'en 1740 ;&lt;br /&gt;
* une période active de voyages et de résultats, de 1740 à 1769 ;&lt;br /&gt;
* une période de retraite de 1769 à 1776.&lt;br /&gt;
Bien que la pensée de Hume reste essentiellement homogène durant toute sa vie, la façon dont celui-ci la développera sera loin d'être toujours la même. Ainsi, la première période est celle de la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', son livre-phare où sa pensée se trouve déjà presque entièrement concentrée ; la deuxième, celle où les essais et les livres foisonnent, suivant la route et les objectifs fixés par le ''Traité'' dans plusieurs sujets ; la troisième, celle où Hume se consacrera beaucoup à la relecture et à l'amélioration de ses précédents écrits, ainsi que la rédaction de livres posthumes, tels que les ''Dialogues sur la religion naturelle''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Né à Édimbourg d'une famille de la petite noblesse des Borders, David Hume est le cadet d'une fratrie de trois. Son père, avocat, meurt en 1714 alors que David est encore petit. Sa mère part alors vivre à Ninewells et élève ses enfants avec son beau-frère. David entre en 1722 au collège d'Édimbourg, où il a pour professeurs des disciples de Newton. Il lit les poètes latins et les écrivains anglais. Sa famille le destine à faire carrière dans le droit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais, en 1734, Hume traverse une période de crise qu'il évoque dans une lettre à J. Arbuthnot&amp;lt;ref&amp;gt;{{en}} [http://serendip.brynmawr.edu/exchange/davidhume Lettre à J. Arbuthnot].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est pris d'une « insurmontable aversion pour toutes choses, hormis les études de philosophie et le savoir en général ». Refusant de devenir avocat, souffrant de crises d'exaltation, il gagne Bristol et s'essaye au commerce, avant de voyager en France pendant près de 3 ans, en séjournant tout d'abord à Reims, puis à La Flèche (dans la Sarthe actuelle) entre 1735 et 1737. C'est là que, âgé de 26 ans, il achève de rédiger son ''Traité de la nature humaine''. De retour à Londres en 1737, il publie les deux premiers livres de l'ouvrage en janvier1739, anonymement. Cette œuvre est un échec auprès du public. Dans son autobiographie, Hume dira du livre qu'il est « tombé mort-né de la presse ». En réalité, plusieurs comptes-rendus en ont été effectués, mais aucun d'entre eux ne comprend les thèses de Hume ni l'ampleur de son propos&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_article_anglais.htm celui-ci] ou [http://philotra.pagesperso-orange.fr/hume_biblio_raisonnee.htm celui-là].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Par la suite, le philosophe donnera une grande importance au fait d'être compris de son public, d'où la reformulation du ''Traité'' et la poursuite de certaines investigations qui y sont pratiquées dans d'autres livres ou essais. Hume a refusé que le ''Traité'' fasse partie de ses œuvres complètes : ce reniement n'empêche pas le livre d'être aujourd'hui considéré comme l'une des œuvres les plus importantes de la philosophie occidentale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Après l'échec du ''Traité de la nature humaine'', Hume rejoint sa famille, en Écosse, en 1739. Il fait la connaissance de Henry Home et commence une relation épistolaire avec Francis Hutcheson. Il publie en 1740 un ''Abrégé du Traité de la nature humaine'', puis, à l'automne, le livre III du ''Traité'' ainsi qu'un ''Appendice''. La même année, il fait la connaissance d'Adam Smith. Il publie la première partie de ses ''Essais moraux et politiques'' (composé de 15 textes) en 1741 à Édimbourg. L'ouvrage est un succès. Il fera l'objet d'une seconde édition, en 1742, augmentée de 12 textes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1744, sa candidature à la chaire de morale et philosophie pneumatique de l'Université d'Édimbourg est repoussée, en raison des ennemis que sa pensée lui a valus. Hume est ainsi attaqué, en raison de l'athéisme supposé que contiendraient les thèses du ''Traité''. Le philosophe répond par une ''Lettre d'un gentilhomme à son ami d'Édimbourg'', dans laquelle il se défend de tout refus de l'existence de Dieu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La même année, il devient le précepteur du marquis d'Annandale, dont la santé se dégrade peu à peu. En 1746, il devient secrétaire du général Saint-Clair et rejoint Vienne et Turin. Il publie alors ses ''Recherches sur l'entendement humain'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur l'entendement humain'') qui ne rencontrent guère de succès.&lt;br /&gt;
[[Fichier:Humetomb.jpg|vignette|Tombe du philosophe.]]&lt;br /&gt;
Il revient en Écosse en 1749, écrit ses ''Discours politiques'' et ses ''Recherches sur les principes de la morale'' (plus tard rebaptisées ''Enquête sur les principes de la morale''), ces derniers étant une refonte partielle et un redéveloppement de certains points déjà abordés dans ''Traité de la nature humaine''. Sa réputation de philosophe commence alors à se répandre. En 1751, il rejoint Édimbourg et publie en 1752 ses ''Discours politiques'', ouvrage bien accueilli. La sortie londonienne de ses ''Recherches sur les principes de la morale'' se fait cependant dans une certaine indifférence.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1752, il prend la fonction de bibliothécaire du corps des avocats d'Édimbourg. Cette situation lui inspire le projet d'une ''Histoire d'Angleterre''. Le premier volume, consacré aux Stuart, est cependant vivement et unanimement critiqué. En 1757 il publie à Londres son ''Histoire naturelle de la religion''. Le deuxième volume de son ''Histoire d'Angleterre'' sort en 1756, consacré à la période allant de la mort de Charles Ier d'Angleterre jusqu'à la révolution, puis en 1759, celui consacré aux Tudor. La série s'achève en 1761 par les deux derniers volumes, le tout rencontrant un succès mitigé. Il se retire alors à la campagne, songeant à une retraite paisible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il accepte cependant un poste de secrétaire à l'ambassade de France qui lui est proposé en 1763 par le comte de Hertford et il rejoint ainsi Paris. En 1767, il devient chargé d'affaires. Il quitte cette fonction en 1766 pour être nommé sous-secrétaire d'État à Londres. Il regagne l'Angleterre en compagnie de Jean-Jacques Rousseau, avec lequel il va se brouiller : cette querelle défraie la chronique dans toute l'Europe éclairée&amp;lt;ref&amp;gt;[http://philotra.pagesperso-orange.fr/affaire_hume_rousseau.htm Affaire Hume-Rousseau]&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hume retourne à Édimbourg en 1769.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À partir de 1775, il commence à ressentir les effets d'une tumeur intestinale qui va l'emporter un an plus tard, à l'âge de soixante-cinq ans.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume a écrit une courte notice autobiographique peu avant son décès (''My own life''). Courte, s'efforçant de rester objective dans le ton, elle décrit notamment l'accroissement progressif de son patrimoine, passant d'une relative pauvreté à une certaine opulence. Elle se termine par une analyse de son caractère : {{citation|texte= doux, maître de moi-même, d'une humeur gaie et sociale, capable d'amitié mais très peu susceptible de haine, et très modéré dans toutes mes passions.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Sources de la pensée humienne ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume était un lecteur insatiable. Jeune homme, avant la rédaction du ''Traité de la nature humaine'', il lit beaucoup d'ouvrages datant de la philosophie antique : Plutarque, Tacite, Épicure et ses disciples, les stoïciens tels que leur pensée a été transmise par les ouvrages de Cicéron (que Hume avait lus dès l'âge de 16 ans) ou encore les sceptiques anciens (Pyrrhon, Sextus Empiricus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez les philosophes modernes, Hume a lu Descartes, à qui il opposera une perspective épistémologique tout à fait incompatible à la philosophie cartésienne de la connaissance. Il est influencé par Locke (dont il prend pour acquise la réfutation des idées innées de Descartes et de Leibniz) {{citation|texte= le principe des idées innées [...] a déjà été réfuté et est aujourd’hui presque universellement rejeté par le monde savant.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, III, XIV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, Berkeley (dont il reprend certaines considérations sceptiques), a lu quelques philosophes français comme Pierre Bayle et Malebranche, mais c'est surtout à Newton que Hume emprunte sa méthode d'analyse. En effet, Newton est l'un des principaux découvreurs de la méthode scientifique, ou expérimentale, qui vise à confirmer des hypothèses (ou, mieux, à en établir) par l'expérience et l'expérimentation. Ainsi, loin de prétendre connaître l'univers par de pures rationalisations de philosophe en chambre, le scientifique newtonien expérimente, calcule, échafaude des hypothèses et des théorèmes qu'il s'efforce de vérifier autant que possible, en n'hésitant pas à les remettre en question si les faits semblent les contredire. L'innovation de Hume sera d'introduire la méthode newtonienne dans la philosophie morale, comme le signale le sous-titre de son ouvrage principal (''Essai pour introduire la méthode expérimentale dans les sujets moraux''). Il est probable que le philosophe ait été également influencé par Bacon, qui avait le premier prôné la méthode expérimentale. L'influence de Newton est confirmée par plusieurs spécialistes. Ainsi, Michel Malherbe écrit :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Afin d'éliminer les hypothèses, qui accompagnent l'absence d'une étude exacte de la nature humaine, on s'astreindra à l'examen des phénomènes, on s'efforcera de dégager les circonstances, puis on induira par analyse les principes qui leur sont communs ; ces principes seront à leur tour soumis à des principes plus généraux, et l'on poursuivra la progression dans la généralité, aussi longtemps qu'elle sera supportée par une méthode expérimentale strictement appliquée, tout en s'efforçant de produire un ordre systématique. Cette méthode, Hume l'applique parfois avec ostentation, presque comme un cérémonial, visant à manifester à tous les lecteurs l'importance et le sérieux de son entreprise. [...] Et lorsque Hume a à faire son propre éloge dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Abrégé'', faute d'en avoir reçu, il accuse systématiquement les caractères newtoniens de son étude pour mieux la faire valoir&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, 1976, pp.46-47.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En ce qui concerne la philosophie morale proprement dite, hors de l'héritage directement newtonien, Hume a lu les philosophes de la tradition du sens moral ou du sentiment moral, notamment Shaftesbury et Hutcheson. Ces philosophes défendent l'idée selon laquelle nous aurions en nous un sens moral inné, ou un sentiment moral, qui nous permettrait de distinguer le moral de l'immoral ; autrement dit, que nous savons ce qui est bon ou mauvais grâce au sentiment, et non à la raison (ce que défendent des philosophes rationalistes tels que, en Angleterre, Clarke, Wollaston ou Balguy). Sans se rattacher directement à leur école, Hume en tirera une caractérisation de la morale comme issue des passions (lesquelles peuvent néanmoins utiliser la raison à leur profit). Il a également lu la ''Fable des abeilles'' de Mandeville.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== La science de l'homme ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le projet général de Hume est d'établir une nouvelle manière d'étudier l'homme, en lui appliquant les méthodes des [[science]]s de la nature. Bien que cette nouvelle ''science de l'homme'' apparaisse historiquement après les autres sciences, et s'aide de leur méthodologie, elle est pour Hume la science fondamentale qui nous permet, sinon d'expliquer, du moins de décrire les autres sciences, et d'établir l'étendue de nos connaissances :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il est évident que toutes les sciences, d'une façon plus ou moins importante, ont une relation à la nature humaine, et que, si loin que l'une d'entre elles peut sembler s'en écarter, elle y revient toujours d'une façon ou d'une autre. Même les ''mathématiques'', même la ''philosophie naturelle'' et la ''religion naturelle'' dépendent dans une certaine mesure de la science de l'HOMME, car elles tombent sous la connaissance des hommes et sont jugées par leurs pouvoirs et leurs facultés. Il est impossible de dire quels changements et quelles améliorations nous pourrions faire dans ces sciences si nous connaissions entièrement l'étendue et la force de l'entendement humain&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, Introduction, [http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#intro traduction P. Folliot].&amp;lt;/ref&amp;gt;}}&lt;br /&gt;
Si la science de l'homme tient un rôle fondamental, c'est parce qu'elle constitue le centre logique des sciences. L'homme est pour lui-même la mesure de toute chose : tout ce qui est connu par l'homme est produit par l'esprit humain, et cela, quel que soit le domaine et le niveau de science ou de pertinence dont on parle. Par conséquent, plutôt que de se limiter à une compréhension limitée des lois de la nature, mieux vaut commencer par comprendre le fonctionnement de l'être humain lui-même, la manière dont il développe des connaissances (certaines ou non), pour ensuite se pencher sur d'autres objets. Dans cette démarche, l'homme est à la fois le sujet et l'objet de son enquête. Il est traité en tant que phénomène, et le but est de connaître les règles et les lois qui le constituent. Le ''Traité de la nature humaine'' poursuit ainsi un but de modélisation de l'esprit humain : il s'agit de comprendre le fonctionnement de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/traite-de-la-nature-humaine/ ''Traité de la nature humaine'' sur david-hume.fr]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La méthode humienne ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, comme pour Newton, la science expérimentale est principalement inductive et doit se limiter à la découverte de lois, de relations constantes. Notre raison ne peut pénétrer la nature ultime ou l'essence de celles-ci. En revanche, elle peut tenter de les dégager des faits, à travers les faits, par l'examen de ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Locke et Berkeley avaient tenté d'établir certains principes de l'entendement humain au fur et à mesure de leur œuvre philosophique. Berkeley l'avait surtout fait d'une manière très sceptique, par exemple dans les ''Trois dialogues entre Hylas et Philonous'' où triomphe la thèse selon laquelle les objets extérieurs n'auraient pas d'existence propre et n'existeraient qu'en étant perçus par un esprit, et Locke avait procédé dans le but de réfuter la thèse cartésienne des idées innées, thèse pour laquelle les humains naîtraient en ayant dès le départ, et indépendamment de l'expérience, certaines idées fixées dans l'esprit (par exemple celle de Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume, quant à lui, commence son ''Traité'' en établissant des principes. Il part d'un fait, le plus fondamental de l'épistémologie humaine (puisqu'il prend pour acquise la réfutation lockéenne des idées innées) : celui de la perception. Nous percevons, nos sens nous font ressentir des perceptions. Nous pouvons dire que nous ignorons ce que nous percevons, mais nous ne pouvons pas prétendre ne pas percevoir - la perception est un ''fait''. Et puisque nous n'avons pas d'idées innées, c'est-à-dire d'idées précédant l'arrivée de toute perception ou impression, « toute idée dérive d'une impression »&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', I, IV, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans la lignée de ses prédécesseurs empiristes, comme Berkeley qui avait fait la critique des idées abstraites et de l'idée de matière, la philosophie de Hume consiste dans le ''Traité de la nature humaine'' et dans les deux ''Enquêtes'' à analyser ce dont notre esprit est constitué : idées, tendances, volonté, sentiments… et à en analyser par exemple les notions ou les principes. Il s'agit, de cette manière, de découvrir l'origine des perceptions de l'esprit, en les ramenant à des impressions sensibles que nos idées reproduisent, puisque presque toutes nos idées sont le rappel d'anciennes sensations, et d'établir les relations qu'elles entretiennent. Ultimement, ce sont ces impressions originelles qui constituent pour nous le donné absolu sans que l'on puisse en découvrir toujours l'origine. Hume étudie essentiellement les idées de relation, et il soutient que mis à part l'espace et le temps qui nous sont donnés, les relations n'ont rien d'objectif, mais reposent principalement sur les dispositions cognitives d'un sujet connaissant, dispositions qui doivent faire l'objet d'une étude psychologique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les idées : leur origine et leurs relations ===&lt;br /&gt;
[[Fichier:Statue of David Hume.jpg|thumb|Statue de David Hume à Édimbourg, sur le Royal Mile]]&lt;br /&gt;
==== Les perceptions de l'esprit ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prend pour point de départ de son enquête ce qu'il appelle les ''perceptions de l'esprit'' &amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section1 ''Traité de la nature humaine'', I, I, I] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces perceptions sont de deux sortes :&lt;br /&gt;
* les impressions : {{citation|texte= Les perceptions qui entrent avec le plus de force et de violence, nous pouvons les nommer ''impressions'' ; et sous ce terme, je comprends toutes nos sensations, passions et émotions, telles qu’elles font leur première apparition dans l’âme.}}&lt;br /&gt;
* les idées : {{citation|texte= Par ''idées'', j’entends les images affaiblies des impressions dans la pensée et le raisonnement. Telles sont, par exemple, toutes les perceptions excitées par le présent discours, à l’exception seulement de celles qui proviennent de la vue et du toucher, et à l’exception du plaisir immédiat ou du désagrément qu’il peut occasionner.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division correspond à la différence entre ''sentir'' et ''penser'' : « Chacun, de lui-même, percevra facilement la différence entre sentir et penser.»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions des perceptions de l'esprit =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division générale des perceptions de l'esprit ne rend pas compte des différentes sortes d'idées et des différentes sortes d'impressions, ni des relations qui peuvent exister entre elles. Hume introduit dans ce but une distinction entre idée ''simple'' et idée ''complexe'' :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Il existe une autre division de nos perceptions, qu’il conviendra d’observer, et qui s’étend à la fois à nos impressions et à nos idées. C’est la division entre perceptions SIMPLES et perceptions COMPLEXES}}&lt;br /&gt;
À partir de cette nouvelle division, Hume examine la question du rapport entre ces deux sortes d'idées et les impressions. Toutes les idées simples viennent d'impressions simples, alors que les idées complexes peuvent n'être que dérivées d'idées simples, sans venir directement de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées simples ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, toutes les perceptions de l'esprit sont d'abord des impressions, et leur réalité n'est pas, à proprement parler, l'objet d'une connaissance : c'est une pure donnée dont nous ignorons la causalité. Sur cette base, les idées semblent n'être toujours, et n'être rien d'autre, que des reflets affaiblis des impressions : bien que, selon cette thèse empiriste, il existe une transition naturelle entre une impression et une idée (comme le montrent le rêve et la folie), la différence reste nette et intuitivement connue. Mais il s'ensuit que la différence entre impressions et idées n'est pas une différence de nature, mais de degrés : les impressions sont plus fortes et vivantes que les idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est en partant de cette conception de l'idée que Hume s'efforce de démontrer le premier point, à savoir que les idées simples viennent toujours d'impressions simples, et il fait pour cela appel à l'expérience : peut-on produire une idée simple à laquelle ne correspond aucune impression ? Il propose, pour tenter de résoudre cette question, une expérience de pensée, illustrée par cette image :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voici la réponse de Hume à l'expérience de pensée qui consiste à se demander s'il est possible pour un homme de remplacer la nuance particulière par l'imagination:&lt;br /&gt;
{{citation|texte= Peu de personnes, je crois, seront d'avis qu'il ne le peut pas; et cela peut servir de preuve que les idées simples ne dérivent pas toujours des impressions correspondantes; toutefois, le cas est si singulier qu'il est à peine digne de remarque et qu'il ne mérite pas que, pour lui seul, nous modifiions notre maxime générale&amp;lt;ref&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', Section II.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'enjeu de cette expérience est de savoir s'il existe ou non des idées innées, et la thèse fondamentale de Hume est donc la suivante :&lt;br /&gt;
{{citation|texte= ...toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', I, I, 1.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
====== Les idées complexes et les relations ======&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les idées ne sont pas seulement des objets inertes de l'esprit, elles se présentent dans l'imagination selon certaines relations remarquables et avec une cohérence qui les rendent le plus souvent {{Citation|texte= intelligibles}}. Il y a, pour Hume, sept relations fondamentales (qu'il appelle {{Citation|texte= relations philosophiques}}) :&lt;br /&gt;
* ressemblance ;&lt;br /&gt;
* contrariété ;&lt;br /&gt;
* degrés d’une qualité quelconque ;&lt;br /&gt;
* proportion de quantité ou de nombre ;&lt;br /&gt;
* identité ;&lt;br /&gt;
* relations de temps et de lieu ou contiguïté ;&lt;br /&gt;
* causalité.&lt;br /&gt;
Ces relations sont celles avec lesquelles l'esprit relie spontanément des perceptions ou des idées. Elles lui sont naturelles, c'est-à-dire qu'elles constituent la logique avec laquelle il relie des idées. Sur ces sept relations, seules les quatre premières sont susceptibles de certitudes ; les trois dernières, en effet, soit n'existent que dans l'esprit (identité, contiguïté), soit ne peuvent pas être directement perçues par l'esprit (causalité).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impressions et les idées sont les atomes ultimes dont la combinaison ou la fusion (qui s'opère selon une ou plusieurs des relations ci-dessus selon les cas) constitue l'intégralité du monde empirique, moral et intellectuel. Impressions et idées sont ainsi les seules sources de nos connaissances. Ultimement, pour Hume, toute la philosophie, en y comprenant la théorie de la science de l'homme, la philosophie des sciences et les sciences elles-mêmes, se ramène à la philosophie de l'esprit {{Citation|langue=en|texte= There is a sense, therefore, in which to write about Hume's philosophy of mind is to write about all of his philosophy.}}&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.33&amp;lt;/ref&amp;gt;}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Le nominalisme =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'analyse des idées conduit Hume à formuler une [[Nominalisme|théorie nominaliste]] des idées abstraites ainsi que de la notion de [[substance]] ; cette théorie tient un rôle important dans l'examen de la genèse de toutes nos notions générales, qu'il s'agisse, par exemple, de l'espace et du [[temps]], ou de la [[justice]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, toute idée est une idée particulière : quand nous nous représentons une idée supposée générale, ou abstraite, dans l'[[imagination]], nous concevons une certaine idée déterminée dérivée d'une impression. Par conséquent, nous n'avons pas l'idée de la ''[[table]]'' en général, mais nous avons une idée de tel objet particulier (avec une certaine forme, une certaine couleur, etc.). La généralité de l'idée est une qualité qui lui est ajoutée, qualité par laquelle l'esprit rassemble une collection d'objets, et donc d'impressions, sous un même terme. Cet acte de rassemblement est l'effet d'une habitude de l'esprit, lorsqu'il remarque certaines ressemblances entre des objets de l'expérience.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Objet de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette classification des perceptions de l'esprit permet de saisir l'objet exact de l'enquête humienne : quoique Hume soit qualifié d'[[empirisme|empiriste]] et que cette qualité puisse suggérer que la pensée de Hume se porte sur les objets extérieurs perçus par les sens en tant que tels, sa philosophie consiste d'abord en un examen et une classification des [[perception]]s de l'[[esprit]] et de leurs relations&amp;lt;ref&amp;gt;''The Cambridge Companion to Hume'', p.6 : « […] the &amp;quot;elements of this philosophy&amp;quot; are, in the most literal sense, the immediate objects of thought and the relations between or among these objects of the &amp;quot;mental world. »&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais puisque la thèse fondamentale de Hume est que toute idée simple provient d'une impression qui lui correspond, l'ensemble de l'enquête sur la nature humaine a, de manière plus précise, pour objet d'analyser la relation de causalité entre idées et impressions dans tous les domaines, en particulier intellectuel, moral et politique :&lt;br /&gt;
{{citation|Ainsi, nous trouvons que toutes nos idées simples et impressions simples se ressemblent les unes les autres ; et comme les idées complexes et impressions complexes sont formées à partir d’elles, nous pouvons affirmer en général que ces deux espèces de perceptions se correspondent exactement. Ayant découvert cette relation, qui ne requiert pas d’examen supplémentaire, je suis curieux de trouver quelques autres de leurs qualités. Considérons ce qu’il en est de leur existence, et lesquelles, des impressions et des idées, sont causes, et lesquelles sont effets.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’examen ''complet'' de cette question est le sujet du présent traité ; et nous nous contenterons donc ici d’établir une unique proposition générale : ''que toutes nos idées simples, à leur première apparition, dérivent d’impressions simples, qui leur correspondent et qu’elles représentent exactement''.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Divisions de la science de la nature humaine =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ayant proposé une division des perceptions de l'esprit, Hume expose le plan qu'il suivra tout au long du ''[[Traité de la nature humaine]]''. Il peut sembler [[logique]], dit Hume, de commencer par l'analyse des impressions, puisque les impressions de sensation sont premières par rapport aux idées qui en dérivent. Toutefois, il y a deux raisons de ne pas suivre cette logique : en premier lieu, les impressions de sensation relèvent non de la [[philosophie]], mais de la [[physiologie]] et de l'[[anatomie]] ; en second lieu, les impressions de réflexions (passions, émotions, etc.) ont lieu à la suite des idées. Dans l'ordre philosophique, ce sont donc les idées qui viennent en premier :&lt;br /&gt;
{{citation|Et comme les impressions de réflexion, à savoir les passions, les désirs et les émotions, qui méritent principalement notre attention, naissent pour la plupart d’idées, il sera nécessaire de renverser la méthode qui, à première vue, semble la plus naturelle, et, afin d’expliquer la nature et les principes de l’esprit humain, de rendre raison de façon particulière des idées, avant de passer aux impressions&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhI_I.htm#livreIpartie1section2 ''Traité de la nature humaine'', I, I, II] ; trad. P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le plan sera alors le suivant : les idées, qui sont en premier lieu les copies des impressions de sensation, font l'objet du livre I du ''Traité de la nature humaine'', sur l'[[entendement]]. Les impressions dérivées, c'est-à-dire les impressions d'impressions et les impressions d'idées, font l'objet des livres II (sur les passions) et III (sur les impressions morales).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les idées d'espace et de temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ces idées ne sont examinées que dans le ''Traité de la nature humaine'' : Hume n'y reviendra plus par la suite. Il n'y accorde pas une grande importance et aborde essentiellement ce sujet pour montrer que les thèses cartésiennes se trompent à leur sujet. Pour [[René Descartes|Descartes]], la matière est équivalente à l'espace. Il y a une substance partout où il y a largeur, longueur, profondeur. Il ne peut donc y avoir d'atome, car il ne saurait y avoir de limite à la division de l'étendue géométrique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette caractérisation de l'espace-temps est importante dans la mesure où elle annonce la conception humienne de l'identité. En effet, dans les derniers chapitres du livre I du ''Traité'', Hume attaque la notion d'identité métaphysique (l'idée qu'une chose serait, ou pourrait être, « en soi » elle-même et rien d'autre) et montre que l'identité est une construction de l'esprit, qui discrimine par lui-même des objets que l'on ne peut pas distinguer en soi les uns des autres.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La connaissance ====&lt;br /&gt;
===== La notion de probabilité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume distingue entre deux modes du connaître : la connaissance, en propre, et la probabilité. La première concerne strictement les relations entre idées, alors que la seconde traite les choses de fait. Cette opposition est centrale pour toute la philosophie humienne car elle exprime l'idée que la connaissance empirique issue de notre rencontre avec le monde, ne peut être rationnellement justifiée jusqu'à ses fondements. La probabilité recoupe en ce sens le fameux problème de la causalité, car, une fois que la critique sceptique a montré comment notre habitude d'associer causalement les évènements ne repose pas sur un fondement rationnel, la solution est de faire confiance à nos sens. En effet, dans la majeure partie des cas, c'est-à-dire avec une plus grande probabilité, ils ne nous trompent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La relation de causalité =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand un événement est la cause d'un autre, on pense bien souvent savoir ce qu'il en est de la connexion entre les deux termes de la causalité, connexion censée faire suivre le second terme du premier. Or, remarque Hume, nous ne percevons rien d'autre dans une série d'événements que les événements qui la constituent ; autrement dit, notre [[connaissance]] d'une connexion nécessaire n'est pas empirique. Mais d'où, hormis de la [[perception]], pourrions nous tenir cette connaissance ? Hume nie que nous puissions avoir une [[idée]] de la causalité autrement que par le fait que deux événements se sont toujours succédé : nous formons alors une sorte d'anticipation, qui nous représente que le second terme doit se produire, quand le premier se produit. Cette conjonction constante de deux événements et l'attente ou anticipation qui en résulte pour nous est tout ce que nous pouvons connaître de la causalité : nos idées ne peuvent pénétrer plus avant dans la nature de la relation de la cause à effet.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quoi qu'il en soit, le problème demeure de savoir ce qui justifie notre [[croyance]] en la connexion causale et en quoi cette connexion consiste. Pour Hume, cette croyance est une sorte d'[[instinct]], fondé sur le développement de nos [[habitude]]s. Cette croyance est donc impossible à éliminer, et ne peut être ultimement prouvée par aucune sorte d'arguments (déductifs ou inductifs).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un débat d'interprétation, toujours ouvert, a lieu autour de la question de savoir si Hume croyait réellement en l'existence d'une causalité hors de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Plusieurs articles à ce sujet sont rassemblés dans le livre ''The New Hume Debate'', Londres-New York, Routledge, 2007, 210 p., non traduit.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Longtemps, un grand nombre de commentateurs ont estimé que Hume ne croyait pas en l'existence de la causalité et qu'il était uniquement sceptique. Cette interprétation est remise en cause par plusieurs commentateurs depuis plusieurs décennies, notamment par [[Michel Malherbe (philosophe)|Michel Malherbe]] en France. En effet, Hume fait de la causalité un usage étendu : en tant qu'historien, il s'en sert pour retisser le fil causal des faits historiques qu'il mentionne ; ailleurs, tout au long de son œuvre, il la présuppose en tant qu'elle constitue la trame du fonctionnement effectif des phénomènes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Emmanuel Kant|Kant]], qui se dira plus tard « réveillé de son sommeil dogmatique » par cette approche, l'utilisera en inaugurant la théorie [[transcendantal]]e dans sa ''[[Critique de la raison pure]]''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== L'induction =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept d&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''[[habitude]]'' tient une place fondamentale dans la pensée de Hume. Puisque nous ne percevons pas la causalité de manière directe, la croyance se forge non pas par une perception directe de ce qui relie plusieurs phénomènes, mais par la ''conjonction constante'' entre deux phénomènes ou plus. Par exemple, lorsque nous avons en face de nous un [[feu]] ou un objet enflammé, nous pouvons généralement sentir sa chaleur : la conjonction entre les deux phénomènes, le feu et la chaleur, nous permet de croire (et de savoir) que le feu chauffe&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/schemas/ Schémas sur le ''Traité'', section « La croyance »].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette expérience répétée augmente la force de notre croyance, en proportion de son intensité et du nombre de fois où elle se répète.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme ceci suppose que la croyance se développe à travers le temps, nous pensons instinctivement que le passé est un guide fiable par rapport au futur. Par exemple, les lois des orbites permettent de décrire les comportements passés des [[planète]]s, et de là nous supposons que ces lois fonctionnent aussi bien pour les comportements futurs. Mais comment ce principe d'[[induction (logique)|induction]] que nous supposons peut-il être justifié ? Hume évoque deux possibilités mais les critique toutes les deux.&lt;br /&gt;
* En premier lieu, le futur doit ressembler au passé, et cela découlerait d'une nécessité  [[logique]]. Cependant, Hume remarque que nous pouvons concevoir un [[Monde (univers)|monde]] irrégulier et chaotique où le futur n'aurait aucun point de comparaison avec le passé, ou plus simplement, un monde comme le nôtre, régulier jusqu'à aujourd'hui, mais qui changerait ensuite complètement. Il n'y a donc aucune nécessité logique dans le principe d'induction.&lt;br /&gt;
* La seconde justification fait seulement appel à la fiabilité passée de l'induction : cela a toujours fonctionné avant, donc cela fonctionnera certainement par la suite. Mais cette justification est une [[pétition de principe]], parce qu'il fait appel à l'induction pour la justifier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il semble que nous ayons un instinct qui nous porte à croire que le futur sera semblable au passé, instinct fondé sur l'habitude, exactement comme pour la causalité. Cette croyance spontanée, selon laquelle le futur sera semblable au passé sur le plan des règles de causalité, fait partie du fonctionnement de l'esprit. Nous ne pouvons pas la rejeter sans rejeter aussi une part essentielle du processus qui nous permet de créer de la connaissance et du savoir. Ainsi, lorsqu'il modélise le fonctionnement de l'esprit humain, Hume a lui-même recours à l'habitude et à l'observation (y compris celle des perceptions de l'esprit, c'est-à-dire des idées) pour dégager des principes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon [[Karl Popper]], le philosophe écossais aurait été le premier à avoir bien clarifié le problème de l'induction, que Popper nomme « le problème de Hume ». Mais selon Popper la solution apportée par Hume à ce problème serait insatisfaisante, parce que Hume en arriverait à une conception irrationnelle de la constitution de la connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;Karl Popper, ''Les deux problèmes fondamentaux de la théorie de la connaissance'', Hermann, 1999&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== L'identité du moi ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous n'avons pas d'impression particulière d'un [[moi (psychanalyse)|moi]], mais nous lui rapportons des idées et des impressions. Nous avons spontanément l'impression que notre moi est un, qu'il est unifié, alors que les impressions que nous recevons, elles, changent. Lorsqu'il commence à analyser le concept de moi, à la fin du livre I du ''Traité'', Hume propose le raisonnement suivant : le moi est supposé stable et substantiel, alors que toutes les impressions sont variables. Il n'y a donc pas d'impression à partir de laquelle nous pourrions dériver une idée du moi. Le « moi », s'il est une idée, semble donc ''a priori'' une idée fictive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception rompt avec la [[métaphysique]] classique, illustrée par le ''[[cogito ergo sum|cogito]]'' [[Cartésianisme|cartésien]]. Elle rejette la conception substantialiste de l'[[âme]] (selon laquelle celle-ci serait une substance métaphysique immatérielle, immortelle, ontologiquement différente des phénomènes « réels »), conception dogmatique qui repose sur la foi plutôt que sur la raison ou l'expérience, et que rien ne prouve. Dès le départ, Hume devait rejeter une telle conception : la science de l'homme cherche à analyser et à comprendre le fonctionnement de l'esprit ; elle suppose d'emblée que l'esprit est un phénomène, soumis aux mêmes lois de causalité que tout autre phénomène dans l'univers, et qu'on peut l'étudier par les mêmes moyens. Seulement, l'esprit est constitué par divers éléments (les différentes « relations philosophiques », l'imagination…) et il voit se déverser en lui des perceptions parfois très diverses. Pourtant, nous croyons spontanément en l'existence du moi, en l'idée que nous sommes un esprit unifié. Comment l'idée de moi naît-elle des lois du psychisme humain ?&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Nous avons tendance à penser que nous sommes toujours la même [[Individu|personne]], que notre moi actuel est le même qu'il y a cinq ans, malgré les changements qui affectent de nombreux aspects de notre [[personnalité]]. Nous pourrions, à partir de là, rechercher un soi sous-jacent, un substrat qui demeure le même sous les autres changements, puis nous demander quelle est sa nature et ce qui le distingue des [[accident]]s qui nous affectent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais Hume nie que nous puissions faire la moindre différence entre un tel moi mystérieux et les changements dont on prétend qu'ils lui appartiennent ou qui en découlent. Donc, lorsque nous nous examinons nous-mêmes, nous ne pouvons seulement percevoir que des ensembles d'[[idée]]s et de [[sentiment]]s. L'introspection ne permet jamais de percevoir une [[substance]] que nous pourrions appeler « MOI ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce niveau de l'enquête, le moi n'est rien d'autre qu'un agrégat de perceptions liées, et, selon Hume, ces perceptions n'appartiennent à rien puisqu'elles composent le moi lui-même. L'[[âme]] serait ainsi une communauté qui possède une certaine identité, non en vertu de son [[essence et accident|essence]], mais par la composition d'éléments changeant continuellement. Le problème de l'identité du moi se transforme alors, pour Hume, en celui de l'unité de l'expérience individuelle, car l'esprit ne peut saisir de relation réelle qui expliquerait que certaines sensations et pas d'autres forment un tout composé appelé « moi ». La nature de cette cohésion demeure inexpliquée, et Hume, revenant sur sa théorie dans l'appendice du ''Traité'', déclarera que cette théorie du moi ne le satisfait pas complètement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe ne reviendra plus sur ce sujet par la suite. Dans l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', où Hume reprend ses thèses sur le primat de l'expérience et le fonctionnement de l'esprit humain, la question de l'identité n'est pas abordée. Une interprétation insistant beaucoup sur le scepticisme de Hume pourrait prétendre que cela est dû au fait qu'il ne trouve pas de solution au problème. Si l'on prend en compte l’œuvre globale de Hume, et même la fin du livre II ainsi que le livre III du ''Traité'', il apparaît que la solution au problème de l'identité sort de la philosophie. En effet, si l'on considère un individu abstrait (tel que l'esprit individuel modélisé dans le ''Traité''), il est difficile de trouver quelque chose qui constitue son identité, en dehors du fonctionnement logique de son esprit. Ce fonctionnement logique ne suffit pas à garantir l'identité de l'individu, puisqu'il constitue tous les individus en tant qu'il est la nature humaine. La seule solution au problème de l'identité est en réalité ''historique'' : c'est par et dans l'histoire que l'individu forge son identité, qu'il la constitue, et qu'il devient un ''moi'' unifié. L'esprit individuel ou le moi existe ainsi en tant qu'unifié par son propre fonctionnement. Seulement, cette unification est un [[processus (psychologie)|processus]] constant, processus déjà présent en germe dans le fonctionnement effectif de l'esprit (tel que Hume tente de le modéliser dans les livres I et II du ''Traité'') et inséparable de l'histoire particulière de chaque individu particulier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les neurosciences apportent aujourd'hui un nouvel éclairage sur ce problème avec par exemple la notion d'[[homéostasie]] que ne pouvait pas connaître Hume (voir Damasio)&amp;lt;ref&amp;gt;{{Ouvrage|langue = Français|auteur1 = Antonio Damasio|titre = Le sentiment même de soi|lieu = |éditeur = Odile Jacob|année = 1999|pages totales = |isbn = |lire en ligne = |passage = }}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Les passions ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un exemple de mise en œuvre d'une méthode expérimentale dans le domaine de la science de l'homme est l'analyse des passions du livre II du ''Traité de la nature humaine''. Partant d'une analyse de quelques cas particuliers (l'[[orgueil]] et l'humilité), Hume construit une théorie des passions. Il la met ensuite à l'épreuve en examinant plus à fond ces deux [[Passion (philosophie)|passion]]s. Passant à d'autres cas, il tente de montrer que l'on peut étendre cette [[théorie]], en lui faisant subir quelques corrections. Les nouveaux cas s'intègrent ainsi à la théorie. Mais, outre la confrontation à des cas variés que fournit l'[[expérience]], Hume propose des expérimentations de sa théorie, en élaborant des expériences de pensées dans lesquelles différentes circonstances liées aux passions sont soumises à des variations. Ces expérimentations permettent autant de confirmer la validité de la théorie, que de montrer qu'elle est capable de rendre compte de cas en apparence contraires. Ainsi, non seulement la théorie est-elle élaborée par induction, mais sa fonctionnalité (rendre compte du mécanisme de toute passion, même dans les cas qui posent problème) est démontrée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Conformément à la division des perceptions de l'esprit en impressions et en idées, Hume, après avoir étudié l'entendement, propose une théorie des [[Passion (philosophie)|passion]]s, c'est-à-dire des impressions secondaires. Cette division est rappelée et développée au premier chapitre du Livre II du ''Traité''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection1 Livre II, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette division peut être représentée de la manière suivante :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
                                             __&lt;br /&gt;
 Domaines des Impressions originales    |&lt;br /&gt;
  sciences            |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Entendement          |                 Idées  | &amp;quot;Perceptions&amp;quot;&lt;br /&gt;
                      |                   |    |&lt;br /&gt;
 Passions et          |  → Impressions ←  |    |&lt;br /&gt;
 sens moral secondaires        _|&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette division des idées retrace la théorie humienne de la genèse des idées, fondée sur le premier principe de la nature humaine : &amp;quot;toutes nos idées simples dérivent d'impressions simples qui leur correspondent et qu'elles représentent exactement&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;Traité de la nature humaine, I, I, 1&amp;lt;/ref&amp;gt; (principe de priorité des impressions). Des idées simples et des impressions premières dérivent encore les impressions secondaires, elles-mêmes source de nouvelles idées.&lt;br /&gt;
L'ensemble de ces faits mentaux est désigné par le mot &amp;quot;perceptions&amp;quot; dans la philosophie de Hume.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'ensemble du livre II sur les passions se propose de démontrer expérimentalement un système des passions décrivant la mécanique des passions, d'expliquer la [[Causalité (philosophie)|causalité]] de nos actions et d'établir comment les passions donnent certains sens existentiels au monde empirique, limité par l'espace et le temps, dans lequel nous vivons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Système des passions ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Toutes les passions sont pour Hume simples et uniformes&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_I.htm#livreIIpartieIsection2 Livre II, I, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elles sont en outre des impressions d'existence originelles, échappant de ce fait au domaine de la raison, comme Hume le fera apparaître en détail dans son analyse de la [[volonté (philosophie)|volonté]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume ne propose pas de définir les passions (ce qui est impossible, puisqu'elles sont simples et originelles), mais d'en décrire les circonstances :&lt;br /&gt;
{{citation|[…] Les passions de l’ORGUEIL et de l’HUMILITÉ étant des impressions simples et uniformes, il est impossible de jamais en donner une juste définition par une multitude de mots, et c’est aussi le cas pour les autres passions. Tout au plus pouvons-nous prétendre les décrire en énumérant les circonstances qui les accompagnent […].}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette description prend la forme d'une [[théorie]] des relations entre impressions, qualités, sujet des qualités et objets de la passion. Ces notions forment un système, terme qui ne renvoie pas à une théorisation purement intellectuelle des passions, mais à la démarche empirique de [[Isaac Newton|Newton]]. Hume espère ainsi établir un système sur la base d'un petit nombre de principes capables de rendre compte des phénomènes étudiés, de la même manière que les scientifiques s'efforcent de rendre compte des mécanismes de la nature en ne multipliant pas les principes explicatifs : il s'agit d'être économe en hypothèses et de confronter les principes à des expérimentations afin de confirmer la justesse du système (principe de parcimonie ou [[rasoir d'Ockham]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ''qualité'', Hume entend certaines propriétés, telle que la [[beau]]té, susceptibles de produire en nous des impressions. Par ''sujet'', Hume entend l'objet (chose, être vivant) porteur de ces qualités. Par ''objet de la passion'', Hume entend l'objet auquel la passion est rapportée. Par exemple, analysant la passion de l'[[orgueil]], Hume discerne les conditions suivantes : un certain sujet doit produire en nous un [[sentiment]] agréable par quelqu'une de ses propriétés ; ce sujet doit nous être relié de quelque manière, en sorte qu'il se produit une transition entre le sentiment de la qualité et notre moi. Ce moi, en tant qu'il est ainsi relié à une qualité, est alors l'objet propre de la passion de l'orgueil. Ainsi, la propriété d'un bien digne d'éloge est pour son propriétaire un sujet d'orgueil.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette analyse de l'orgueil, et de son contraire, l'humilité, permet à Hume de montrer le mécanisme de transition qui se produit au sein d'une double relation : une première relation, d'impression, originellement indépendante de la passion ; une seconde relation, d'idée, par laquelle la sensation est reliée à celui qui éprouve la passion. La sensation originelle est donc &amp;quot;transfusée&amp;quot; du sujet au moi. L'absence de l'une ou l'autre de ces relations empêche ou détruit la passion. Afin de confirmer cette théorie de la double relation, Hume multiplie les expérimentations, c'est-à-dire qu'il invente des situations en faisant varier les éléments qui entrent en jeu. Ces expérimentations sont ainsi des expériences de pensées qui doivent montrer la pertinence du système pour décrire les mécanismes qui produisent ou empêchent la production d'une passion&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_II.htm#livreII_partieII_sectionII Livre II, II, II]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== La volonté ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La volonté et le libre arbitre, ou liberté de la volonté, sont analysés par Hume comme des passions. La discussion à propos de la liberté est l'occasion d'établir la motivation de nos actions et de décrire le système des passions d'une manière cette fois dynamique&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_I ''Traité de la nature humaine'', II, III, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[libre arbitre]] décrit la propriété qu’aurait la volonté humaine de se déterminer librement — voire arbitrairement — à agir et à penser, par opposition au déterminisme ou au fatalisme, qui affirment que la volonté est déterminée dans chacun de ses actes par des forces qui l’y nécessitent. L'alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n'avons aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours déterminée. La première partie de l'alternative se révèle absurde, car elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou irresponsables, et nos actes ne refléteraient rien de substantiel ou de fondamental en nous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse de Hume est ainsi que la doctrine de la liberté de la volonté détruit la morale, alors que nous raisonnons quotidiennement d'après la doctrine de la nécessité : nous supposons en effet continuellement que les actes d'autrui ont une motivation, et il ne peut en aller autrement si nous supposons que le comportement d'autrui est intelligible. Par conséquent, ces actes sont déterminés et propres à un individu selon son tempérament et ses dispositions ; dans cette mesure seulement, un individu peut être blâmé ou loué.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Phénoménologie de l'espace et du temps ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les passions ne se contentent pas de modifier nos rapports aux choses, à nous-mêmes et à [[autrui]]. Elles ont de nombreux effets sur les conditions mêmes de l'expérience que sont le [[temps]] et l'[[espace (notion)|espace]], et sur la perception que nous en avons. Elles leur donnent une dimension vécue dont Hume donne quelques exemples&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ainsi, l'opposition du haut et du bas, en tant que [[valeur (personnelle et culturelle)|valeurs]], n'a-t-elle aucun fondement objectif : les humains associent en effet, dans de nombreuses cultures, la hauteur avec la [[noblesse]] et la puissance, et le bas avec la bassesse [[morale]], la faiblesse, etc. Aucune donnée de l'expérience ne peut rendre compte de cette manière de sentir l'espace et d'y organiser des [[croyance]]s, dont certaines sont religieuses (le Ciel par opposition aux Enfers). En revanche, on peut partir de notre situation spatiale objective, et noter que notre corps doit fournir plus d'efforts pour monter (et encore ceci a-t-il des limitations, car nous ne pouvons nous délivrer de la [[gravitation|gravité]]) que pour descendre (tomber). Or, les efforts que nous fournissons dans d'autres domaines, par exemple intellectuels, sont associés au [[plaisir]] de l'exercice, à l'excellence, à la jouissance ressentie lors de la réalisation d'une activité ardue. L'effort produit donc des passions agréables.&lt;br /&gt;
{{citation|Tout ce qui soutient et enfle les passions nous est agréable et, au contraire, tout ce qui les diminue ou les affaiblit est déplaisant. Comme l’opposition a le premier effet et que la facilité a le second, il n’est pas étonnant que l’esprit, en certaines dispositions, désire la première et ait une aversion pour la seconde&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhII_III.htm#II_III_VIII ''Traité de la nature humaine'', II, III, VIII].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par transition, le haut se trouve alors coloré par ces passions.&lt;br /&gt;
{{citation|Donc, puisque l’imagination, en allant du bas au haut, trouve dans ses qualités et ses principes internes une opposition et puisque l’âme, quand la joie et le courage l’élèvent, recherche d’une certaine manière l’opposition et se jette avec empressement sur un théâtre de pensée ou d’action où son courage trouvera de quoi se nourrir et s’employer, il s’ensuit que tout ce qui donne de la vigueur à l’âme, tout ce qui l’anime, que ce soit en touchant les passions ou que ce soit en touchant l’imagination, communique naturellement à la fantaisie cette inclination à l’ascension et la détermine à aller contre le cours naturel de ses pensées et de ses conceptions. Ce progrès ascensionnel de l’imagination s’adapte à la présente disposition de l’esprit ; et la difficulté, au lieu d’éteindre sa vigueur et son empressement, a l’effet contraire, elle les soutient et les accroît. La vertu, le génie, le pouvoir et la richesse sont pour cette raison associés à la hauteur et au sublime alors que la pauvreté, l’esclavage et la folie sont liés à la descente et à la bassesse.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si l'on regarde certaines croyances religieuses, comme la croyance aux anges, on voit alors que ces croyances répondent à ce schéma : les anges sont des natures purement élevées, pour lesquelles la hauteur est naturelle, et qui ne sont donc qu'une inversion de notre manière de ressentir l'espace. Hume suggère ainsi que les [[superstition]]s religieuses sont des reflets de l'existence humaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La morale ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque Hume divise les perceptions de l'esprit, c'est-à-dire tout ce dont nous pouvons avoir connaissance, en impressions et idées, il s'ensuit que la morale relève soit d'un discernement rationnel (''idée''), soit d'une certaine ''impression'' qu'il s'agirait d'identifier. Pour établir le second terme de l'alternative, il doit suffire, aux yeux de Hume, de réfuter la première hypothèse. Le Livre III du ''Traité'' commence donc par une réfutation détaillée du rationalisme en morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Critique du rationalisme moral ====&lt;br /&gt;
Hume propose deux [[Rhétorique|arguments]] pour réfuter la [[théorie]] selon laquelle nous distinguons ou déterminons le [[bien (philosophie)|bien]] et le mal à l'aide de la raison&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieI_section1 ''Traité de la nature humaine'', III, I, 1].&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces deux arguments reposent sur sa théorie des passions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le premier argument consiste à définir la raison comme une faculté de distinguer le vrai et le faux. Or, vrai et faux n'existent que par une relation entre l'idée d'un objet et l'impression de cet objet. Hume ayant défini la passion comme une impression d'existence originelle, elle ne saurait être rapportée à rien d'autre qu'elle-même. Autrement dit, une passion n'est ni vraie ni fausse. La conclusion est donc que la raison ne saurait rendre compte des impressions morales.&lt;br /&gt;
La vérité et la fausseté consistent en un accord ou un désaccord avec soit les relations réelles des idées, soit l’existence réelle et les choses de fait réelles. {{citation|Donc, tout ce qui n’est pas susceptible de cet accord ou de ce désaccord n’est pas capable d’être vrai ou faux et ne saurait être un objet de notre raison. Or il est évident que nos passions, nos volitions et nos actions ne sont pas susceptibles de cet accord ou de ce désaccord car ce sont des réalités et des faits originaux, complets en eux-mêmes et qui n’impliquent aucune référence à d’autres passions, volitions et actions. Il est donc impossible qu’elles soient déclarées ou vraies ou fausses et qu’elles soient ou contraires ou conformes à la raison.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le second argument consiste à rappeler que la raison, comme Hume l'a démontré au livre II du ''Traité de la nature humaine'', ne produit aucune action. Or la moralité influence nos passions et nos actions. Donc, si tel est le cas, la raison ne saurait déterminer le bien et le mal dans nos actions.&lt;br /&gt;
{{citation|Ainsi, somme toute, il est impossible que la distinction entre le bien moral et le mal moral puisse être faite par la raison puisque cette distinction a une influence sur nos actions et que la raison seule en est incapable. La raison et le jugement peuvent certes être la cause médiate d’une action en incitant à une passion ou en l’orientant mais cela ne veut pas dire qu’un jugement de ce genre, par sa vérité ou sa fausseté, s’accompagne de vertu ou de vice. Quant aux jugements qui sont causés par nos actions, ils peuvent encore moins donner ces qualités morales aux actions qui sont leurs causes.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Puisque la raison est impuissante dans le domaine pratique, seule une impression peut prétendre au statut de sens moral. C'est ce statut en lui-même qui est ici mis en cause ; il reste que la raison permet de discerner ce sur quoi il y peut y avoir jugement moral ; par conséquent, le sens moral, a-rationnel considéré en lui-même, n'est pas pour autant irrationnel.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Le sens moral ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Mais à l'encontre de ces attaques contre le rôle de la [[raison]] dans l'appréciation du comportement, Hume argumente que la conduite immorale n'est pas telle en s'opposant à la raison. Il soutient que les croyances morales sont intrinsèquement motivées, puisque croire que tuer est un crime, c'est de ce fait être motivé par un principe moral interne à ne pas tuer et à blâmer ce crime. Il remarque alors que la raison seule ne peut rien motiver, elle découvre seulement des vérités de fait et de [[logique]], et cela ne dépend que de nos [[désir]]s et préférences de savoir si ces [[vérité en philosophie|vérité]]s pourront nous inciter à l'action.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La raison seule ne produit donc pas de [[croyance]] morale. Pour Hume, la morale repose ultimement sur le sentiment, la raison ne faisant que préparer la voie à nos jugements sensibles par l'analyse des problèmes moraux. Ces arguments contre les fondements rationnels de la morale sont devenus des arguments antiréalistes : pour un fait moral, être un fait réel existant dans le monde et être une source intrinsèque de motivation sont deux choses entièrement différentes. Il n'y a donc aucune raison de croire en la réalité des faits moraux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Fondement sociopolitique de la morale ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, il n'y a pas de motifs moraux sans société. Si la nature fournit la matière, comme nos dispositions et intérêts, c'est par l'institution que les individus peuvent élargir leur horizon moral et c'est par l'éducation et les artifices des hommes politiques que nos motifs finissent par être interprétés d'une manière proprement morale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Origine des sociétés =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En recherchant l'origine du sens moral de la justice, Hume est conduit à exposer une théorie de l'origine des sociétés. Pour Hume, en effet, il n'y a pas de justice sans convention. Il faut donc tout d'abord expliquer l'origine des conventions, pour expliquer ensuite la justice, et le sens de la justice qui en découle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'origine des conventions ne peut être, aux yeux de Hume, les finalités que l'on attribue à une société : il est absurde de penser que les sociétés ont été créées dans le but de jouir de certains avantages, comme un plus grand pouvoir, une répartition avantageuse des tâches et une plus grande sécurité des biens, alors que ces avantages ne sont pas connus dans un état supposé de nature (et pour Hume imaginaire et d'un intérêt philosophique quasi nul). À l'état inculte, l'homme a en effet une vision très limitée de son existence et de ses rapports à autrui. Il n'est pas capable de concevoir spontanément le plan d'une société qui lui apporterait des avantages dont il ne peut trouver l'idée nulle part dans l'état où il se trouve.&lt;br /&gt;
{{citation|Pour former la société, il faut non seulement qu’elle soit avantageuse mais aussi que les hommes soient conscients de ces avantages et il est impossible que, dans leur état sauvage et sans culture, ils soient jamais capables, par l’étude et la réflexion seules, d’atteindre cette connaissance&amp;lt;ref&amp;gt;[http://pagesperso-orange.fr/philotra/tnhIII.htm#livreIII_partieII_section2 ''Traité de la nature humaine'', III, II, 2].&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut donc que l'homme constate ces avantages, sans les avoir recherchés. L'origine des sociétés ne peut ainsi relever d'une finalité naturelle inscrite en l'homme et que ce dernier n'aurait plus qu'à découvrir ; il doit s'agir d'une impulsion naturelle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette origine est, pour Hume, l'[[instinct sexuel]]. L'attirance des sexes et ses conséquences sont en effet les seules données empiriques qui expliquent que des êtres puissent vivre ensemble et créer ne serait-ce qu'un rudiment de vie sociale. Or, de cette union naissent des enfants dont les parents se soucient, et la conséquence non prévue est que les enfants prennent conscience des avantages d'une telle association.&lt;br /&gt;
{{citation|Cette nécessité n’est autre que l’appétit naturel entre les sexes qui les unit et conserve leur union jusqu’à ce qu’apparaisse un nouveau lien, le souci de leur progéniture commune&amp;lt;ref name=&amp;quot;ReferenceC&amp;quot;/&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Justice et propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Hume, en prenant [[conscience]] des avantages de la [[Société (sciences sociales)|société]], les hommes comprennent que c'est là la seule manière de stabiliser la propriété. L'homme, en effet, est dans la situation suivante : d'une part, il ne connaît, dans un état supposé de nature, que son intérêt et celui de ses proches, et c'est là pour lui toute la [[morale]] : sa propre partialité constitue son sens de la moralité ; d'autre part, les biens extérieurs qu'il possède peuvent lui être enlevés par [[violence]], de même qu'il peut user de violence pour s'emparer des biens d'[[autrui]]. Une fois découvert que la société peut accroître la jouissance des biens, l'[[égoïsme]] naturel ne disparaît pas, mais trouve [[logique]]ment une plus grande satisfaction dans l'établissement d'un cadre commun capable de garantir la propriété. C'est cette garantie qui crée la justice.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== Les règles de la propriété =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est par la propriété que les relations humaines se stabilisent, permettant aux hommes de s'assurer de leurs biens, de produire des biens de meilleure qualité par la division du travail et d'en posséder plus. Mais cette institution de la propriété, et de la justice, doit encore suivre certaines règles pour satisfaire l'égoïsme humain. Hume énonce plusieurs règles : la propriété doit pouvoir faire l'objet de transferts consentis (échanges).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===== La promesse =====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre la propriété et l'échange, la société repose également sur le respect de la parole donnée. Dans ce cas, comme dans les précédents, il est impossible de supposer que les hommes sont équitables sans supposer ce qui est à démontrer. Pour expliquer la promesse, il faut chercher un motif de tenir sa promesse qui ne soit pas le sens du devoir : c'est au contraire, pour Hume, le sens du devoir qui doit être expliqué par ce motif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Économie ===&lt;br /&gt;
Selon [[Mark Blaug]], Hume a fait quatre contributions à l'économie.&lt;br /&gt;
Tout d'abord, David Hume est le premier, dans son Essai sur la balance (1752), à décrire le mécanisme d'ajustement des stocks d'or en situation d'étalon-or. En effet, Hume dénonce la crainte infondée partagée par les gouvernements quant à l'éventuelle fuite d'or qui serait provoquée par un déficit commercial. Selon Hume, si l'ensemble des nations commerçantes instaurent le principe de l'étalon-or, un tel schéma est envisageable :&lt;br /&gt;
1) Un pays est en déficit commercial (ou en excédent commercial).&lt;br /&gt;
2) Il doit régler à partir de l'or possédé (ou se faire rembourser en or). Il enregistre donc des sorties (ou des entrées) d'or.&lt;br /&gt;
3) Selon le principe de l'[[étalon-or]], il y a alors contraction de la masse monétaire (ou augmentation) et donc baisse des prix (ou hausse).&lt;br /&gt;
4) Le pays devient alors plus compétitif à l'international puisque ses prix sont plus faibles relativement au reste du monde (ou inversement).&lt;br /&gt;
5) La balance des paiements est rééquilibrée, avec la même quantité d'or qu'au départ. Ce mécanisme est au fondement de la théorie classique du libre-échange telle qu'elle sera exposée par [[David Ricardo]] et approfondie par [[Senior]] et [[John Stuart Mill]]. Par contre, assez curieusement, [[Adam Smith]] n'y fait pas mention.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Par ailleurs, Hume développe une théorie selon laquelle l'inflation peut générer plus de production et d'emploi. D'autre part (troisième contribution) il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi : {{citation|La liberté politique jaillit de la liberté économique (political freedom flows from economic freedom)}}. Enfin, la distinction entre économie positive et normative que Senior explicitera dans les années 1830 trouve son origine philosophique dans son ''Traité de la nature humaine''  où il soutient l'idée que Blaug traduit ainsi {{citation|vous ne pouvez déduire ce qui doit être de ce qui est (you cannot deduce ought from is }}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Esthétique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chez Hume, l'[[éthique]] et l'[[esthétique]] fonctionnent de la même façon. Les deux proviennent de passions et les deux sont liées à l'utilité, au sens large.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La beauté est une émotion ou un plaisir que nous ressentons lorsque nous percevons quelque chose que nous trouvons beau. Elle existe en nous et non dans l'objet lui-même, c'est pourquoi Hume parle de jugement de goût plutôt que de beau ; le beau et le laid, comme le bien ou le mal moral, sont des productions de l'esprit. Dans le cadre de la science de l'homme, on peut comprendre comment et pourquoi l'esprit produit ces jugements (moraux ou esthétiques), par rapport à quels critères, et dans quelles circonstances.&lt;br /&gt;
{{citation|Le plaisir et la douleur ne sont pas seulement les compagnons nécessaires de la beauté et de la laideur mais ils constituent leur essence même. Et, en vérité, si nous considérons qu’une grande partie de la beauté que nous admirons chez les animaux et en d’autres objets dérive de l’idée de convenance et d’utilité, nous n’aurons aucun scrupule à donner notre assentiment à cette opinion. La forme qui produit la force est belle chez un animal, celle qui est un signe d’agilité est belle chez un autre&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité de la nature humaine'', II, I, VIII, traduction P. Folliot.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ce qui nous semble beau est d'abord ce qui est utile ou ce qui nous semble bien fonctionner. Un animal pourvu de la forme qu'il faut pour profiter de ses points forts (par exemple, un [[lévriers|lévrier]] très fin ou un [[Chien du Saint-Bernard|Saint-Bernard]] très costaud), nous semblera beau et suscitera en nous une sensation d'agrément quand nous le verrons. De la même manière, en architecture, un [[pilier]] doit être large à sa base et fin en son sommet, car cette forme nous donne une impression de sécurité, alors que la forme inverse évoque en nous la fragilité et suscite en nous de la douleur. Hume déduit de là qu'une belle œuvre d'art est une œuvre qui se caractérise par l'équilibre de ses formes, car ces formes évoquent en nous l'assurance, la solidité, la santé, la vigueur, tandis que des formes déséquilibrées nous font songer à la chute ou à la souffrance&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', II, II, V.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si ces émotions sont produites par l'esprit lui-même lorsqu'il perçoit un objet, reste à expliquer comment ce fonctionnement a lieu. Pour cela, Hume a recours au concept de ''[[sympathie]]'', concept fondamental dans la pensée humienne. Lorsqu'une forme désagréable, par exemple celle d'un homme malade, suscite en nous le déplaisir, ce déplaisir a lieu dans la mesure où nous sympathisons avec l'homme que nous voyons ou imaginons. Un homme malade souffre de sa maladie, ou du moins le pensons-nous ; or, cette souffrance que nous percevons et/ou imaginons se transmet à nous, par sympathie, et nous la ressentons à notre tour&amp;lt;ref&amp;gt;Ce que Hume appelle sympathie est l'ancêtre de plusieurs concepts de psychologie analytique, très exactement trois : sympathie, [[empathie]] et congruence.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La sympathie est un instinct humain qui n'est pas mû par un intérêt étroit. Nous pouvons trouver belles les [[muraille]]s d'une cité dont nous voulons la destruction, parce qu'elles nous donnent une impression de solidité et d'assurance, alors même qu'elles sont un obstacle à la réalisation de notre but particulier. Ainsi, grâce à cette composante désintéressée de l'esprit qu'est la sympathie, l'esthétique et la morale sont à un certain degré désintéressées. Les biens d'un homme riche peuvent être agréables à nos yeux, sans que nous n'ayons d'intérêt qui y soient reliés ; en revanche, la sympathie peut passer par une relation philosophique, par exemple celle de contigüité, et nous pouvons avoir de la sympathie pour l'homme en question parce qu'il possède des choses que nous trouvons belles.&lt;br /&gt;
{{citation|À chaque fois qu’un objet a une tendance à produire du plaisir chez son possesseur ou, en d’autres termes, est la cause propre du plaisir, il est sûr qu’il plaît au spectateur par une sympathie délicate avec le possesseur. La plupart des ouvrages de l’art sont estimés beaux en proportion de leur aptitude à être employés par l’homme et même de nombreuses productions de la nature tirent leur beauté de cette source. Élégant et beau, dans la plupart des cas, ce ne sont pas des qualités absolues mais des qualités relatives et elles ne nous plaisent que par leur tendance à produire une fin agréable&amp;lt;ref&amp;gt;''Traité'', III, III, I.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette conception de l'esthétique pose néanmoins un problème. Tout le monde n'a pas les mêmes goûts, certains trouvent tel objet beau alors que d'autres le trouveront passable ou laid. Comment, dès lors, échapper à un [[relativisme]] envahissant et maintenir une certaine norme du goût ? Dans la mesure où la nature humaine constitue un fonctionnement invariable de l'esprit humain, n'importe quoi ne peut pas être beau : mais cela ne suffit pas à expliquer les différences de jugement, parfois très fines, qui courent sur une œuvre ou sur une autre. Hume s'attaque au problème dans son essai ''De la norme du goût'' (''Of the Standard of Taste''), où il tente de décrire les qualités d'un bon critique d'art. Un bon critique, dit-il, doit avoir trois qualités :&lt;br /&gt;
* une certaine délicatesse de sentiment et d'imagination, une capacité à ressentir les moindres nuances ;&lt;br /&gt;
* la pratique assidue de l'étude de l'art ;&lt;br /&gt;
* de l'expérience dans la comparaison d’œuvres d'art différentes.&lt;br /&gt;
La première qualité n'est qu'une qualité en puissance si elle reste la seule possédée par le critique. Les deuxième et troisième qualités sont en fait constitutives de l'expérience du critique ; plus l'on compare d’œuvres différentes, plus l'on affûte son sens de la comparaison, son goût et les jugements qui en émanent. Un critique cultivé et assidu sera d'autant plus capable de percevoir les moindres nuances d'une œuvre et de porter sur l’œuvre un jugement dans la mesure où il aura cultivé la ou les capacité(s) qui lui permet de porter ce jugement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La question de la religion ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La religion reste un sujet peu évoqué dans le ''Traité de la nature humaine''. Hume n'en parle qu'en très peu d'occasions. Quand il attaque la conception cartésienne substantialiste de l'âme, il se contente de réfuter [[René Descartes|Descartes]], et prend soin de conclure son chapitre en précisant que la philosophie ne saurait attaquer la religion elle-même. Ainsi, Hume ne réfuterait que le cartésianisme, sans s'attaquer aux dogmes religieux (et notamment [[Christianisme|chrétiens]]). Cependant, il critique la [[crédulité]] des hommes : il ne relie pas encore celle-ci à la religion, mais ce qu'il en dit annonce clairement les objections contre les miracles de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'' (voir ci-dessous).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Les miracles ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le thème des miracles est étudié par Hume dans la section X de son [[Enquête sur l'entendement humain]]. C'est une occasion pour lui d'appliquer sa vision [[empirisme|empiriste]] du fonctionnement de l'intelligence humaine dans le but de prouver l'impossibilité du miracle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon Hume, si l'expérience nous porte à croire naturellement qu'une cause produira toujours le même effet, et que le futur ressemblera au passé, c'est parce que nous considérons que les phénomènes adviennent selon une probabilité : Il est rare, mais possible, qu'un malade classé tétraplégique se remette à marcher, car cela a déjà été observé. ''A contrario'' si je lâche une pierre que je tenais dans ma main, il est certain qu'elle tombera, car à  chaque fois que je l'ai fait elle est tombée, de même que l'ont observé tous les hommes depuis le commencement de l'humanité. C'est par ce modèle que nous tirons ce que l'on appelle les lois naturelles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un miracle étant quelque chose qui va à l'encontre de ces lois (comme la résurrection d'un homme), Hume nous explique qu'il est déjà, dans cette définition même, impossible d'y croire. Les lois de la nature sont en effet d'une probabilité si forte (observées par tous, en tous temps et en tous lieux) qu'elles constituent une preuve uniforme définitive contre les miracles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, il faudrait, pour attester de l'existence du miracle, une preuve contraire et supérieure à celle de la loi naturelle, ce qui nécessite un témoignage d'un miracle dont la fausseté serait encore plus miraculeuse que le fait en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|Quand un homme me dit qu'il a vu un mort rappelé à la vie, je considère immédiatement en moi-même s'il est plus probable que cet homme me trompe ou qu'il se trompe, ou que le fait s'est réellement produit. Je pèse, l'un en regard de l'autre, les deux miracles [...] Si la fausseté de son témoignage était encore plus miraculeuse que l'événement qu'il rapporte, alors, et alors seulement, il peut prétendre gouverner ma croyance et mon opinion&amp;lt;ref&amp;gt;Hume, ''[[Enquête sur l'entendement humain]]''.Paris, Flammarion, 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Or, aucun témoignage humain ne saurait remplir cette condition, car un miracle n'est jamais attesté par assez d'hommes d'un savoir, d'un bon sens et d'une éducation dignes d'une confiance absolue, et ces événements ne sont jamais tout à fait publics. De plus, les récits relevant du miracle se retrouvent surtout chez des nations ignorantes et barbares, ce qui forme un argument de plus contre ceux-ci.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Enfin Hume montre que l'étonnement et la croyance naturelle de l'homme envers le merveilleux, lorsqu'ils se mélangent avec le sentiment religieux, annoncent la fin du « bon sens ». Dans ce cas-là, le témoignage de l'homme ne vaut plus rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume conclut donc que l'on ne peut pas raisonnablement croire au miracle, et qu'une religion fondée et affirmée par ses miracles est une ineptie (mais il se sauve face à la religion chrétienne, qu'il dit fondée uniquement par la foi personnelle).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Histoire naturelle de la religion'' ====&lt;br /&gt;
Avant Hume, il existait deux sortes d'histoire : l'histoire profane et l'histoire religieuse. La première sorte d'histoire s'occupe des faits historiques (tels que les batailles, les règnes, les luttes politiques, etc.) tandis que la seconde suit l'histoire des idées religieuses. La deuxième sorte d'histoire, celle que l'on pouvait appeler « religieuse », faisait dès le départ allégeance au sacré : elle prenait pour acquise la vérité de la Tradition (ou plutôt d'une certaine tradition) et jugeait ''a posteriori'' l'histoire des idées religieuses par rapport à cette tradition. C'est le cas par exemple chez [[Jacques-Bénigne Bossuet]], qui a rédigé plusieurs livres importants d'histoire religieuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume sera le premier à abolir la distinction entre histoire religieuse et histoire profane. En effet, l'histoire religieuse souffre d'un défaut logique : elle prétend étudier une certaine histoire, mais doit d'abord faire allégeance au sacré, autrement dit elle est tenue de le ''présupposer''. L'histoire, dès qu'elle prétend faire allégeance à son objet avant même de l'étudier, commet un cercle logique. L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'' évite cet écueil. Hume y étudie la religion en tant que phénomène historique, avec une évolution progressive au cours de l'histoire qui serait due à des causes immanentes et non pas à une [[providence (religion)|providence]] transcendante ou extra-phénoménale. Il ne s'en cache d'ailleurs pas : l'origine de la religion est à chercher dans la [[Humanité|nature humaine]], donc à travers l'histoire ou par l'histoire, et non comme directement issue de quelque chose de transcendant&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', in ''Essais et traités sur plusieurs sujets'', vol. 4, trad. Malherbe, Michel, Paris, Vrin, 2002, 254 p., Introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Afin de ne pas être accusé d'athéisme, Hume prend néanmoins garde à se déclarer, dès le début également, en faveur de la thèse du [[dessein intelligent]], selon laquelle l'ordre du [[monde (univers)|monde]] est la preuve que celui-ci a été créé par un [[démiurge]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut distinguer principalement trois étapes dans le développement historique de la religion :&lt;br /&gt;
* 1) le [[polythéisme]] ;&lt;br /&gt;
* 2) le [[monothéisme]] ;&lt;br /&gt;
* 3) le [[dessein intelligent]]&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-naturelle-de-la-religion/ Histoire naturelle de la religion]&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le polythéisme précède historiquement le monothéisme. Il est le produit immédiat de la nature humaine, la toute première forme de religion. Les premiers hommes, en effet, ne se posent pas la question de la [[cause première]], pas plus qu'ils ne peuvent concevoir l'idée d'un Dieu unique. Ce qu'ils conçoivent en premier, c'est ce qui se trouve immédiatement devant eux, à savoir les forces de la nature (par exemple le [[vent]] ou la [[moisson (agriculture)|moisson]]). Par l'effet de leur imagination, les hommes vont anthropomorphiser ces forces : ils vont leur accorder un esprit, des passions, etc. et tenter de leur plaire. De là les divers dieux des [[panthéon]]s polythéistes. Puisque les diverses forces de la nature se succèdent et sont parfois contradictoires, les polythéistes en concluent que leurs dieux se battent aussi entre eux. Leur rapport avec les dieux est celui d'un [[commerce]] : en échange d'un [[sacrifice]], on demande telle faveur au dieu, et si le dieu ne donne pas satisfaction, on peut s'adresser à un autre dieu concurrent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le monothéisme, qui survient par la suite, provient de l'imagination. Un croyant polythéiste pieux, pour plaire à son dieu, tendra à augmenter peu à peu ses attributs. Ainsi, [[Zeus]] ou [[Jupiter (mythologie)|Jupiter]], au lieu d'être un dieu parmi les autres, devient le roi des dieux. Mais l'imagination ne s'arrête pas ici, et il est possible d'imaginer que Zeus ou Jupiter soit non seulement le roi des dieux, mais même le seul vrai dieu, voire le créateur exclusif du monde. Aussitôt, il devient Dieu, et les autres dieux s'effacent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La thèse du [[dessein intelligent]] ne survient que bien plus tard dans l'histoire. Cette thèse est, pourrait-on dire, la plus haute et la plus « pure » philosophiquement. Elle repose entièrement sur des arguments ''[[a priori et a posteriori|a posteriori]]'' et n'a pas besoin d'une Révélation pour être fondée : au contraire, elle se veut fondée entièrement sur la science et la réflexion, c'est-à-dire sur des faits traités par la raison, plutôt que sur les aléas de la [[foi]] et de la [[Passion (philosophie)|passion]]. Une telle thèse suppose un certain degré d'évolution intellectuelle, dans la mesure où elle est le produit d'une réflexion longue et s'appuie sur l'essor des [[science de la nature|sciences de la nature]]. Le dessein intelligent est en réalité une [[inférence]], reposant sur une induction logiquement élargie. Lorsque nous voyons une montre ou n'importe quel objet manufacturé, nous en inférons que cet objet a été fabriqué par une main humaine, et non par le hasard, en raison de l'ordre qui unit ses parties. L'argument du dessein intelligent consiste à dire qu'il en va de même pour le monde de la nature, dont l'ordre n'a pu qu'être créé par un être conscient (c'est-à-dire par un démiurge ou par Dieu).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hume prétend se rattacher à cette dernière thèse, mais on peut facilement la déconstruire à l'aide de la critique des miracles au chapitre X de l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Enquête sur l'entendement humain'', et elle se voit amplement remise en cause dans les ''[[Dialogues sur la religion naturelle]]''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si le monothéisme est historiquement plus avancé que le polythéisme, cela n'empêche pas Hume de se montrer discrètement critique à son sujet. L’argument principal avancé en faveur du dessein intelligent est la « croyance universelle des hommes en un créateur suprême », qui serait « la marque ou le cachet » de ce créateur&amp;lt;ref&amp;gt;''Histoire naturelle de la religion'', XV.&amp;lt;/ref&amp;gt;, mais l’''Histoire naturelle'' cite constamment des cas contraires, à commencer par le polythéisme qui ne se pose pas la question de la cause première.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== ''Dialogues sur la religion naturelle'' ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== ''Histoire d'Angleterre'' ===&lt;br /&gt;
Parmi les divers travaux historiques ou historiographiques qu'il a produits, l&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est de loin le plus important : près de 6 volumes, mesurant en moyenne entre 300 et 400 pages A4, racontent l'histoire de l'[[Angleterre]] depuis l'arrivée des premiers [[Empire romain|romains]] sur l'île jusqu'à la « [[Glorieuse Révolution]] » de 1688. Ce travail a aussi été l'un des plus populaires que Hume ait jamais produit. Même si, aujourd'hui, il n'est quasiment plus connu que des historiens, il a été l’œuvre la plus vendue du philosophe pendant près d'un siècle après sa publication&amp;lt;ref&amp;gt;Claudia Schmidt, ''David Hume: Reason in History'', Pennsylvania State University Press, 2003, {{p.|393}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'', pourtant, ne relève pas directement de la philosophie. Comme son nom l'indique, il s'agit d'une histoire fournie et détaillée de l'Angleterre dans son ensemble. Le dessein du philosophe est pourtant compréhensible au regard de deux points de vue. D'une part, Hume a toujours porté un grand intérêt à l'histoire : celle-ci, en tant que réservoir d'expériences, est absolument cruciale pour quiconque prétend chercher le savoir. Puisque tout provient de l'expérience, alors c'est dans l'histoire qu'il faut chercher des exemples, des cas particuliers qui confirment ou infirment tel ou tel principe général. D'autre part, le projet de science de l'homme contient dès le départ une ambition totalisante : dans le ''Traité de la nature humaine'', le but de Hume est de modéliser le fonctionnement de l'esprit humain, de le restituer par des règles et par des axiomes. Ici, son but est de retisser les phénomènes qui ont eu lieu dans l'histoire de l'Angleterre. Hume tente ici, avec l'histoire effective d'une nation particulière, l'Angleterre, ce qu'il a fait auparavant pour le fonctionnement général de l'esprit.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{citation|En tant qu’empiriste sceptique et en tant que modélisateur, Hume est forcé, dès la fin des deux premiers livres du Traité, de sortir de la modélisation logique et abstraite pour placer sa pensée dans une perspective temporelle. Là où la nature humaine, une fois comprise, voit ses principes examinés hors du temps, la pensée philosophique ne peut pas comprendre tout à fait cette nature humaine si elle reste cantonnée à une abstrusion qui se prétendrait hors de l’histoire. Elle doit, pour être valable, traiter par sa forme un contenu provenant du domaine concret [...] L’histoire doit être comprise, c’est-à-dire « digérée » et représentée au plus près de la réalité par celui qui prétend faire œuvre d’historien ou d’historiographe. Pour cela, elle doit être retissée. Par sa connaissance des règles générales, l’historien doit comprendre les liens de causalité qui unissent les phénomènes concrets, de la manière la plus sûre possible (c’est-à-dire la plus probable)&amp;lt;ref&amp;gt;[http://david-hume.fr/histoire-d-angleterre/ L'histoire d'Angleterre]&amp;lt;/ref&amp;gt;.}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L&amp;lt;nowiki&amp;gt;'&amp;lt;/nowiki&amp;gt;''Histoire d'Angleterre'' est un exemple d'application de la méthode historique, qui est elle-même une application ou une branche de la science de l'homme. L'historien ne percevant pas directement les liens de causalité à l’œuvre dans l'histoire, il doit s'employer à les retisser lui-même, pour reconstituer le fil de l'histoire. Ce faisant, il donne de nouveaux exemples à la connaissance en général, en même temps qu'il affine la méthode historique elle-même : comme le dit [[Michel Malherbe (philosophe)|Michel Malherbe]], {{citation|l’histoire est une science probabilitaire non seulement dans ce qu’elle établit, mais encore dans ce par quoi elle établit. Tout progrès est en connaissance et en méthode}}&amp;lt;ref&amp;gt;Michel Malherbe, ''La philosophie empiriste de David Hume'', Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 1976, {{p.|257}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Réception de la pensée de Hume ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== De son vivant ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Après sa mort ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La réponse de [[Emmanuel Kant|Kant]] à Hume est sans doute l'un des aspects les plus connus de la postérité de Hume. À la suite de Kant, on a pu parfois considérer que le scepticisme de Hume était dépassé une fois pour toutes. Dans cette voie, le [[naturalisme (philosophie)|naturalisme]] et le [[psychologisme]] de Hume sont jugés erronés et représentant une sorte de transition nécessaire entre l'esprit scientifique naturel (mais contradictoire quand il se prend pour objet) et la [[philosophie]] comme [[science]] critique. Cette contradiction interne a été diversement utilisée : [[Friedrich Nietzsche|Nietzsche]] y voit une impossibilité pour la « raison » de se fonder elle-même ou de se justifier ; [[Edmund Husserl|Husserl]], au contraire, en fait l'adversaire de sa propre méthode, visant à fonder la philosophie comme science rigoureuse, la [[phénoménologie (philosophie)|phénoménologie]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[France]], à la suite de Kant et de la critique de Hume par [[Thomas Reid]] qui le voyait comme un nihiliste, sa [[philosophie]] fut écartée du domaine scolaire, essentiellement sous l'influence de l'[[éclectisme]] de [[Victor Cousin]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine philosophique [[monde anglo-saxon|anglo-saxon]], après une longue période durant laquelle Hume fut surtout tenu pour un subjectiviste éventuellement stérile, un « nouveau Hume » a vu le jour dans les vingt dernières années du s-XXe, « nouveau Hume » qui se caractérise par un [[réalisme (philosophie)|réalisme]] causal (par opposition à une interprétation projectionniste) et qui a été illustré récemment par ''The New Hume Debate'' (voir bibliographie). Le débat sur Hume est ainsi toujours d'actualité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Hans_Vaihinger&amp;diff=4909</id>
		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-02-27T21:29:18Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
{{...}}&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|s=:de:Hans Vaihinger}}&lt;br /&gt;
* {{Autorité}}&lt;br /&gt;
* [http://homepages.uni-tuebingen.de/gerd.simon/chrvai.pdf Chronologie Hans Vaihinger] (585 kB)&lt;br /&gt;
* Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* Fictionnalisme&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
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		<title>Hans Vaihinger</title>
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		<updated>2020-02-27T21:23:03Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{Travaux}}&lt;br /&gt;
{{DEFAULTSORT:Vaihinger}}&lt;br /&gt;
'''Hans Vaihinger''' (25 septembre 1852 – 18 décembre 1933) est un philosophe allemand. Spécialiste de Kant, il est principalement connu pour son ouvrage ''Philosophie des Als Ob'' (''La philosophie du « comme si »''), publié en 1911.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
{{...}}&lt;br /&gt;
Vaihinger naît à Nehren (Bade-Wurtemberg), près de Tübingen. Élevé dans un milieu qu'il qualifie lui-même de « très religieux », il poursuit ses études à Tübingen, Leipzig et Berlin, avant de devenir professeur de philosophie à Strasbourg, puis à Halle (Saxe-Anhalt) à partir de 1884.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger souffrait d'une maladie des yeux, qui le conduisit à la cécité ; il consentit à devenir professeur émérite en 1906.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pensée ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans sa ''Philosophie des Als Ob'', il défend l'idée que nous ne pouvons percevoir que des phénomènes, à partir desquels nous construisons des modèles de pensée fictionnels auxquels nous accordons une valeur de réalité. Nous nous comportons « comme si » le monde correspondait à nos modèles. Vaihinger a élaboré une classification de ces fictions, selon leur valeur pragmatique, et propose une théorie générale de la science, de la morale et de la religion basée sur ces modèles. Il qualifie sa philosophie de pragmatisme critique&amp;lt;ref&amp;gt; Voir [http://www.laviedesidees.fr/La-philosophie-du-comme-si.html#nh1 ''La philosophie du comme si''] par Raphaël Ehrsam, compte rendu de ''Le &amp;quot;Comme si&amp;quot; – Kant, Vaihinger et le fictionnalisme'' (Paris, 2013) de Christophe Bouriau, publié dans  &lt;br /&gt;
[http://www.laviedesidees.fr ''La Vie des idées''] le 15 janvier 2014.&amp;lt;/ref&amp;gt; ou de positivisme logique, bien qu'il n'ait pas été intégré au Cercle de Vienne.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans le domaine scientifique, il prend pour exemple les particules élémentaires (protons, électrons) et les ondes électromagnétiques. Personne n'a jamais pu observer directement ces entités, mais la science considère qu'elles existent, et, partant de cette affirmation, effectue de nouvelles observations afin d'établir d'autres théories, plus élaborées. Selon le philosophe, la propension de l'homme à générer des objets fictionnels lui est aussi utile que sa capacité déductive et inductive.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vaihinger a été l'un des premiers à s'intéresser à la philosophie de Friedrich Nietzsche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alfred Adler, fondateur de la psychologie individuelle, a été influencé par la théorie de Vaihinger.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Travaux ==&lt;br /&gt;
* 1875 [https://books.google.com/books?id=tW1BAAAAYAAJ&amp;amp;pg=PA1 ''Göthe als Ideal universeller Bildung''] (''Goethe comme idéal d'une formation universelle'')&lt;br /&gt;
* 1876 [https://books.google.com/books?id=gNw_AQAAMAAJ&amp;amp;pg=PP5 ''Hartmann, Dühring und Lange''] (''Hartmann, Dühring et Lange'')&lt;br /&gt;
* 1889 [https://books.google.com/books?id=Bqc_AAAAYAAJ&amp;amp;pg=PR1 ''Naturforschung und Schule''] (''étude de la nature et école'')&lt;br /&gt;
* 1897–1922 ''Kant-Studien'' (Études kantiennes)&lt;br /&gt;
* 1899 ''Kant — ein Metaphysiker?'' (''Kant métaphysicien ?'')&lt;br /&gt;
* 1902 ''Nietzsche Als Philosoph'' (''Nietzsche comme philosophe'')&lt;br /&gt;
* 1906 ''Philosophie in der Staatsprüfung. Winke für Examinatoren und Examinanden'' &lt;br /&gt;
* 1911 [https://archive.org/details/DiePhilosophieDesAlsOb ''Philosophie des Als Ob''] (''La philosophie du « comme si »'')&lt;br /&gt;
** 1924 ''The Philosophy of 'As If' : A system of the theoretical, practical and religious fictions of mankind'', trad. C. K. Ogden basée sur la sixième édition allemande&lt;br /&gt;
* 1922 [https://books.google.com/books?id=JDMNAAAAYAAJ&amp;amp;printsec=frontcover ''Commentar zu Kants'' Kritik der reinen Vernunft] (''Commentaire sur la ''Critique de la raison pure'' de Kant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|s=:de:Hans Vaihinger}}&lt;br /&gt;
* {{Autorité}}&lt;br /&gt;
* {{de}} {{pdf}} [http://homepages.uni-tuebingen.de/gerd.simon/chrvai.pdf Chronologie Hans Vaihinger] (585 kB)&lt;br /&gt;
* {{en}} Christopher Adair-Toteff, [http://www.kant.uni-mainz.de/ks/history/adair-toteff.html ''Hans Vaihinger’s Kant-Studien'']&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
* [[Fictionnalisme]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4888</id>
		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-24T23:22:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14-4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref name=&amp;quot;I&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA&amp;quot; /&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot; /&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot; /&amp;gt; et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA-26&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR-1&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR-1&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann &amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=&amp;quot;I&amp;quot; /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;,&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément. (It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating)}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14-4&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA-26&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref&amp;gt;(en) Jeffrey Zeig, Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work, New York, Brunner Mazel, 1985, p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|texte=frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
*« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]&amp;lt;ref&amp;gt;« Rencontres et conférences de l'ARCHE : François Roustang, moments choisis » (consulté le 17 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
*Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*1901 : Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&lt;br /&gt;
*1919 : Milton Erickson contracte la poliomyélite.&lt;br /&gt;
*1921 : Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&lt;br /&gt;
*1923 : Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&lt;br /&gt;
*1928 : Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&lt;br /&gt;
*1930–1934 : Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&lt;br /&gt;
*1936 : Mariage avec Elisabeth Moore.&lt;br /&gt;
*1939–1948 : Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&lt;br /&gt;
*1942 : Participe à la première conférence Macy.&lt;br /&gt;
*1948 : Déménage pour Phoenix, Arizona.&lt;br /&gt;
*1953 : Deuxième « attaque de polio ».&lt;br /&gt;
*1955–1960 : Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&lt;br /&gt;
*1973 : Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&lt;br /&gt;
*1974 : Rencontre avec Bandler et Grinder.&lt;br /&gt;
*1980 : Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4887</id>
		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-24T22:55:38Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref name=&amp;quot;I&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA&amp;quot; /&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot; /&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot; /&amp;gt; et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA-26&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR-1&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR-1&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann &amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=&amp;quot;I&amp;quot; /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;,&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément. (It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating)}}.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA-26&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}} p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|texte=frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
*« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]&amp;lt;ref&amp;gt;« Rencontres et conférences de l'ARCHE : François Roustang, moments choisis » (consulté le 17 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
*Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&lt;br /&gt;
*1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&lt;br /&gt;
*1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&lt;br /&gt;
*1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&lt;br /&gt;
*1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&lt;br /&gt;
*1930–1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&lt;br /&gt;
*1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&lt;br /&gt;
*1939–1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&lt;br /&gt;
*1942: Participe à la première conférence Macy.&lt;br /&gt;
*1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&lt;br /&gt;
*1953: Deuxième « attaque de polio ».&lt;br /&gt;
*1955–1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&lt;br /&gt;
*1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&lt;br /&gt;
*1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&lt;br /&gt;
*1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4886</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4886"/>
		<updated>2020-02-24T21:57:28Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA&amp;quot; /&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot; /&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT119-21&amp;quot; /&amp;gt; et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR-1&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR-1&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson, il ouvre un cabinet de consultations privées à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}} p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|texte=frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
*« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]&amp;lt;ref&amp;gt;« Rencontres et conférences de l'ARCHE : François Roustang, moments choisis » (consulté le 17 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
*Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&lt;br /&gt;
*1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&lt;br /&gt;
*1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&lt;br /&gt;
*1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&lt;br /&gt;
*1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&lt;br /&gt;
*1930–1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&lt;br /&gt;
*1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&lt;br /&gt;
*1939–1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&lt;br /&gt;
*1942: Participe à la première conférence Macy.&lt;br /&gt;
*1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&lt;br /&gt;
*1953: Deuxième « attaque de polio ».&lt;br /&gt;
*1955–1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&lt;br /&gt;
*1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&lt;br /&gt;
*1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&lt;br /&gt;
*1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4885</id>
		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-24T20:53:21Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson, il ouvre un cabinet de consultations privées à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}} p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|texte=frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
*« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]&amp;lt;ref&amp;gt;« Rencontres et conférences de l'ARCHE : François Roustang, moments choisis » (consulté le 17 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
*Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&lt;br /&gt;
*1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&lt;br /&gt;
*1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&lt;br /&gt;
*1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&lt;br /&gt;
*1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&lt;br /&gt;
*1930–1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&lt;br /&gt;
*1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&lt;br /&gt;
*1939–1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&lt;br /&gt;
*1942: Participe à la première conférence Macy.&lt;br /&gt;
*1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&lt;br /&gt;
*1953: Deuxième « attaque de polio ».&lt;br /&gt;
*1955–1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&lt;br /&gt;
*1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&lt;br /&gt;
*1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&lt;br /&gt;
*1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4880</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4880"/>
		<updated>2020-02-21T23:01:49Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson, il ouvre un cabinet de consultations privées à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}} p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|texte=frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
*« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]&amp;lt;ref&amp;gt;« Rencontres et conférences de l'ARCHE : François Roustang, moments choisis » (consulté le 17 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
*Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&lt;br /&gt;
*1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&lt;br /&gt;
*1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&lt;br /&gt;
*1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&lt;br /&gt;
*1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&lt;br /&gt;
*1930–1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&lt;br /&gt;
*1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&lt;br /&gt;
*1939–1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&lt;br /&gt;
*1942: Participe à la première conférence Macy.&lt;br /&gt;
*1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&lt;br /&gt;
*1953: Deuxième « attaque de polio ».&lt;br /&gt;
*1955–1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&lt;br /&gt;
*1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&lt;br /&gt;
*1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&lt;br /&gt;
*1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4879</id>
		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-21T22:36:01Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson, il ouvre un cabinet de consultations privées à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}} p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|texte=frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
*« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]&amp;lt;ref&amp;gt;« Rencontres et conférences de l'ARCHE : François Roustang, moments choisis » (consulté le 17 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
*Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
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ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4878</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4878"/>
		<updated>2020-02-21T22:25:45Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson, il ouvre un cabinet de consultations privées à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}} p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|texte=frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder, psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves&amp;lt;ref&amp;gt;« Quelques divergences de fond entre l’hypnose de l’Eïnophonie/thérapie et celle de Milton Erickson », sur https://eïnophonie.com (consulté le 19 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
*L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
*« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]&amp;lt;ref&amp;gt;« Rencontres et conférences de l'ARCHE : François Roustang, moments choisis » (consulté le 17 mars 2017).&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
*Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;62.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-21T21:58:08Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson, il ouvre un cabinet de consultations privées à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|texte=Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=(en) Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, p. 149.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose [archive] en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder [archive], psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves62.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]63. »&lt;br /&gt;
Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;62.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4876</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4876"/>
		<updated>2020-02-21T21:08:24Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson, il ouvre un cabinet de consultations privées à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis : An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose : {{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, p. 149&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est rejoint en cela en France par le Dr Jean Godin dont il préface d’ailleurs le livre. Jean Godin importe néanmoins en France les thèses d’Erickson avec la création du premier Institut Milton Erickson de France en 1982, puis l’Association Française de Nouvelle Hypnose [archive] en 1992.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bernard Sensfelder [archive], psychologue et hypnothérapeute travaillant dans la lignée de François Roustang, tout en reconnaissant à Erickson le génie de créer une thérapie différente pour chaque individu, émet plusieurs réserves62.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'approche ericksonienne suppose qu'il faut répondre à la demande du patient. Or, pour Sensfelder, rien ne dit que le changement de comportement demandé par le patient aille dans le sens de l'émergence de sa quiddité.&lt;br /&gt;
« Pour Milton Erickson, tous les moyens sont bons si l'objectif est respectable. » Sensfelder plaide pour un cadre éthique rigoureux et estime qu'Erickson recourt à la manipulation. Sur ce point, Roustang dit quant à lui que « Erickson manipule de façon honteuse des gens. C'est certain ! Et pourtant c'est la seule manière pour lui de respecter la liberté [du patient]63. »&lt;br /&gt;
Enfin, il estime qu'Erickson, américain - par conséquent très centré sur l'efficacité et la résolution de problèmes - est trop dans l'optique de faire. De ce point de vue, il juge que l'approche de François Roustang, qui consiste à « ne rien faire pour que quelque chose se fasse », à l'exact opposé de celle de Milton Erickson, est préférable. Elle permettrait à &amp;quot;l'Être qui est présent de se manifester, pour investir son propre corps et se libérer de ses entraves&amp;quot;62.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
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Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
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  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=Wilhelm Wundt|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=Clark Leonard Hull|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4875</id>
		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-21T19:35:17Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref&amp;gt;Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, p. 149&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4867</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4867"/>
		<updated>2020-02-20T00:00:09Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} p. 2.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 37.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 97.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 98.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 172.&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'inductions ans tenir compte des différences individuelles entre les sujets.}}  En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 47.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 49.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 16.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p. 312-327.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 43.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 41.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref&amp;gt;Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}} p. 99.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 205.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 8.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, p. 14-33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}} introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}}&amp;lt;ref&amp;gt;It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 10.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 198.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}} p. 20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}} p. 17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 4.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}} p. 38.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 4&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}} p. 5&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p. 52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} p. 39.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 410&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p. 28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 5.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}} p. 247&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 150&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, p. 149&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-17T23:48:23Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}} p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}} p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}} p. 37&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. ix&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}} {{p. 37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}} p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p. 38&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.|47}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, p.2&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|37}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.5&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 97&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 98&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. 172&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction}}&amp;lt;/ref&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets. En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.19&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;/ref&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.47&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow]et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.49&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|16}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p.312-327&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.43&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|41}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref name=RDLH99&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, {{p.|99}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, {{p.|205}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|8}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, {{p.|14-33}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}} ({{Citation étrangère|lang=en|It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating.}}.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|10}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|198}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|4}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, {{p.|38}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|4}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|5}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p.52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|39}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|410}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p.28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|5}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}, {{p.|247}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, {{p.|150}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, {{p.|149}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4847</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4847"/>
		<updated>2020-02-17T23:25:13Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Lawrence Rossi|Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p. 14.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref name=CPT1ix&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. ix&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref name=I37&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP202&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|38}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{Citation|texte=Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA47&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.|47}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|texte=Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, p.2&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|37}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.5&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 97&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 98&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. 172&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction}}&amp;lt;/ref&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets. En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.19&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;/ref&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.47&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow]et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.49&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|16}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p.312-327&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.43&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|41}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref name=RDLH99&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, {{p.|99}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, {{p.|205}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|8}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1949, avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, {{p.|14-33}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en 1954&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}} ({{Citation étrangère|lang=en|It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating.}}.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|10}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|198}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de 1955 à 1960, Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre Donald D. Jackson&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars 1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|4}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, {{p.|38}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|4}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|5}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p.52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|39}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|410}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'hypnose, qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p.28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|5}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|Tchouang Tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}, {{p.|247}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, {{p.|150}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, {{p.|149}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
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  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
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&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''Autobiographie d'un amour'', roman d'Alexandre Jardin paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson&lt;br /&gt;
*  http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4846</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4846"/>
		<updated>2020-02-17T22:59:31Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Lawrence Rossi|Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref name=ALREP&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p. 14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref name=CPT1ix&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. ix&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref name=I37&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP202&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|38}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{citation|Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA47&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.|47}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, p.2&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|37}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.5&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 97&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 98&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. 172&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction}}&amp;lt;/ref&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets. En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.19&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;/ref&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.47&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow]et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.49&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|16}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p.312-327&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.43&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|41}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref name=RDLH99&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, {{p.|99}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, {{p.|205}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|8}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En [[1949]], avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, {{p.|14-33}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en [[1954]]&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}} ({{Citation étrangère|lang=en|It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating.}}.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|10}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|198}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de [[1955]] à [[1960]], Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre [[Donald D. Jackson]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars|1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|4}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, {{p.|38}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|4}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|5}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p.52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|39}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|410}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'[[hypnose]], qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p.28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|5}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur [[Tchouang-tseu|Tchouang Tseu]]|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}, {{p.|247}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, {{p.|150}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, {{p.|149}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''[[Autobiographie d'un amour]]'', roman d'[[Alexandre Jardin]] paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  [http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4845</id>
		<title>Milton Erickson</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4845"/>
		<updated>2020-02-17T22:50:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Lawrence Rossi|Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref name=ALREP&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p. 14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des êtres humains&amp;lt;ref name=CPT1ix&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. ix&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la scolarité, leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref name=I37&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP202&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|38}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{citation|Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA47&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.|47}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, p.2&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'université du Wisconsin. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|37}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.5&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 97&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre suggestion (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 98&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. 172&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction}}&amp;lt;/ref&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets. En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.19&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;/ref&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.47&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow]et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.49&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|16}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard (Rhode Island).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril 1930 à 1934, il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p.312-327&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le daltonisme hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.43&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|41}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'hypnose et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref name=RDLH99&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, {{p.|99}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps 1948, il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, {{p.|205}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|8}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En [[1949]], avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, {{p.|14-33}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en [[1954]]&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}} ({{Citation étrangère|lang=en|It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating}}.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|10}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|198}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de [[1955]] à [[1960]], Haley et John Weakland lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre [[Donald D. Jackson]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars|1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|4}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, {{p.|38}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|4}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|5}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec Ernest Rossi en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p.52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|39}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|410}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'[[hypnose]], qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p.28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|5}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur [[Tchouang-tseu|Tchouang Tseu]]|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}, {{p.|247}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, {{p.|150}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, {{p.|149}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
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ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''[[Autobiographie d'un amour]]'', roman d'[[Alexandre Jardin]] paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  [http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
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		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-17T22:26:30Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Lawrence Rossi|Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref name=ALREP&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p. 14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des [[Homo sapiens|êtres humains]]&amp;lt;ref name=CPT1ix&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. ix&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la [[École|scolarité]], leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref name=I37&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP202&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|38}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{citation|Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA47&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.|47}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, p.2&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'[[université du Wisconsin]]. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|37}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.5&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 97&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre [[suggestion]] (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 98&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. 172&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction}}&amp;lt;/ref&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets. En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.19&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;/ref&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.47&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow]et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.49&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|16}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard ([[Rhode Island]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril [[1930]] à [[1934]], il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p.312-327&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1933, après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En 1934 il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'hôpital psychiatrique ''Eloise'', aussi appelé ''Wayne County Hospital'', dans le Michigan. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été 1935&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1936, Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la surdité hypnotique et le [[daltonisme]] hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.43&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le psychothérapeute et neurologue Lawrence Kubie commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De 1939 à 1948, Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de 1940, il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité japonaise et les effets de la propagande nazie&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'anthropologues Gregory Bateson et Margaret Mead. Ces derniers le consultent à propos des processus de transe qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à Bali&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|41}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première conférence Macy, organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de New York sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'[[hypnose]] et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le neuropsychiatre et mathématicien Warren McCulloch, le neurophysiologiste Arturo Rosenblueth, Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le béhavioriste Howard Liddell, spécialiste du conditionnement des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement cybernétique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La Seconde Guerre mondiale contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les névroses de combat&amp;lt;ref name=RDLH99&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, {{p.|99}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne 1947, il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-tétanos par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps [[1948]], il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du Michigan, à Ann Arbor&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1948, suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit désertique en raison de ses nombreuses allergies, Erickson s'installe à Phoenix, en Arizona&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, {{p.|205}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des ateliers de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les États-Unis&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|8}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En [[1949]], avec l'obstétricien William Kroger et le psychologue André Weitzenhoffer, il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des années cinquante, Erickson et Aldous Huxley consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents états de conscience. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à Los Angeles et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, {{p.|14-33}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1950, une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) (qui devient la National Aeronautics and Space Administration (NASA) en 1958). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en [[1954]]&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la polio sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un syndrome post-polio (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du virus de la polio différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus handicapé qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en fauteuil roulant et souffre de douleurs chroniques qu'il combat par l'autohypnose :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}} ({{Citation étrangère|lang=en|It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating}}.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de botanique, Milton Erickson possède une riche collection de cactées, dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|10}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son daltonisme, il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le pourpre. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en bois de fer (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du désert de Sonora, au Mexique&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|198}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1953, Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à San Francisco. Jay Haley, qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de [[1955]] à [[1960]], Haley et [[John Weakland]] lui rendent souvent visite à Phoenix, où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à Palo Alto pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre [[Donald D. Jackson]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1957, Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la transe et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1970, Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en 1973, à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de Gregory Bateson, les fondateurs de la Programmation neuro-linguistique (PNL), Richard Bandler, John Grinder ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.}}20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars|1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.}}33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|4}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, {{p.|38}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue Margaret Mead, déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|4}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}, {{p.|5}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'autohypnose était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec [[Ernest Lawrence Rossi|Ernest Rossi]] en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, p.40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'inconscient de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position réaliste, au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, p.290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie psychanalytique, vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, p.52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|39}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|410}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'[[hypnose]], qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, p.28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|5}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur [[Tchouang-tseu|Tchouang Tseu]]|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}, {{p.|247}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, {{p.|150}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}, {{p.|149}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne John Weakland dès 1956, {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre Don Jackson, qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur André Weitzenhoffer, a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par Richard Bandler et John Grinder, qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
  id:during value:gray(0.6)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998|isbn= |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''[[Autobiographie d'un amour]]'', roman d'[[Alexandre Jardin]] paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  [http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Milton_Erickson&amp;diff=4843</id>
		<title>Milton Erickson</title>
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		<updated>2020-02-17T22:05:50Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Erickson}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Milton Erickson.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 5 déc. 1901|Lieu de naissance=Aurum (Nevada), États-Unis |Date de décès= 25 mars 1980|Lieu de décès= Phoenix (Arizona), États-Unis|Nationalité= USA|Etude= Psychiatre|Profession= |Travaux= Thérapie brève}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Milton Hyland Erickson''', né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 25 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle important dans le renouvellement de l'hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l'hypnose thérapeutique. Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu'il rencontre : il s'agit par conséquent d'utiliser ses compétences et ses possibilités d'adaptation personnelles. Atteint de poliomyélite à l'âge de dix-sept ans, Erickson a été une figure emblématique du « guérisseur blessé », expérimentant sur lui-même, lors de sa réadaptation, certains phénomènes qu'il met ensuite en application dans l'hypnose thérapeutique&amp;lt;ref name=CPT1156&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}} p. 156.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Erickson a collaboré notamment avec Margaret Mead, Gregory Bateson, Lawrence Kubie, Aldous Huxley, John Weakland, Jay Haley et Ernest Lawrence Rossi|Ernest Rossi. Il est considéré comme le père des thérapies brèves&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, p. 9.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux ont inspiré plusieurs approches thérapeutiques, dont l'hypnose ericksonienne, la thérapie brève de Palo Alto&amp;lt;ref name=ALREP&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, la programmation neuro-linguistique et diverses autres techniques de traitement&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p. 14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Parmi ses élèves les plus connus figurent Stephen Gilligan, William O'Hanlon, Stephen Lankton et Jeffrey Zeig.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
=== La jeunesse ===&lt;br /&gt;
Milton Erickson naît le 5 décembre 1901 à Aurum, une petite ville minière du Nevada aujourd'hui disparue. Son père, Charles, originaire de Chicago et descendant d'immigrés scandinaves, et sa mère, Clara, qui a du sang indien dans les veines, se sont mariés dans le Wisconsin en 1881&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton est atteint de troubles sensoriels et perceptifs congénitaux : il est daltonien et amusique. Sa perception du monde modifiée lui fait prendre conscience dès son plus jeune âge du caractère relatif des cadres de références des [[Homo sapiens|êtres humains]]&amp;lt;ref name=CPT1ix&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. ix&amp;lt;/ref&amp;gt;. Lorsque Milton et sa sœur aînée atteignent l'âge de la [[École|scolarité]], leurs parents s'installent à Lowell, dans le Wisconsin, après y avoir acheté une ferme&amp;lt;ref name=I37&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990|isbn=}}, {{p.|37}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Milton, ses sept sœurs et son frère, participent tous aux travaux de la ferme&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP202&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992|isbn=}}, p. 202.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Avec la scolarisation, on se rend compte que le jeune Milton n'est pas seulement incapable de reconnaître les rythmes et les sonorités musicales, mais qu'il est aussi atteint de dyslexie sévère&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR37&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1919, à l'âge de 17 ans&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, Erickson contracte une forme grave de poliomyélite&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Un soir, alors qu'il est au plus mal, alité dans sa chambre, il entend un médecin dire à sa mère dans la pièce voisine que son fils sera mort le lendemain matin. Erickson raconte comment il demande à sa mère de déplacer son lit de manière à pouvoir voir le coucher de soleil une dernière fois avant de mourir. Il vit alors ce qu'il appelle une expérience d'autohypnose, au cours de laquelle il ne voit que le coucher de soleil, faisant abstraction de l'arbre et de la barrière qui entravent sa vue par la fenêtre&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson &amp;amp; Ernest Rossi, « Les expériences d'autohypnose de Milton H. Erickson », ''The American journal of clinical hypnosis'', juillet 1977, 20, p. 36-54&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il sort totalement paralysé d’un coma de trois jours, seulement capable de parler et de bouger les yeux&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;. Ne pouvant bouger, il meuble son ennui par des jeux d'observation, par lesquels il développe une capacité à percevoir les signes non verbaux émis à la limite du seuil de perception. Il observe, en voyant ses sœurs discuter entre elles, que souvent le langage verbal dit une chose alors que le langage du corps en dit une autre&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998|isbn=}}, {{p.|38}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. {{citation|Elles pouvaient dire « oui » et penser « non » en même temps ... j'ai commencé à étudier le langage non verbal et le langage corporel}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA47&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|isbn=}}, {{p.|47}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses efforts pour se rééduquer l'amènent à redécouvrir par lui-même beaucoup des phénomènes classiques de l'hypnose et la manière de les utiliser à des fins thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;. Erickson raconte : {{citation|Je ne pouvais même pas dire où se trouvaient mes bras et mes jambes dans mon lit. C'est ainsi que j'ai passé des heures à essayer de localiser ma main, mon pied, ou mes orteils, en guettant la moindre sensation, et je suis devenu particulièrement attentif à ce que sont les mouvements}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;ATHT2&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=}}, p.2&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il passe aussi des heures entières à observer sa plus jeune sœur apprendre à marcher.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson garde de nombreuses et douloureuses séquelles physiques de la polio. Conscient qu'il ne pourra pas devenir fermier, il décide de devenir médecin. En 1921, après onze mois d'entraînement, Erickson est capable de marcher avec des béquilles et s'inscrit parallèlement en médecine et en psychologie à l'[[université du Wisconsin]]. Le 15 juin 1922, avec seulement cinq dollars en poche, Erickson entreprend un périple solitaire de {{formatnum:1200}} miles en canoë à travers les quatre lacs de la région de Madison dans le Wisconsin&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA37&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|isbn=}}, {{p.|37}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il revient de son aventure capable de marcher sans béquilles et de porter son canoë sur son dos, ses cinq dollars toujours en poche. En 1923, Erickson se marie pour la première fois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premières expériences avec l'hypnose ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1923 et 1924, Erickson, alors étudiant en troisième année de médecine, participe au séminaire sur l'hypnose organisé à l'université du Wisconsin par Clark L. Hull, un des pères fondateurs avec Jean Leguirec de la psychologie expérimentale et des théories de l'apprentissage aux États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.5&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est avec Hull que prend naissance l'application de la méthode expérimentale à l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 97&amp;lt;/ref&amp;gt;. Hull cherche à appliquer au domaine de l'hypnose une méthodologie stricte et reprend le fameux débat entre [[suggestion]] (École de Nancy Nancy) et état modifié de conscience (École de la Salpêtrière)&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984|isbn=}}, p. 98&amp;lt;/ref&amp;gt;. La plupart des expériences de Hull se concentrent sur la question de la suggestibilité. Prenant parti en faveur de l'École de Nancy, il ne mentionne jamais aucune base physiologique pour cet état particulier que serait l'hypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au printemps de 1923, Hull manifeste de l'intérêt pour le travail expérimental d'Erickson sur l'hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p. 172&amp;lt;/ref&amp;gt; et lui propose de poursuivre ses recherches pendant l'été et d'en faire le compte rendu en septembre devant le séminaire de troisième cycle sur l'hypnose que doit organiser le département de psychologie&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Erickson, il s'agit probablement du premier cours officiel de troisième cycle sur l'hypnose organisé aux États-Unis.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Erickson met vite en doute la conviction de Hull selon laquelle l'opérateur, à travers ce qu'il dit et fait au sujet, est beaucoup plus important que les processus comportementaux internes du sujet sous hypnose&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.6&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique également {{citation|texte=l'acharnement de Hull à instaurer une « technique standard » pour l'induction}}&amp;lt;/ref&amp;gt; sans tenir compte des différences individuelles entre les sujets. En octobre 1923, Erickson décide de mener ses propres recherches et commence à développer diverses techniques d'induction hypnotique permissive et indirecte&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.19&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les expériences menées par Erickson déplaisent à Hull, qui a l'impression qu'il ne tient pas assez compte de l'importance des suggestions et de la suggestibilité&amp;lt;/ref&amp;gt;. De son côté, Erickson s'oppose à Hull pour qui un sujet hypnotisé perçoit et ressent la réalité qui l'entoure de la même manière que lorsqu'il n'est pas hypnotisé&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.47&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'Erickson s'éloigne de Hull, il obtient le soutien d'autres professeurs, parmi lesquels le psychologue Joseph Jastrow]et le neurologue Hans Rees, qui avait beaucoup utilisé l'hypnose dans l'armée allemande durant la Première Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980|isbn=}}, p.49&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1928, Erickson obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise de psychologie au ''Colorado general hospital''&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|isbn=}}, {{p.|16}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est ensuite stagiaire en psychiatrie au ''Colorado psychopathic hospital'', où on lui interdit de mentionner l'hypnose, puis médecin assistant au ''State Hospital for Mental Diseases'' à Howard ([[Rhode Island]]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Premiers articles sur l'hypnose ===&lt;br /&gt;
D'avril [[1930]] à [[1934]], il est médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de [[Worcester (Massachusetts)|Worcester]] dans le [[Massachusetts]]. C'est à cette époque qu'il est autorisé officiellement à reprendre ses recherches en hypnose et qu'il publie son premier article sur le sujet&amp;lt;ref&amp;gt;« À propos d'éventuels effets préjudiciables de l'hypnose expérimentale », ''The American Journal of Abnormal and Social Psychology'', 1932, p.312-327&amp;lt;/ref&amp;gt;. En [[1933]], après dix ans de vie commune, Erickson se sépare de sa femme et obtient la garde de leurs trois enfants, Lance, Bert et Carol. En [[1934]] il devient directeur de la recherche psychiatrique à l'[[hôpital psychiatrique]] ''Eloise'', aussi appelé ''[[Comté de Wayne (Michigan)|Wayne County]] Hospital'', dans le [[Michigan]]. Cette même année, lors d'une réunion scientifique, il rencontre Elisabeth Moore, « Betty », alors étudiante en psychologie à l'université du Comté de Wayne, qui devient son assistante de recherche durant l'été [[1935]]&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, p.6.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En [[1936]], Elisabeth devient psychologue et se marie avec Erickson&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, p.7.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils ont ensemble cinq enfants (Betty Alice, Allan, Bobby, Roxie et Kristina). Elisabeth fait elle-même une carrière de psychologue et reste sa compagne et sa collaboratrice jusqu'à la fin de sa vie. Betty Erickson est connue pour avoir développé l'induction « spirale des sens » en autohypnose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est dans le Michigan qu'Erickson réalise la plupart de ses expériences sur l'hypnose, notamment celles concernant la [[surdité]] hypnotique et le [[daltonisme]] hypnotique&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998}}, p.43&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également à cette époque que le [[psychothérapeute]] et [[Neurologie|neurologue]] [[Lawrence Kubie]] commence à s'intéresser aux travaux d'Erickson et qu'ils publient ensemble plusieurs articles dans la revue ''Psychoanalytic quarterly''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== La Seconde Guerre mondiale et la cybernétique ===&lt;br /&gt;
De [[1939]] à [[1948]], Erickson est directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique ''Eloise''. À partir de [[1940]], il travaille pour le gouvernement des États-Unis dans le cadre de l'effort de guerre à une recherche sur la structure de personnalité [[japon]]aise et les effets de la propagande [[nazisme|nazie]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;CLR43&amp;quot; /&amp;gt;. C'est dans ce contexte qu'il rencontre le couple d'[[Anthropologie|anthropologues]] [[Gregory Bateson]] et [[Margaret Mead]]. Ces derniers le consultent à propos des processus de [[transe]] qu'ils ont pu observer dans leur travail de terrain à [[Bali]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Pendant la guerre, il est également chargé d'évaluer les recrues, devant décider en quelques minutes de leur aptitude psychique à rejoindre l'armée&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA41&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.|41}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 13 mai 1942, Kubie invite Erickson à la première [[Conférences Macy|conférence Macy]], organisée pendant deux jours à l'hôtel Beekman de [[New York]] sur le thème de l'« inhibition cérébrale »&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La conférence, organisée par le directeur médical de la fondation Macy, Frank Fremont-Smith, est principalement consacrée à l'[[hypnose]] et aux réflexes conditionnés. Parmi les participants figurent le [[Neuropsychiatrie|neuropsychiatre]] et [[Mathématiques|mathématicien]] [[Warren McCulloch]], le [[Neurophysiologie|neurophysiologiste]] [[Arturo Rosenblueth]], Gregory Bateson et Margaret Mead. Les discussions sont principalement menées par Erickson et par le [[behaviorisme|béhavioriste]] Howard Liddell, spécialiste du [[Conditionnement (psychologie)|conditionnement]] des mammifères&amp;lt;ref name=&amp;quot;TCG14&amp;quot; /&amp;gt;. Cette conférence est à l'origine de l'émergence du mouvement [[cybernétique]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La [[Seconde Guerre mondiale]] contribue en outre à relancer la question de l'hypnose, et en particulier son utilisation souvent efficace dans les [[névrose]]s de combat&amp;lt;ref name=RDLH99&amp;gt;{{ouvrage|id=RDLH|auteur=Léon Chertok (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984}}, {{p.|99}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'automne [[1947]], il se blesse, notamment au visage, lors d'un accident de vélo dû à une collision avec un chien. En raison de ses nombreuses allergies, il décide de se faire administrer un traitement anti-[[tétanos]] par piqûres et dix jours plus tard, il tombe sévèrement malade (maladie sérique). Finalement, au printemps [[1948]], il est hospitalisé à l'hôpital universitaire du [[Michigan]], à [[Ann Arbor]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Le sage de Phoenix ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[1948]], suivant le conseil de ses médecins d'aller vivre dans un endroit [[désert]]ique en raison de ses nombreuses [[allergie]]s, Erickson s'installe à [[Phoenix (Arizona)|Phoenix]], en [[Arizona]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP205&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ALREP|auteur=Jean-Jacques Wittezaele et Teresa Garcia|titre=À la recherche de l'École de Palo Alto|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1992}}, {{p.|205}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Après avoir travaillé un an au sein de l'''Arizona State Hospital'', dirigé par son vieil ami le psychiatre John Larson&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;, il ouvre un cabinet de consultations privées&amp;lt;ref name=I37 /&amp;gt; à son domicile de Cypress Street, une modeste maison de briques. Son cabinet est une petite pièce contiguë à la salle à manger et son salon fait office de salle d'attente&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973}}, {{p.|14}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Étant toujours féru d'enseignement, Erickson commence alors à animer les ''Seminars on Hypnosis'', des [[Séminaire (enseignement)|ateliers]] de formation à l'hypnose qu'il donne à travers tous les [[États-Unis]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA8&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.|8}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En [[1949]], avec l'[[Obstétrique|obstétricien]] [[William Kroger]] et le [[Psychologie|psychologue]] [[André Weitzenhoffer]], il contribue à la création de la ''Society for Clinical and Experimental Hypnosis''. Pendant presque un an, au début des [[Années 1950|années cinquante]], Erickson et [[Aldous Huxley]] consacrent beaucoup de temps à préparer une étude commune sur les différents [[État modifié de conscience|états de conscience]]. Leur projet prend fin lorsqu'un incendie de broussailles détruit la maison de Huxley à [[Los Angeles]] et leurs carnets respectifs pour cette étude&amp;lt;ref&amp;gt;Milton H. Erickson, « À propos de la nature et des caractéristiques de différents états de conscience : une étude avec Aldous Huxley », ''The American journal of clinical hypnosis'', Juillet 1965, 8, {{p.|14-33}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[1950]], une jeune psychiatre, Linn Fenimore Cooper, propose à Erickson de mener avec elle une expérience sur la distorsion du temps en hypnose, partiellement financée par la [[National Advisory Committee for Aeronautics|NACA]] (qui devient la [[National Aeronautics and Space Administration|NASA]] en [[1958]]). Ils publient ensemble les résultats de cette expérience en [[1954]]&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, alors qu'il est âgé de 51 ans, qu'Erickson est une seconde fois victime de la [[Poliomyélite|polio]] sans qu'il soit possible ''a posteriori'' d'établir s'il s'agit d'une aggravation brusque d'un [[Poliomyelite#Syndrome post-polio|syndrome post-polio]] (caractérisé par des douleurs et faiblesses musculaires causées par l'usage systématique de muscles partiellement paralysés&amp;lt;ref name=&amp;quot;CPT1ix&amp;quot; /&amp;gt;{{,}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt;), ou d'une authentique deuxième infection par une souche du [[Poliovirus|virus de la polio]] différente de celle ayant causé la maladie contractée en 1919&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy|lieu=|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967}}, introduction.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cette seconde attaque le laisse encore plus [[handicap]]é qu'auparavant, mais ayant déjà traversé une épreuve similaire, il applique à cette occasion les stratégies qu'il a mises au point pour retrouver sa force musculaire. N'ayant récupéré que partiellement, il est par la suite contraint de se déplacer en [[fauteuil roulant]] et souffre de [[Douleur chronique|douleurs chroniques]] qu'il combat par l'[[autohypnose]] :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Citation|texte=Il me faut en général une heure après le réveil pour me débarrasser complètement de la douleur. Cela m'était plus facile quand j'étais plus jeune : j'ai à présent plus de difficultés dans les muscles et les articulations ... Ces derniers temps, la seule manière que j'ai trouvée de contrôler ma douleur est de m'asseoir dans mon lit, de tirer une chaise à côté et de presser mon larynx sur le dossier de la chaise. C'est très inconfortable, mais cet inconfort je le crée délibérément.}} ({{Citation étrangère|lang=en|It usually takes me an hour after I awaken to get all the pain out. It used to be easier when I was younger. I have more muscle and joint difficulties now... Recently the only way I could get control over the pain was by sitting in bed, pulling a chair close, and pressing my larynx against the back of the chair. That was very uncomfortable: But it was discomfort I was deliberately creating}}.)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Passionné de [[botanique]], Milton Erickson possède une riche collection de [[Cactaceae|cactées]], dont il est particulièrement fier&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA10&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.|10}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En raison de son [[daltonisme]], il n'est capable de reconnaître qu'une seule couleur, le [[pourpre]]. Il possède donc de nombreux vêtements et objets de cette couleur. Il collectionne aussi les sculptures en [[bois de fer]] (le ''palo fierro'', ''Olneya tesota'') des Amérindiens Seri du [[désert de Sonora]], au [[Mexique]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA198&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.|198}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[1953]], Erickson organise un séminaire de week-end sur l'hypnose à [[San Francisco]]. [[Jay Haley]], qui participe à un programme de recherche sur l'étude de la communication dirigé par l'anthropologue Gregory Bateson, manifeste son désir d'y participer et Bateson organise la rencontre&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC13&amp;quot; /&amp;gt;. Le 24 mai 1955, Bateson écrit la lettre suivante à Erickson : {{citation|texte=Cher Milton, Je t'écris parce qu’après bien des péripéties mon projet de recherche semble avoir atteint une position théorique qui nous permet de savoir les questions que nous souhaiterions te poser à propos de l'hypnose. Deux des membres de mon équipe, Jay Haley et John Weakland, ont fait quelques petites expériences avec l’hypnose depuis que Jay a suivi ton séminaire de San Francisco. Il devient plus évident qu'une meilleure connaissance de l’hypnose nous permettrait d’avancer dans notre travail}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=HDPDB|auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.)|titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson|lieu=Paris|éditeur=De Boeck|année=2008}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson se montre intéressé par le projet et, de [[1955]] à [[1960]], Haley et [[John Weakland]] lui rendent souvent visite à [[Phoenix (Arizona)|Phoenix]], où ils passent de longues heures à discuter avec lui de la nature de l'hypnose et à l'observer lorsqu'il travaille avec ses patients&amp;lt;ref name=&amp;quot;UTHDC14&amp;quot; /&amp;gt;. Au cours de cette période, Erickson se rend régulièrement à [[Palo Alto]] pour rencontrer les autres membres du projet, Bateson et le psychiatre [[Donald D. Jackson]]&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[1957]], Erickson fonde l'''American Society of Clinical Hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA19&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}19.&amp;lt;/ref&amp;gt; avec William Kroger en vue de proposer une alternative à l'hypnose « de laboratoire », focalisée sur les généralités plutôt que sur les spécificités de la [[transe]] et de son induction. Pendant dix ans, il est le directeur du journal de l'association, ''The American journal of clinical hypnosis''&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA15&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.}}15.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En [[1970]], Erickson quitte Cypress Street pour s'installer à Hayward Avenue. C'est en [[1973]], à la suite de la publication par Jay Haley de ''Uncommon therapy'', que le nom d'Erickson devient connu du grand public. L'année suivante, Erickson met fin à sa pratique de psychothérapeute&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE&amp;quot; /&amp;gt; et rencontre, par l'intermédiaire de [[Gregory Bateson]], les fondateurs de la [[Programmation neuro-linguistique|PNL]], [[Richard Bandler]], [[John Grinder]] ainsi que Robert Dilts et Stephen Gilligan. Au cours des six dernières années de sa vie, Erickson accueille chez lui de nombreux psychothérapeutes venus du monde entier pour discuter avec eux d'hypnose, de thérapie et de la vie en général, au cours de séances quotidiennes de quatre à cinq heures&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA20&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}20.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En décembre 1980, à Phoenix, a lieu le premier congrès international consacré à Erickson ; cependant celui-ci meurt le 25 mars|1980 d'un choc septique, lié à une infection qui se manifeste sous la forme d'une péritonite&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA17&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, {{p.}}17.&amp;lt;/ref&amp;gt;, six mois avant la tenue de cette manifestation. Le corps d'Erickson est incinéré, et ses cendres sont dispersées sur le mont ''Squaw Peak'' (aujourd'hui appelé ''Piestewa Peak''), où il envoyait souvent ses patients et ses élèves effectuer des tâches thérapeutiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA33&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.}}33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Principaux apports en psychothérapie ==&lt;br /&gt;
=== Méfiance à l'égard des théories psychologiques ===&lt;br /&gt;
Erickson était convaincu qu'aucune théorie psychologique ne pouvait rendre compte de l'infinie diversité des êtres humains. C'est pourquoi il considérait que la manière d'aider une personne à résoudre ses problèmes devait toujours être développée sur mesure, pour pouvoir répondre à ses besoins uniques. Pour lui, les théories sur les manières de penser et de se comporter risquent le plus souvent de nous enfermer dans des perceptions et des attitudes inadéquates&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.|4}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est pourquoi, dans son approche radicalement empirique, il évitait d'utiliser les principes généraux issus de modèles « scientifiques » de psychothérapie et d'hypnose, qui mettent l'accent sur une standardisation de l'approche diagnostique et du mode d'intervention&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA14&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour lui, il n'y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui convient à cette personne particulière en ce moment particulier&amp;lt;ref name=&amp;quot;I38&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, {{p.|38}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son amie, l'anthropologue [[Margaret Mead]], déclare : {{citation|Milton Erickson ne résolvait jamais un problème d'une manière déjà utilisée s'il pouvait en trouver une nouvelle - et généralement il le pouvait}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF4&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977}}, {{p.|4}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Elle souligne que c'est aussi ce qui constituait une barrière pour la transmission de ce qu'il connaissait&amp;lt;ref name=&amp;quot;LFTF5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=Margaret Mead|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977}}, {{p.|5}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Un art de l'observation ===&lt;br /&gt;
Dans son enseignement en psychothérapie, Erickson apprenait à ses élèves à bien observer le patient sans avoir d'idées préconçues sur lui. Il considérait en outre que l'apprentissage de l'hypnose et de l'[[autohypnose]] était un excellent moyen pour le thérapeute de développer ses capacités d'observation. Il soulignait qu'il était lui-même le plus souvent en transe lorsqu'il menait des séances de thérapie. Dans un article publié avec [[Ernest Lawrence Rossi|Ernest Rossi]] en 1977, il déclare : {{citation|texte=quand il y a une question cruciale à propos d'un patient et que je ne veux pas passer à côté du moindre détail, j'entre en transe}}&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980}}, p.146&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, la transe du thérapeute lui permet notamment d'être plus conscient des nombreux messages subliminaux non verbaux que les patients émettent inconsciemment&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, p.40.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson ne voulait pas être considéré comme un gourou ou un magicien. Il insistait sur le fait que tout ce qu'il faisait était le résultat de l'observation attentive de la personne et de la réponse aux communications de cette dernière&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Une conception nouvelle de l'inconscient ===&lt;br /&gt;
Un des apports fondamentaux d'Erickson en psychothérapie est l'idée que l'[[inconscient]] de la personne est une partie bénigne et utile pour elle&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson a une position [[réalisme (philosophie)|réaliste]], au sens philosophique du terme, en ce qui concerne l'inconscient : il croit en son existence réelle&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998}}, p.290&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon sa conception, l'inconscient n'est pas la menace pulsionnelle qui, selon la théorie [[psychanalyse|psychanalytique]], vient perturber la vie consciente et a donc contraint au refoulement. Bien au contraire, pour Erickson, l'inconscient est la source des énergies nouvelles que le patient ignore et auxquelles il devra apprendre à faire une place de plus en plus grande&amp;lt;ref name=&amp;quot;I52&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, p.52.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le souci principal du thérapeute doit être de découvrir ou, mieux encore, de faire découvrir les ressources, ignorées du patient, qui vont lui permettre d'opérer en lui une modification&amp;lt;ref name=&amp;quot;I39&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=I|auteur=François Roustang|titre=Influence|lieu=Paris|éditeur=Minuit|année=1990}}, {{p.|39}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Erickson voit l'inconscient soit comme un sujet agissant, doté de caractéristiques différentes du moi conscient de la personne, soit comme un stock d'apprentissages, véritable réservoir de ressources pour la personne&amp;lt;ref&amp;gt;{{ouvrage|id=CLR|auteur=Thierry Melchior|titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie|lieu=Paris|éditeur=Seuil|année=1998}}, {{p.|410}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette conception de l'inconscient est liée à sa compréhension de l'[[hypnose]], qu'il définit comme {{citation|texte=l'évocation et l'utilisation des apprentissages inconscients}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;MVTA28&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982}}, p.28&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Erickson, chacun a en lui les ressources, la capacité de soulager ses propres souffrances et de résoudre ses problèmes d'une manière qui ne doit pas nécessairement être comprise au niveau cognitif&amp;lt;ref name=&amp;quot;MGA5&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009}}, {{p.|5}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, il n'est pas important que qui que ce soit, même la personne elle-même, comprenne comment les changements se produisent. Il est seulement important qu'ils se produisent. L'inconscient accomplit des faits dont la conscience est incapable, et qu'elle ne conçoit souvent même pas. Mais c'est à condition que la conscience se borne à demander son secours à l'inconscient, sans préjuger ni de la manière, ni du moment qu'il choisira pour agir, et qu'elle s'abstienne entièrement d'interférer avec son action&amp;lt;ref name=&amp;quot;ESTS247&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean-François Billeter|lien auteur=Jean-François Billeter|titre=Études sur [[Tchouang-tseu|Tchouang Tseu]]|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004}}, {{p.|247}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En outre, cela vaut aussi pour le thérapeute. Ainsi, Erickson déclare: {{citation|texte=Quand vous avez un problème avec un patient, vous y réfléchissez, vous trouvez dans votre esprit inconscient comment vous allez régler ce problème.  Puis, deux semaines plus tard, vous dites ce qu'il faut quand il faut.  Mais vous n'avez aucun intérêt à le savoir à l'avance, parce que dès que vous le savez consciemment, vous commencez à vouloir l'améliorer et vous gâchez tout}}&amp;lt;ref name=CPT1150&amp;gt;{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=|éditeur=Satas|année=1980}}, {{p.|150}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== L'approche utilisationnelle ===&lt;br /&gt;
Dans ses supervisions, Erickson insistait sur l'importance d'établir le contact avec le patient sur son propre terrain et de créer des situations dans lesquelles le patient peut prendre conscience de ses propres capacités à modifier sa manière de penser&amp;lt;ref name=&amp;quot;ALREP&amp;quot; /&amp;gt;. En d'autres termes, pour Erickson, {{citation|texte=la première chose à faire en psychothérapie est de ne pas essayer de contraindre l'être humain à modifier sa manière de penser ; il est préférable de créer des situations dans lesquelles l'individu modifiera lui-même volontairement sa façon de penser}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;EE149&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985}}, {{p.|149}}&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, comme le souligne [[John Weakland|Weakland]] dès [[1956]], {{citation|texte=Erickson prend tout comme un mouvement vers lui. Il dit que la résistance est une proposition de jeu ; ce qui veut dire qu’il prend l’aspect positif de tout et l’utilise pour construire une interaction…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Controverses ==&lt;br /&gt;
Le psychiatre [[Donald deAvila Jackson|Don Jackson]], qui étudia et admira le travail de Milton Erickson, n'en est pas moins prudent, voire méfiant, questionnant les motivations d'Erickson et se demandant si les changements qu'il obtenait avec ses patients étaient durables. Ainsi, il déclare: {{citation|texte=Il me semble, lorsque je lis ce qu’il écrit, que sa principale préoccupation c’est de faire la preuve de sa propre habilité à être efficace. Et je trouve que c’est quelque peu différent de chercher à obtenir une certaine gratification à travers la relation, ce que, je pense, la plupart des thérapeutes recherchent plutôt… Je connais la joie de faire quelque chose de brillant ; c’est une magnifique sensation de couper la tête et de la brandir fièrement, mais je ne suis pas sûr qu’avec le temps…}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;HDPDB&amp;quot; /&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un autre ami et collaborateur d'Erickson, le chercheur [[André Weitzenhoffer]], a fait état de nombreuses fois de ses craintes concernant la nature de l'héritage d'Erickson, étant donnée la grande hétérogénéité des praticiens se réclamant de son travail. Il a en particulier critiqué la vision proposée par [[Richard Bandler]] et [[John Grinder]], qu'il juge {{citation|frelatée et parfois fantaisiste}}&amp;lt;ref name=&amp;quot;TPOH&amp;quot;&amp;gt;{{ouvrage|id=TPOH|lang=en|auteur=André Weitzenhoffer|titre=The Practice of Hypnotism|lieu=New York|éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc.|année=1989}}&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Chronologie ==&lt;br /&gt;
&amp;lt;timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
ImageSize  = width:800 height:800&lt;br /&gt;
PlotArea   = left:40 right:10 top:10 bottom:10 &lt;br /&gt;
DateFormat = yyyy&lt;br /&gt;
TimeAxis   = orientation:vertical order:reverse format:yyyy&lt;br /&gt;
Period     = from:1901 till:1980&lt;br /&gt;
AlignBars  = early&lt;br /&gt;
ScaleMajor = unit:year increment:10 start:1901&lt;br /&gt;
ScaleMinor = unit:year increment:1 start:1901&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Colors =&lt;br /&gt;
  id:gray value:gray(0.7)&lt;br /&gt;
  id:lightsteelblue value:rgb(0.418, 0.609, 0.800)&lt;br /&gt;
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Define $dx = 20 # shift text to right side of bar&lt;br /&gt;
Define $right = align:left  shift:(25,-5)&lt;br /&gt;
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PlotData =&lt;br /&gt;
  bar:event width:20 color:gray shift:($dx,-4)&lt;br /&gt;
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  from:start till:end color:lightsteelblue&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  mark:(line,white)&lt;br /&gt;
  at:1901 text:&amp;quot;1901: Naissance à Aurum, Nevada, États-Unis, le 5 décembre.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1919 text:&amp;quot;1919: Milton Erickson contracte la poliomyélite.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1921 text:&amp;quot;1921: Débute ses études en médecine et psychologie à l'université du Wisconsin.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1923 text:&amp;quot;1923: Premier mariage et participation au séminaire sur l'hypnose de Clark L. Hull.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1928 text:&amp;quot;1928: Doctorat en médecine et maîtrise de psychologie.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1936 text:&amp;quot;1936: Mariage avec Elisabeth Moore.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1942 text:&amp;quot;1942: Participe à la première conférence Macy.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1948 text:&amp;quot;1948: Déménage pour Phoenix, Arizona.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1953 text:&amp;quot;1953: Deuxième « attaque de polio ».&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1973 text:&amp;quot;1973: Publication de Uncommon therapy par Jay Haley.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1974 text:&amp;quot;1974: Rencontre avec Bandler et Grinder.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  at:1980 text:&amp;quot;1980: Décès à Phoenix, Arizona, le 25 mars.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
  width:30 fontsize:S textcolor:black&lt;br /&gt;
  from:1930 till:1934 color:gray   $right  text:&amp;quot;1930 – 1934: Médecin-adjoint puis médecin-chef du service de recherche à l'hôpital d'État de Worcester dans le Massachusetts.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1939 till:1948 color:gray   $right  text:&amp;quot;1939 – 1948: Directeur de la recherche et de la formation psychiatrique au sein de l'hôpital psychiatrique Eloise.&amp;quot;&lt;br /&gt;
  from:1955 till:1960 color:gray   $right  text:&amp;quot;1955 – 1960: Rencontres régulières avec Jay Haley et John Weakland.&amp;quot;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
TextData =&lt;br /&gt;
  tabs:(25-left)&lt;br /&gt;
  pos:(100,710)&lt;br /&gt;
  fontsize:6&lt;br /&gt;
  text:&amp;quot; &amp;quot;&lt;br /&gt;
&amp;lt;/timeline&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
{{légende plume}}&lt;br /&gt;
=== Livres de Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TDIH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Linn Fenimore Cooper|titre=Time Distortion in Hypnosis: An Experimental and Clinical Investigation|lieu=Baltimore|éditeur=Williams &amp;amp; Wilkins|année=1954|isbn=1-899836-95-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=TPAMDH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, S. Herschman et I. Secter|titre=The Practical Application of Medical and Dental Hypnosis|année=1961|isbn=0-87630-570-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HR|lang=en|auteur=Milton H. Erickson, Ernest L. Rossi et S. I. Rossi|titre=Hypnotic realities: The clinical hypnosis and forms of indirect suggestions|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1976|isbn=0-8290-0112-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HT|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Hypnotherapy: An exploratory casebook|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1979|isbn=0-8290-0244-8}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT1|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 1 : De la nature de l'hypnose et de la suggestion|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|plume=oui|isbn=0-8290-1206-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT2|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 2 : Altération par l'hypnose des processus sensoriels, perceptifs et psychophysiologiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1207-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT3|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 3 : Étude par l'hypnose des processus psychodynamiques|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1208-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=CPT4|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=L'intégrale des articles de Milton H. Erickson. Tome 4 : Innovations en hypnothérapie|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1980|isbn=0-8290-1209-5}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EH|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=Experiencing Hypnosis|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1981|isbn=0-8290-0246-4}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=FM|lang=en|auteur=Milton H. Erickson et Ernest L. Rossi|titre=The February man: Evolving Consciousness and Identity in Hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner/Mazel|année=1989|isbn=0-4159-9095-5}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés exclusivement à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ATHT|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Advanced Techniques of Hypnosis &amp;amp; Therapy: Selected Papers of Milton H. Erickson, M.D.|lieu=New York|éditeur=Grune &amp;amp; Stratton|année=1967|isbn=0-8089-0169-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=UTHDC|auteur=Jay Haley|titre=Un thérapeute hors du commun : Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1973|plume=oui|isbn=0-3933-1031-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder et Richard Bandler|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 1|lieu=|éditeur=|année=1975|isbn=1-5555-2052-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=John Grinder, Richard Bandler et Judith Delozier|titre=Patterns of the Hypnotic Techniques of Milton H. Erickson, M.D. Vol. 2|lieu=|éditeur=|année=1977|isbn=1-5555-2053-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Un séminaire avec Milton Erickson|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1980|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MVTA|auteur=Sidney Rosen|titre=Ma voix t'accompagnera|lieu=Paris|éditeur=Hommes et Groupes|année=1982|plume=oui|isbn=0-3933-0135-4}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian approaches to hypnosis and psychotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1982|isbn=0-8763-0276-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Ernest L. Rossi, M.O. Ryan et F.A. Sharp|titre=Healing in hypnosis: The seminars, workshops, and lectures of M.H. Erickson|lieu=New York|éditeur=Irvington|année=1983|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Ericksonian psychotherapy: T.1 Structure, T.2 Clinical applications|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EE|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig|titre=Experiencing Erickson: An introduction to the man and his work|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1985|plume=oui|isbn=0-8763-0409-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jay Haley|titre=Conversations with Milton H. Erickson - 3 volumes|lieu=|éditeur=Triangle Books|année=1985|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jean Godin et Jacques-Antoine Malarewicz|titre=Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1986|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=Therapeutic trances: The cooperation principle in Ericksonian hypnotherapy|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1987|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Jeffrey Zeig et Stephen Lankton|titre=Developing Ericksonian therapy: State of the art|lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel|année=1988|isbn=0-8763-0501-X}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=Jacques-Antoine Malarewicz|titre=La stratégie en psychothérapie ou l'Hypnose sans hypnose de Milton H. Erickson|lieu=Paris|éditeur=ESF|année=1988|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|auteur=William H. O'Hanlon et Angela L. Hexum|titre=Thérapies hors du commun: l'œuvre clinique complète du docteur Milton H. Erickson|lieu=|éditeur=Satas|année=1991|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=EHP|auteur=Dominique Megglé|titre=Erickson, Hypnose et Psychothérapie|lieu=Paris|éditeur=Retz|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Stephen Gilligan|titre=The legacy of Milton H. Erickson: Selected papers of Stephen Gilligan|lieu=Phoenix|éditeur=Zeig Tucker Thiesen|année=2002|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|auteur=Betty Alice Erickson, Dan Short et Roxanna Erickson Klein|titre=Hope &amp;amp; Resiliency:Understanding the psychotherapeutic techniques of Milton Erickson|lieu=Williston, Vermont|éditeur=Crown House|année=2005|isbn=}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=MGA|auteur=Betty Alice Erickson et Bradford Keeney|titre=Le Dr. Milton H. Erickson, médecin et guérisseur américain|lieu=|éditeur=Satas|année=2009|plume=oui|isbn=}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Livres consacrés en partie à Milton Erickson ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SDLP |auteur=Jay Haley |titre=Stratégies de la psychothérapie |lieu=Ramonville Saint-Agne |éditeur=érès |année=1963 |isbn=1-8459-0022-7}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=TPOH |lang=en |auteur=André Weitzenhoffer |titre=The Practice of Hypnotism |lieu=New York |éditeur=John Wiley &amp;amp; Sons Inc. |année=1989 |isbn=0-4712-9790-9}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=[[François Roustang]] |titre=Influence |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1990 |isbn=2-7073-1365-3}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |lang=en |auteurs=Jeffrey Zeig et Stephen Gilligan |titre=Brief therapy. Myths, Methods and Metaphors |lieu=New York|éditeur=Brunner Mazel |année=1990}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=ALREP |auteurs=[[Jean-Jacques Wittezaele]] et Teresa Garcia |titre=À la recherche de l'École de Palo Alto |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1992 |isbn=2-0208-9636-2}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=I |auteur=François Roustang |titre=Qu'est-ce que l'hypnose ? |lieu=Paris |éditeur=Minuit |année=1994 |isbn=2-7073-1814-0}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=CLR |auteur=Thierry Melchior |titre=Créer le réel. Hypnose et thérapie |lieu=Paris |éditeur=Seuil |année=1998 |plume=oui}} &lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=SPLH |auteurs=Éric Bonvin et Gérard Salem |titre=Soigner par l'hypnose |lieu=Paris |éditeur=Masson |année=1999 |isbn=2-2940-1408-1}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage |id=HDPDB |auteur=Jean-Jacques Wittezaele (dir.) |titre=La double contrainte. L'héritage des paradoxes de Bateson |lieu=Paris |éditeur=De Boeck |année=2008 |isbn=2-8041-5713-X}}&lt;br /&gt;
*{{Ouvrage |id= |prénom1=Jean |nom1=Godin |titre=La Nouvelle Hypnose |oclc=300660838 |sous-titre=vocabulaire, principes et méthode : introduction à l'hypnothérapie éricksonienne |lieu=Paris |pages totales=457 |éditeur=Albin Michel |année=1992 |collection=Idées}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres ouvrages utilisés pour la rédaction de cet article ===&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=HES|auteur=[[Wilhelm Wundt]]|titre=Hypnotisme et suggestion|lieu=|éditeur=Félix Alcan|année=1892}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=HAS|auteur=[[Clark Leonard Hull]]|titre=Hypnosis and suggestibility|lieu=New York|éditeur=|année=1933}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=LFTF|auteur=[[Margaret Mead]]|titre=Letters from the field|lieu=New York|éditeur=Harper &amp;amp; Row|année=1977}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=RDLH|auteur=[[Léon Chertok]] (dir.)|titre=Résurgence de l'hypnose|lieu=|éditeur=Desclée de Brouwer|année=1984}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|lang=en|id=TCG|auteur=Steve J. Heims|titre=The Cybernetics Group|lieu=Cambridge|éditeur=MIT Press|année=1991}}&lt;br /&gt;
*{{ouvrage|id=ESTS|auteur=Jean François Billeter|lien auteur=Jean François Billeter|titre=Études sur Tchouang-tseu|lieu=Paris|éditeur=Allia|année=2004}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Notes et références ==&lt;br /&gt;
{{Références}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Voir aussi ==&lt;br /&gt;
=== Articles connexes ===&lt;br /&gt;
* ''[[Autobiographie d'un amour]]'', roman d'[[Alexandre Jardin]] paru en 1999 qui s'inspire des thèses de Milton Erickson&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Liens externes ===&lt;br /&gt;
*  [http://www.erickson-foundation.org/ La fondation Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://asch.net/ L'association américaine d'hypnose clinique]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnobusters.com/articles/miltonerickson.html Article sur Milton Erickson]&lt;br /&gt;
*  [http://www.hypnose-ericksonienne.org/ Actualité de l'hypnose ericksonienne, Confédération francophone hypnose et thérapies brèves]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Erickson]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Erickson]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4841</id>
		<title>Noam Chomsky</title>
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		<updated>2020-02-17T00:39:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11 mai 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky : My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés ? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p. 246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, p. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration)&amp;lt;ref&amp;gt;« For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge.... &amp;quot;» (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism : Lessons from Kosovo'', Common Courage Press - ''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz : A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now !'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article 475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;Emmanuel Todd, ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage ». L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm, Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-02-002732-1)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020050730)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020027402)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020027488)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre Jean Piaget et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-02-005273-3)&amp;lt;/small&amp;gt; : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par Jacques Monod regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2080810464)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'', trad. Richard Crevier et Alain Kihm, Paris, Stock, 2005, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-234-05804-X)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2228882690)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', Éditions Agone, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-7489-0139-9)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous ? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782895962304)&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec Edward Herman, Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2862970522)&amp;lt;/small&amp;gt;, 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', Acratie, 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', Éditions Spartacus, 1984, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2902963084)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', L'Herne, 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', Écosociété, 1996, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782921561280)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', Éditions Agone, 1998, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2910846083)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://agone.revues.org/index236.html&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2923165101)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613236)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 284485057X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''De l'espoir en l'avenir : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', Éditions Agone, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2910846865)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://agone.revues.org/index242.html&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', Éditions Sulliver, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 291119974X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec Naomi Klein, Jean Bricmont et Anne Morelli Aden, 2001 &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2960027329)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec Ramsey Clark, Edward W. Said, Le Serpent à plumes, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613473)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2921561611)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613511)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2213615691)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2213616434)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2844851320)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', Éditions Agone, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2748900375)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Dominer le monde ou sauver la planète ?'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 226404229X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2923165195)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', Le mot et le reste, coll. « Attitudes », 2007, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-9153-7839-9)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec Gilbert Achcar, Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec Edward Herman, Éditions Agone, 2008, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748900729)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', Éditions Agone, 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748901214)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', Raisons d'agir, 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-912107-57-2)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-7605-2452-1)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe sciècle'', Lux Éditeur, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-89596-104-8)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', Éditions Agone, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748901559)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851974525)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Avec André Vltchek ''L’Occident terroriste'', Montréal, Écosociété, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'', 1977, Flammarion, coll. « Champs », 1992, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-08-081261-0)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2912485126)&amp;lt;/small&amp;gt;. http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec Normand Baillargeon et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 226403761X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842614356)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''Understanding Power : The Indispensable Chomsky'', éditions New Press, New York, 2002, p. XIII + p. 416, -&amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 1565847032), (LCCN 2001034298)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, 202 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-9304-020-3-2), (pas de notice BNF)&amp;lt;/small&amp;gt; ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 217 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-930402-20-2), (BNF 40132724p)&amp;lt;/small&amp;gt; ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 319 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-930402-31-8), (BNF 409301943)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec Michel Foucault, L'Herne, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec Ilan Pappé et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec Jean Bricmont, L'Herne, coll. « Carnets », 2009, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851979070)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec Normand Baillargeon, L'Herne, coll. « Carnets », 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851979308)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748902044)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, 300 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-0-87286-533-4)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de La Vieille Taupe au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de Robert Faurisson (1980).  http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
Nim Chimpsky, célèbre chimpanzé auquel on a essayé d'apprendre la langue des signes, a été baptisé à partir d'un jeu de mots sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p. 534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en anglais. Ce singe est l'objet du documentaire ''Le Projet Nim'' (2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  », boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0631200215)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect : A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''L'Herne''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers n° 88&lt;br /&gt;
 | auteur      = Jean Bricmont et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-919176-69-4)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Peter Collier et David Horowitz (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 189355497X)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0415285674)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 3406541119)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 1-84046-589-1)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9780745618883)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2, 2005. http://erea.revues.org/index562.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-8107-0080-6)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0521546885)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* Solomon Marcus, « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), p. 7-21. http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique : Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, p. 129–153, http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical ? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, p. 553–568, http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order : Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, p. 587–604, http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky : Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf, p. 317-326&lt;br /&gt;
* Larry Portis, « Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française », L'Homme et la société, 1997, volume 123, n° 123-124, p. 166-171, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* 1992 : ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' de Mark Achbar et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* 2003 : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror : Noam Chomsky in Our Times)'' de John Junkerman (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* 2003 : ''Noam Chomsky : Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* 2003 : ''The Corporation'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* 2008 : ''Chomsky et Cie'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* 2009 : ''Chomsky et le Pouvoir'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* 2013 : ''Conversation animée avec Noam Chomsky'', film français de Michel Gondry, documentaire partiellement animé&lt;br /&gt;
* 2015 : ''Requiem for the American Dream''&amp;lt;ref&amp;gt;PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM, http://requiemfortheamericandream.com/, site : requiemfortheamericandream.com, consulté le 31 mai 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par Peter D. Hutchison, Kelly Nyks, et Jared P. Scott&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* Opinions politiques de Noam Chomsky&lt;br /&gt;
* Linguistique générative&lt;br /&gt;
* Grammaire générative et transformationnelle&lt;br /&gt;
* Grammaire universelle&lt;br /&gt;
* Grammaire formelle&lt;br /&gt;
* Hiérarchie de Chomsky des langages formels&lt;br /&gt;
* Acquisition du langage&lt;br /&gt;
* Sciences cognitives&lt;br /&gt;
* Computationnalisme&lt;br /&gt;
* ''Nouvelle gauche (New Left)''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Autres projets&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* http://www.chomsky.info/ Site officiel.&lt;br /&gt;
* http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive'', site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky.&lt;br /&gt;
* http://www.chomsky.fr chomsky.fr, une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » », entretien paru dans la revue ''Médias'', n° 17, juin 2008.&lt;br /&gt;
* http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action », conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au Collège de France le 28 mai 2010.&lt;br /&gt;
* http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky », ''Prospect'', 20 novembre 2005, article suivi d'une réponse de Chomsky (http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/) et d'une ultime réplique du journaliste Oliver Kamm (http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/).&lt;br /&gt;
* http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky », article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4840</id>
		<title>Noam Chomsky</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4840"/>
		<updated>2020-02-17T00:36:41Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11 mai 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky : My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés ? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p. 246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, p. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration)&amp;lt;ref&amp;gt;« For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge.... &amp;quot;» (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism : Lessons from Kosovo'', Common Courage Press - ''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz : A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now !'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article 475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;Emmanuel Todd, ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage ». L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm, Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-02-002732-1)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020050730)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020027402)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020027488)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre Jean Piaget et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-02-005273-3)&amp;lt;/small&amp;gt; : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par Jacques Monod regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2080810464)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'', trad. Richard Crevier et Alain Kihm, Paris, Stock, 2005, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-234-05804-X)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2228882690)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', Éditions Agone, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-7489-0139-9)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous ? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782895962304)&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec Edward Herman, Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2862970522)&amp;lt;/small&amp;gt;, 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', Acratie, 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', Éditions Spartacus, 1984, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2902963084)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', L'Herne, 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', Écosociété, 1996, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782921561280)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', Éditions Agone, 1998, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2910846083)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://agone.revues.org/index236.html&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2923165101)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613236)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 284485057X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''De l'espoir en l'avenir : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', Éditions Agone, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2910846865)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://agone.revues.org/index242.html&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', Éditions Sulliver, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 291119974X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec Naomi Klein, Jean Bricmont et Anne Morelli Aden, 2001 &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2960027329)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec Ramsey Clark, Edward W. Said, Le Serpent à plumes, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613473)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2921561611)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613511)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2213615691)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2213616434)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2844851320)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', Éditions Agone, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2748900375)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Dominer le monde ou sauver la planète ?'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 226404229X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2923165195)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', Le mot et le reste, coll. « Attitudes », 2007, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-9153-7839-9)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec Gilbert Achcar, Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec Edward Herman, Éditions Agone, 2008, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748900729)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', Éditions Agone, 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748901214)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', Raisons d'agir, 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-912107-57-2)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-7605-2452-1)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe sciècle'', Lux Éditeur, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-89596-104-8)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', Éditions Agone, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748901559)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851974525)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Avec André Vltchek ''L’Occident terroriste'', Montréal, Écosociété, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'', 1977, Flammarion, coll. « Champs », 1992, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-08-081261-0)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2912485126)&amp;lt;/small&amp;gt;. http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec Normand Baillargeon et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 226403761X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842614356)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''Understanding Power : The Indispensable Chomsky'', éditions New Press, New York, 2002, p. XIII + p. 416, -&amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 1565847032), (LCCN 2001034298)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, 202 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-9304-020-3-2), (pas de notice BNF)&amp;lt;/small&amp;gt; ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 217 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-930402-20-2), (BNF 40132724p)&amp;lt;/small&amp;gt; ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 319 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-930402-31-8), (BNF 409301943)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec Michel Foucault, L'Herne, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec Ilan Pappé et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec Jean Bricmont, L'Herne, coll. « Carnets », 2009, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851979070)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec Normand Baillargeon, L'Herne, coll. « Carnets », 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851979308)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748902044)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, 300 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-0-87286-533-4)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de La Vieille Taupe au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de Robert Faurisson (1980).  http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
Nim Chimpsky, célèbre chimpanzé auquel on a essayé d'apprendre la langue des signes, a été baptisé à partir d'un jeu de mots sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p. 534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en anglais. Ce singe est l'objet du documentaire ''Le Projet Nim'' (2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  », boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0631200215)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect : A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''L'Herne''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers n° 88&lt;br /&gt;
 | auteur      = Jean Bricmont et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-919176-69-4)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Peter Collier et David Horowitz (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 189355497X)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0415285674)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 3406541119)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 1-84046-589-1)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9780745618883)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2, 2005. http://erea.revues.org/index562.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-8107-0080-6)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0521546885)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* Solomon Marcus, « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), p. 7-21. http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique : Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, p. 129–153, http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical ? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, p. 553–568, http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order : Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, p. 587–604, http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky : Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf, p. 317-326&lt;br /&gt;
* Larry Portis, « Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française », L'Homme et la société, 1997, volume 123, n° 123-124, p. 166-171, http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* 1992 : ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' de Mark Achbar et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* 2003 : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror : Noam Chomsky in Our Times)'' de John Junkerman (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* 2003 : ''Noam Chomsky : Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* 2003 : ''The Corporation'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* 2008 : ''Chomsky et Cie'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* 2009 : ''Chomsky et le Pouvoir'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* 2013 : ''Conversation animée avec Noam Chomsky'', film français de Michel Gondry, documentaire partiellement animé&lt;br /&gt;
* 2015 : ''Requiem for the American Dream''&amp;lt;ref&amp;gt;PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM, http://requiemfortheamericandream.com/, site : requiemfortheamericandream.com, consulté le 31 mai 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par Peter D. Hutchison, Kelly Nyks, et Jared P. Scott&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* Opinions politiques de Noam Chomsky&lt;br /&gt;
* Linguistique générative&lt;br /&gt;
* Grammaire générative et transformationnelle&lt;br /&gt;
* Grammaire universelle&lt;br /&gt;
* Grammaire formelle&lt;br /&gt;
* Hiérarchie de Chomsky des langages formels&lt;br /&gt;
* Acquisition du langage&lt;br /&gt;
* Sciences cognitives&lt;br /&gt;
* Computationnalisme&lt;br /&gt;
* ''Nouvelle gauche (New Left)''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
Autres projets&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky&lt;br /&gt;
* http://www.chomsky.info/ Site officiel&lt;br /&gt;
* http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive'', site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky&lt;br /&gt;
* http://www.chomsky.fr chomsky.fr, une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » », entretien paru dans la revue ''Médias'', n° 17, juin 2008&lt;br /&gt;
* http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action », conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au Collège de France le 28 mai 2010&lt;br /&gt;
* http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky », ''Prospect'', 20 novembre 2005, article suivi d'une réponse de Chomsky (http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/) et d'une ultime réplique du journaliste Oliver Kamm (http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/)&lt;br /&gt;
* http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky », article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4839</id>
		<title>Noam Chomsky</title>
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		<updated>2020-02-17T00:14:33Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11 mai 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky : My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés ? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p. 246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, p. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration)&amp;lt;ref&amp;gt;« For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge.... &amp;quot;» (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism : Lessons from Kosovo'', Common Courage Press - ''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz : A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now !'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article 475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;Emmanuel Todd, ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage ». L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm, Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-02-002732-1)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020050730)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020027402)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2020027488)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre Jean Piaget et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-02-005273-3)&amp;lt;/small&amp;gt; : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par Jacques Monod regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2080810464)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'', trad. Richard Crevier et Alain Kihm, Paris, Stock, 2005, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-234-05804-X)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2228882690)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', Éditions Agone, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-7489-0139-9)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous ? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782895962304)&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec Edward Herman, Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2862970522)&amp;lt;/small&amp;gt;, 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', Acratie, 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', Éditions Spartacus, 1984, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2902963084)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', L'Herne, 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', Écosociété, 1996, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782921561280)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', Éditions Agone, 1998, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2910846083)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://agone.revues.org/index236.html&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2923165101)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613236)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 284485057X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''De l'espoir en l'avenir : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', Éditions Agone, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2910846865)&amp;lt;/small&amp;gt;, http://agone.revues.org/index242.html&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', Éditions Sulliver, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 291119974X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec Naomi Klein, Jean Bricmont et Anne Morelli Aden, 2001 &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2960027329)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec Ramsey Clark, Edward W. Said, Le Serpent à plumes, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613473)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2921561611)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842613511)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2213615691)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2213616434)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2844851320)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', Éditions Agone, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2748900375)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Dominer le monde ou sauver la planète ?'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 226404229X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2923165195)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', Le mot et le reste, coll. « Attitudes », 2007, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-9153-7839-9)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec Gilbert Achcar, Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec Edward Herman, Éditions Agone, 2008, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748900729)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', Éditions Agone, 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748901214)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', Raisons d'agir, 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-912107-57-2)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-7605-2452-1)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe sciècle'', Lux Éditeur, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-89596-104-8)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', Éditions Agone, 2011, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748901559)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851974525)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Avec André Vltchek ''L’Occident terroriste'', Montréal, Écosociété, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'', 1977, Flammarion, coll. « Champs », 1992, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-08-081261-0)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2912485126)&amp;lt;/small&amp;gt;. http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec Normand Baillargeon et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 226403761X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2842614356)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''Understanding Power : The Indispensable Chomsky'', éditions New Press, New York, 2002, p. XIII + p. 416, -&amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 1565847032), (LCCN 2001034298)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, 202 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-9304-020-3-2), (pas de notice BNF)&amp;lt;/small&amp;gt; ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 217 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-930402-20-2), (BNF 40132724p)&amp;lt;/small&amp;gt; ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 319 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 2-930402-31-8), (BNF 409301943)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec Michel Foucault, L'Herne, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec Ilan Pappé et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec Jean Bricmont, L'Herne, coll. « Carnets », 2009, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851979070)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec Normand Baillargeon, L'Herne, coll. « Carnets », 2010, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782851979308)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9782748902044)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, 300 p., &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-0-87286-533-4)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de La Vieille Taupe au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de Robert Faurisson (1980).  http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
Nim Chimpsky, célèbre chimpanzé auquel on a essayé d'apprendre la langue des signes, a été baptisé à partir d'un jeu de mots sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p. 534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en anglais. Ce singe est l'objet du documentaire ''Le Projet Nim'' (2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  », boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0631200215)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect : A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''L'Herne''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers n° 88&lt;br /&gt;
 | auteur      = Jean Bricmont et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-919176-69-4)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Peter Collier et David Horowitz (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 189355497X)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0415285674)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 3406541119)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 1-84046-589-1)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9780745618883)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2, 2005. http://erea.revues.org/index562.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-8107-0080-6)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0521546885)&amp;lt;/small&amp;gt;.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* Solomon Marcus, « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), p. 7-21. http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique: Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, p. 129–153. http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, p. 553–568. http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order: Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}587–604. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky: Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''[[Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas]]'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, [https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf pp. 317-326]. {{pdf}}&lt;br /&gt;
* {{Article|auteur=Larry Portis|journal=L'Homme et la société|année=1997|volume=123|numéro=123-124|pages=166-171|titre=Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française|url=http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[1992 au cinéma|1992]] : ''[[Chomsky, les médias et les illusions nécessaires]]'' de [[Mark Achbar]] et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror: Noam Chomsky in Our Times)'' de [[John Junkerman]] (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky: Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''[[The Corporation]]'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* [[2008 au cinéma|2008]] : ''[[Chomsky et Cie]]'', film documentaire français de Olivier Azam et [[Daniel Mermet]]&lt;br /&gt;
* [[2009 au cinéma|2009]] : ''[[Chomsky et le Pouvoir]]'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* [[2013 au cinéma|2013]] : ''[[Conversation animée avec Noam Chomsky]]'', film français de [[Michel Gondry]], documentaire partiellement [[Cinéma d'animation|animé]]&lt;br /&gt;
* [[2015 au cinéma|2015]] : ''[[Requiem for the American Dream]]''&amp;lt;ref&amp;gt;{{Lien web|titre=- PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM|url=http://requiemfortheamericandream.com/|site=requiemfortheamericandream.com|consulté le=2016-05-31}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par [[Peter D. Hutchison]], [[Kelly Nyks]], et [[Jared P. Scott]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* [[Opinions politiques de Noam Chomsky]]&lt;br /&gt;
* [[Linguistique générative]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire générative et transformationnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire universelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire formelle]]&lt;br /&gt;
* [[Hiérarchie de Chomsky]] des langages formels&lt;br /&gt;
* [[Acquisition du langage]]&lt;br /&gt;
* [[Sciences cognitives]]&lt;br /&gt;
* [[Computationnalisme]]&lt;br /&gt;
* ''[[Nouvelle gauche (New Left)|New Left]]''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|commons=Noam Chomsky|wikiquote=Noam Chomsky|wikinews=Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky}}&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.info/ Site officiel]&lt;br /&gt;
* [http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive''], site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.fr chomsky.fr], une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* [http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » »], entretien paru dans la revue ''Médias'', {{numéro}}17, juin 2008&lt;br /&gt;
* [http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action »], conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au [[Collège de France]] le 28 mai 2010&lt;br /&gt;
* [http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky »], ''[[Prospect (magazine)|Prospect]]'', 20 novembre 2005, article suivi d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/ réponse] de Chomsky et d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/ ultime réplique] du journaliste Oliver Kamm&lt;br /&gt;
* [http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky »], article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<title>Noam Chomsky</title>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11 mai 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky : My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés ? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p. 246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, p. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration)&amp;lt;ref&amp;gt;« For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge.... &amp;quot;» (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism : Lessons from Kosovo'', Common Courage Press - ''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz : A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now !'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article 475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;Emmanuel Todd, ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage ». L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm, Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, (ISBN 2-02-002732-1)&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, (ISBN 2020050730)&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, (ISBN 2020027402)&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, (ISBN 2020027488)&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre Jean Piaget et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, (ISBN 2-02-005273-3) : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par Jacques Monod regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, (ISBN 2080810464)&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'', trad. Richard Crevier et Alain Kihm, Paris, Stock, 2005, (ISBN 2-234-05804-X), http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, (ISBN 2228882690)&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', Éditions Agone, 2011, (ISBN 978-2-7489-0139-9)&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous ? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, (ISBN 9782895962304) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec Edward Herman, Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, (ISBN 2862970522), 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', Acratie, 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', Éditions Spartacus, 1984, (ISBN 2902963084)&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', L'Herne, 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', Écosociété, 1996, (ISBN 9782921561280)&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', Éditions Agone, 1998, (ISBN 2910846083), http://agone.revues.org/index236.html&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, (ISBN 2923165101)&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, (ISBN 2842613236)&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, (ISBN 284485057X)&lt;br /&gt;
* ''De l'espoir en l'avenir : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', Éditions Agone, 2001, (ISBN 2910846865), http://agone.revues.org/index242.html&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', Éditions Sulliver, 2001, (ISBN 291119974X)&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec Naomi Klein, Jean Bricmont et Anne Morelli Aden, 2001 (ISBN 2960027329)&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec Ramsey Clark, Edward W. Said, Le Serpent à plumes, 2002, (ISBN 2842613473)&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, (ISBN 2921561611)&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, (ISBN 2842613511)&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, (ISBN 2213615691)&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, (ISBN 2213616434)&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, (ISBN 2844851320)&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', Éditions Agone, 2004, (ISBN 2748900375)&lt;br /&gt;
* ''Dominer le monde ou sauver la planète ?'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, (ISBN 226404229X)&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, (ISBN 2923165195)&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', Le mot et le reste, coll. « Attitudes », 2007, (ISBN 978-2-9153-7839-9)&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec Gilbert Achcar, Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec Edward Herman, Éditions Agone, 2008, (ISBN 9782748900729). &lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', Éditions Agone, 2010, (ISBN 9782748901214)&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', Raisons d'agir, 2010, (ISBN 978-2-912107-57-2)&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, (ISBN 978-2-7605-2452-1)&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe sciècle'', Lux Éditeur, 2011, (ISBN 978-2-89596-104-8)&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', Éditions Agone, 2011, (ISBN 9782748901559)&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, (ISBN 9782851974525)&lt;br /&gt;
* Avec André Vltchek ''L’Occident terroriste'', Montréal, Écosociété, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'', 1977, Flammarion, coll. « Champs », 1992, (ISBN 2-08-081261-0)&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, (ISBN 2912485126), http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec Normand Baillargeon et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, (ISBN 226403761X)&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, (ISBN 2842614356)&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''Understanding Power : The Indispensable Chomsky'', éditions New Press, New York, 2002, p. XIII + p. 416, -(ISBN 1565847032), (LCCN 2001034298).&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, 202 p., (ISBN 2-9304-020-3-2), (pas de notice BNF) ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 217 p., (ISBN 2-930402-20-2), (BNF 40132724p) ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, 319 p., (ISBN 2-930402-31-8), (BNF 409301943).&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec Michel Foucault, L'Herne, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec Ilan Pappé et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec Jean Bricmont, L'Herne, coll. « Carnets », 2009, (ISBN 9782851979070)&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec Normand Baillargeon, L'Herne, coll. « Carnets », 2010, (ISBN 9782851979308)&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, (ISBN 9782748902044)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, 300 p., (ISBN 978-0-87286-533-4)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de La Vieille Taupe au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de Robert Faurisson (1980),  http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
Nim Chimpsky, célèbre chimpanzé auquel on a essayé d'apprendre la langue des signes, a été baptisé à partir d'un jeu de mots sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p. 534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en anglais. Ce singe est l'objet du documentaire ''Le Projet Nim'' (2011).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  », boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0631200215)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect : A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''L'Herne''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers n° 88&lt;br /&gt;
 | auteur      = Jean Bricmont et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-919176-69-4)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Peter Collier et David Horowitz (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 189355497X)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0415285674)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 3406541119}}&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 1-84046-589-1)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 9780745618883)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2, 2005. http://erea.revues.org/index562.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 978-2-8107-0080-6)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, &amp;lt;small&amp;gt;(ISBN 0521546885)&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* Solomon Marcus, « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), p. 7-21. http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique: Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, p. 129–153. http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, p. 553–568. http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order: Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}587–604. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky: Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''[[Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas]]'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, [https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf pp. 317-326]. {{pdf}}&lt;br /&gt;
* {{Article|auteur=Larry Portis|journal=L'Homme et la société|année=1997|volume=123|numéro=123-124|pages=166-171|titre=Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française|url=http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[1992 au cinéma|1992]] : ''[[Chomsky, les médias et les illusions nécessaires]]'' de [[Mark Achbar]] et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror: Noam Chomsky in Our Times)'' de [[John Junkerman]] (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky: Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''[[The Corporation]]'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* [[2008 au cinéma|2008]] : ''[[Chomsky et Cie]]'', film documentaire français de Olivier Azam et [[Daniel Mermet]]&lt;br /&gt;
* [[2009 au cinéma|2009]] : ''[[Chomsky et le Pouvoir]]'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* [[2013 au cinéma|2013]] : ''[[Conversation animée avec Noam Chomsky]]'', film français de [[Michel Gondry]], documentaire partiellement [[Cinéma d'animation|animé]]&lt;br /&gt;
* [[2015 au cinéma|2015]] : ''[[Requiem for the American Dream]]''&amp;lt;ref&amp;gt;{{Lien web|titre=- PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM|url=http://requiemfortheamericandream.com/|site=requiemfortheamericandream.com|consulté le=2016-05-31}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par [[Peter D. Hutchison]], [[Kelly Nyks]], et [[Jared P. Scott]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* [[Opinions politiques de Noam Chomsky]]&lt;br /&gt;
* [[Linguistique générative]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire générative et transformationnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire universelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire formelle]]&lt;br /&gt;
* [[Hiérarchie de Chomsky]] des langages formels&lt;br /&gt;
* [[Acquisition du langage]]&lt;br /&gt;
* [[Sciences cognitives]]&lt;br /&gt;
* [[Computationnalisme]]&lt;br /&gt;
* ''[[Nouvelle gauche (New Left)|New Left]]''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|commons=Noam Chomsky|wikiquote=Noam Chomsky|wikinews=Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky}}&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.info/ Site officiel]&lt;br /&gt;
* [http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive''], site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.fr chomsky.fr], une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* [http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » »], entretien paru dans la revue ''Médias'', {{numéro}}17, juin 2008&lt;br /&gt;
* [http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action »], conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au [[Collège de France]] le 28 mai 2010&lt;br /&gt;
* [http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky »], ''[[Prospect (magazine)|Prospect]]'', 20 novembre 2005, article suivi d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/ réponse] de Chomsky et d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/ ultime réplique] du journaliste Oliver Kamm&lt;br /&gt;
* [http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky »], article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
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		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11 mai 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky : My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés ? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p. 246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, p. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration)&amp;lt;ref&amp;gt;« For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge.... &amp;quot;» (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism : Lessons from Kosovo'', Common Courage Press - ''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz : A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now !'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article 475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;Emmanuel Todd, ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage ». L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm, Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, (ISBN 2-02-002732-1)&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, (ISBN 2020050730)&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, (ISBN 2020027402)&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, (ISBN 2020027488)&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre Jean Piaget et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, (ISBN 2-02-005273-3) : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par Jacques Monod regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, (ISBN 2080810464)&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'', trad. Richard Crevier et Alain Kihm, Paris, Stock, 2005, (ISBN 2-234-05804-X), http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, (ISBN 2228882690)&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', Éditions Agone, 2011, (ISBN 978-2-7489-0139-9)&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous ? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, (ISBN 9782895962304) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec Edward Herman, Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, (ISBN 2862970522), 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', Acratie, 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', Éditions Spartacus, 1984, (ISBN 2902963084)&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', L'Herne, 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', Écosociété, 1996, (ISBN 9782921561280)&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', Éditions Agone, 1998, (ISBN 2910846083), http://agone.revues.org/index236.html&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, (ISBN 2923165101)&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, (ISBN 2842613236)&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, (ISBN 284485057X)&lt;br /&gt;
* ''De l'espoir en l'avenir : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', Éditions Agone, 2001, (ISBN 2910846865), http://agone.revues.org/index242.html&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', Éditions Sulliver, 2001, (ISBN 291119974X)&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec Naomi Klein, Jean Bricmont et Anne Morelli Aden, 2001 (ISBN 2960027329)&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec Ramsey Clark, Edward W. Said, Le Serpent à plumes, 2002, (ISBN 2842613473)&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, (ISBN 2921561611)&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, (ISBN 2842613511)&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, (ISBN 2213615691)&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, (ISBN 2213616434)&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, (ISBN 2844851320)&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', Éditions Agone, 2004, (ISBN 2748900375)&lt;br /&gt;
* ''Dominer le monde ou sauver la planète ?'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, (ISBN 226404229X)&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, (ISBN 2923165195)&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', Le mot et le reste, coll. « Attitudes », 2007, (ISBN 978-2-9153-7839-9)&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec Gilbert Achcar, Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec Edward Herman, Éditions Agone, 2008, (ISBN 9782748900729). &lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', Éditions Agone, 2010, (ISBN 9782748901214)&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', Raisons d'agir, 2010, (ISBN 978-2-912107-57-2)&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, (ISBN 978-2-7605-2452-1)&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe sciècle'', Lux Éditeur, 2011, (ISBN 978-2-89596-104-8)&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', Éditions Agone, 2011, (ISBN 9782748901559)&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, (ISBN 9782851974525)&lt;br /&gt;
* Avec André Vltchek ''L’Occident terroriste'', Montréal, Écosociété, 2015&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'', 1977, Flammarion, coll. « Champs », 1992, (ISBN 2-08-081261-0)&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec Denis Robert et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, {{ISBN|2912485126}} {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html}}&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec [[Normand Baillargeon]] et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, {{ISBN|226403761X}}&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, {{ISBN|2842614356}}&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''{{lang|en|Understanding Power : The Indispensable Chomsky}}'', éditions New Press, New York, 2002, {{nobr|xiii + 416 p.}}, {{ISBN|1565847032}}, {{LCCN|2001034298}}.&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, {{nobr|202 p.}}, {{ISBN|2-9304-020-3-2}}, [pas de notice BNF] ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|217 p.}}, {{ISBN|2-930402-20-2}}, {{BNF|40132724p}} ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|319 p.}}, {{ISBN|2-930402-31-8}}, {{BNF|409301943}}.&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec [[Michel Foucault]], [[L'Herne]], 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec [[Ilan Pappé]] et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec [[Jean Bricmont]], L'Herne, coll. « Carnets », 2009, {{ISBN|9782851979070}}&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec [[Normand Baillargeon]], L'Herne, coll. « Carnets », 2010, {{ISBN|9782851979308}}&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, {{ISBN|9782748902044}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, nobr300 p., {{ISBN|978-0-87286-533-4}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de La Vieille Taupe au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de Robert Faurisson (1980). [lien=http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
[[Nim Chimpsky]], célèbre [[chimpanzé]] auquel on a essayé d'apprendre la langue des signes, a été baptisé à partir d'un [[jeu de mots]] sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p. 534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en [[anglais]]. Ce singe est l'objet du documentaire ''Le Projet Nim'' (2011 au cinéma|2011)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  »], boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, {{ISBN|0631200215}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect: A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''[[L'Herne]]''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers {{numéro}}88&lt;br /&gt;
 | auteur      = [[Jean Bricmont]] et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. {{Lire en ligne|lien=http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, {{ISBN|978-2-919176-69-4}}.&lt;br /&gt;
* Peter Collier et [[David Horowitz]] (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, {{ISBN|189355497X}}.&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002. {{ISBN|0415285674}}.&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, {{ISBN|3406541119}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, {{ISBN|1-84046-589-1}}.&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 {{ISBN|9780745618883}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2 | 2005. {{Lire en ligne|lien=http://erea.revues.org/index562.html}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. {{ISBN|978-2-8107-0080-6}}&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, {{ISBN|0521546885}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* [[Solomon Marcus]], « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), {{p.}} 7-21.{{Lire en ligne|lien=http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique: Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, {{p.}}129–153. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}553–568. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order: Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}587–604. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky: Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''[[Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas]]'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, [https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf pp. 317-326]. {{pdf}}&lt;br /&gt;
* {{Article|auteur=Larry Portis|journal=L'Homme et la société|année=1997|volume=123|numéro=123-124|pages=166-171|titre=Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française|url=http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[1992 au cinéma|1992]] : ''[[Chomsky, les médias et les illusions nécessaires]]'' de [[Mark Achbar]] et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror: Noam Chomsky in Our Times)'' de [[John Junkerman]] (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky: Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''[[The Corporation]]'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* [[2008 au cinéma|2008]] : ''[[Chomsky et Cie]]'', film documentaire français de Olivier Azam et [[Daniel Mermet]]&lt;br /&gt;
* [[2009 au cinéma|2009]] : ''[[Chomsky et le Pouvoir]]'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* [[2013 au cinéma|2013]] : ''[[Conversation animée avec Noam Chomsky]]'', film français de [[Michel Gondry]], documentaire partiellement [[Cinéma d'animation|animé]]&lt;br /&gt;
* [[2015 au cinéma|2015]] : ''[[Requiem for the American Dream]]''&amp;lt;ref&amp;gt;{{Lien web|titre=- PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM|url=http://requiemfortheamericandream.com/|site=requiemfortheamericandream.com|consulté le=2016-05-31}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par [[Peter D. Hutchison]], [[Kelly Nyks]], et [[Jared P. Scott]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* [[Opinions politiques de Noam Chomsky]]&lt;br /&gt;
* [[Linguistique générative]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire générative et transformationnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire universelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire formelle]]&lt;br /&gt;
* [[Hiérarchie de Chomsky]] des langages formels&lt;br /&gt;
* [[Acquisition du langage]]&lt;br /&gt;
* [[Sciences cognitives]]&lt;br /&gt;
* [[Computationnalisme]]&lt;br /&gt;
* ''[[Nouvelle gauche (New Left)|New Left]]''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|commons=Noam Chomsky|wikiquote=Noam Chomsky|wikinews=Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky}}&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.info/ Site officiel]&lt;br /&gt;
* [http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive''], site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.fr chomsky.fr], une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* [http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » »], entretien paru dans la revue ''Médias'', {{numéro}}17, juin 2008&lt;br /&gt;
* [http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action »], conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au [[Collège de France]] le 28 mai 2010&lt;br /&gt;
* [http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky »], ''[[Prospect (magazine)|Prospect]]'', 20 novembre 2005, article suivi d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/ réponse] de Chomsky et d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/ ultime réplique] du journaliste Oliver Kamm&lt;br /&gt;
* [http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky »], article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4836</id>
		<title>Noam Chomsky</title>
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		<updated>2020-02-16T22:47:00Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11 mai 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky : My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés ? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p. 246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, p. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration)&amp;lt;ref&amp;gt;« For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge.... &amp;quot;» (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.)&amp;lt;/ref&amp;gt;. Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism : Lessons from Kosovo'', Common Courage Press - ''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz : A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now !'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article 475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;Emmanuel Todd, ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage ». L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm, Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, ISBN 2-02-002732-1)&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, (ISBN 2020050730)&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, ISBN 2020027402) &amp;lt;small&amp;gt;[[Référence:Aspects de la théorie syntaxique (Noam Chomsky)|[références]]]&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, (ISBN 2020027488)&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre [[Jean Piaget]] et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, (ISBN 2-02-005273-3) : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par [[Jacques Monod]] regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, (ISBN 2080810464)&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'' ; trad. Richard Crevier et Alain Kihm. Paris : Stock, 2005. (ISBN 2-234-05804-X). {{Lire en ligne|lien=http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html}} (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, (ISBN 2228882690)&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', [[Éditions Agone|Agone]], 2011, (ISBN 978-2-7489-0139-9)&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, (ISBN 9782895962304) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec [[Edward Herman]], Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, {{ISBN|2862970522}}, 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', [[Acratie (éditions)|Acratie]], 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', [[Éditions Spartacus|Spartacus]], 1984, {{ISBN|2902963084}}&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', [[L'Herne]], 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', [[Écosociété]], 1996, {{ISBN|9782921561280}}&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', [[Éditions Agone|Agone]], 1998, {{ISBN|2910846083}} {{Lire en ligne|lien=http://agone.revues.org/index236.html}}&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, {{ISBN|2923165101}}&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, {{ISBN|2842613236}}&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, {{ISBN|284485057X}}&lt;br /&gt;
* ''[[De l'espoir en l'avenir]] : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', [[Éditions Agone|Agone]], 2001, {{ISBN|2910846865}} {{Lire en ligne|lien=http://agone.revues.org/index242.html}}&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', [[Éditions Sulliver]], 2001, {{ISBN|291119974X}}&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec [[Naomi Klein]], [[Jean Bricmont]] et [[Anne Morelli]], Aden, 2001 {{ISBN|2960027329}}&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec [[Ramsey Clark]], [[Edward W. Said]], Le Serpent à plumes, 2002, {{ISBN|2842613473}}&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, {{ISBN|2921561611}}&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, {{ISBN|2842613511}}&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, {{ISBN|2213615691}}&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, {{ISBN|2213616434}}&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, {{ISBN|2844851320}})&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', [[Éditions Agone|Agone]], 2004, {{ISBN|2748900375}}&lt;br /&gt;
* ''[[Dominer le monde ou sauver la planète ?]]'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, {{ISBN|226404229X}})&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, {{ISBN|2923165195}}&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', [[Le mot et le reste]], coll. « Attitudes », 2007, {{ISBN|978-2-9153-7839-9}}&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec [[Gilbert Achcar]], Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec [[Edward Herman]], [[Éditions Agone|Agone]], 2008, {{ISBN|9782748900729}}. Voir [[modèle de propagande]].&lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', [[Éditions Agone|Agone]], 2010, {{ISBN|9782748901214}}&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', [[Liber-Raisons d'agir]], Raisons d'agir, 2010, {{ISBN|978-2-912107-57-2}}&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, {{ISBN|978-2-7605-2452-1}}&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe S'', [[Lux Éditeur]], 2011, {{ISBN|978-2-89596-104-8}}&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', [[Éditions Agone|Agone]], 2011, {{ISBN|9782748901559}}&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, {{ISBN|9782851974525}}.&lt;br /&gt;
* Avec [[André Vltchek]], ''L’Occident terroriste'', Montréal, [[Écosociété]], 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'' [1977], Flammarion, coll. « Champs », 1992, {{ISBN|2-08-081261-0}}&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec [[Denis Robert]] et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, {{ISBN|2912485126}} {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html}}&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec [[Normand Baillargeon]] et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, {{ISBN|226403761X}}&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, {{ISBN|2842614356}}&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''{{lang|en|Understanding Power : The Indispensable Chomsky}}'', éditions New Press, New York, 2002, {{nobr|xiii + 416 p.}}, {{ISBN|1565847032}}, {{LCCN|2001034298}}.&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, {{nobr|202 p.}}, {{ISBN|2-9304-020-3-2}}, [pas de notice BNF] ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|217 p.}}, {{ISBN|2-930402-20-2}}, {{BNF|40132724p}} ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|319 p.}}, {{ISBN|2-930402-31-8}}, {{BNF|409301943}}.&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec [[Michel Foucault]], [[L'Herne]], 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec [[Ilan Pappé]] et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec [[Jean Bricmont]], L'Herne, coll. « Carnets », 2009, {{ISBN|9782851979070}}&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec [[Normand Baillargeon]], L'Herne, coll. « Carnets », 2010, {{ISBN|9782851979308}}&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, {{ISBN|9782748902044}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, nobr300 p., {{ISBN|978-0-87286-533-4}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de [[La Vieille Taupe]] au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de [[Robert Faurisson]] (1980). [lien=http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
[[Nim Chimpsky]], célèbre [[chimpanzé]] auquel on a essayé d'apprendre la [[langue des signes]], a été baptisé à partir d'un [[jeu de mots]] sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p.534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en [[anglais]]. Ce singe est l'objet du documentaire ''[[Le Projet Nim]]'' ([[2011 au cinéma|2011]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  »], boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, {{ISBN|0631200215}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect: A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''[[L'Herne]]''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers {{numéro}}88&lt;br /&gt;
 | auteur      = [[Jean Bricmont]] et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. {{Lire en ligne|lien=http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, {{ISBN|978-2-919176-69-4}}.&lt;br /&gt;
* Peter Collier et [[David Horowitz]] (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, {{ISBN|189355497X}}.&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002. {{ISBN|0415285674}}.&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, {{ISBN|3406541119}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, {{ISBN|1-84046-589-1}}.&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 {{ISBN|9780745618883}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2 | 2005. {{Lire en ligne|lien=http://erea.revues.org/index562.html}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. {{ISBN|978-2-8107-0080-6}}&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, {{ISBN|0521546885}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* [[Solomon Marcus]], « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), {{p.}} 7-21.{{Lire en ligne|lien=http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique: Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, {{p.}}129–153. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}553–568. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order: Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}587–604. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky: Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''[[Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas]]'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, [https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf pp. 317-326]. {{pdf}}&lt;br /&gt;
* {{Article|auteur=Larry Portis|journal=L'Homme et la société|année=1997|volume=123|numéro=123-124|pages=166-171|titre=Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française|url=http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[1992 au cinéma|1992]] : ''[[Chomsky, les médias et les illusions nécessaires]]'' de [[Mark Achbar]] et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror: Noam Chomsky in Our Times)'' de [[John Junkerman]] (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky: Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''[[The Corporation]]'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* [[2008 au cinéma|2008]] : ''[[Chomsky et Cie]]'', film documentaire français de Olivier Azam et [[Daniel Mermet]]&lt;br /&gt;
* [[2009 au cinéma|2009]] : ''[[Chomsky et le Pouvoir]]'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* [[2013 au cinéma|2013]] : ''[[Conversation animée avec Noam Chomsky]]'', film français de [[Michel Gondry]], documentaire partiellement [[Cinéma d'animation|animé]]&lt;br /&gt;
* [[2015 au cinéma|2015]] : ''[[Requiem for the American Dream]]''&amp;lt;ref&amp;gt;{{Lien web|titre=- PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM|url=http://requiemfortheamericandream.com/|site=requiemfortheamericandream.com|consulté le=2016-05-31}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par [[Peter D. Hutchison]], [[Kelly Nyks]], et [[Jared P. Scott]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* [[Opinions politiques de Noam Chomsky]]&lt;br /&gt;
* [[Linguistique générative]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire générative et transformationnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire universelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire formelle]]&lt;br /&gt;
* [[Hiérarchie de Chomsky]] des langages formels&lt;br /&gt;
* [[Acquisition du langage]]&lt;br /&gt;
* [[Sciences cognitives]]&lt;br /&gt;
* [[Computationnalisme]]&lt;br /&gt;
* ''[[Nouvelle gauche (New Left)|New Left]]''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|commons=Noam Chomsky|wikiquote=Noam Chomsky|wikinews=Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky}}&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.info/ Site officiel]&lt;br /&gt;
* [http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive''], site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.fr chomsky.fr], une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* [http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » »], entretien paru dans la revue ''Médias'', {{numéro}}17, juin 2008&lt;br /&gt;
* [http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action »], conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au [[Collège de France]] le 28 mai 2010&lt;br /&gt;
* [http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky »], ''[[Prospect (magazine)|Prospect]]'', 20 novembre 2005, article suivi d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/ réponse] de Chomsky et d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/ ultime réplique] du journaliste Oliver Kamm&lt;br /&gt;
* [http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky »], article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4835</id>
		<title>Noam Chomsky</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4835"/>
		<updated>2020-02-16T21:59:14Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11 mai 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky: My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambre à gaz|chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p.246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, pp. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;.Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration) : « For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge....&amp;quot; (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.) ». Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism: Lessons from Kosovo'', Common Courage Press -''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz: A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now!'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;[[Emmanuel Todd]], ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage »&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, ISBN 2-02-002732-1)&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, (ISBN 2020050730)&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, ISBN 2020027402) &amp;lt;small&amp;gt;[[Référence:Aspects de la théorie syntaxique (Noam Chomsky)|[références]]]&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, (ISBN 2020027488)&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre [[Jean Piaget]] et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, (ISBN 2-02-005273-3) : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par [[Jacques Monod]] regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, (ISBN 2080810464)&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'' ; trad. Richard Crevier et Alain Kihm. Paris : Stock, 2005. (ISBN 2-234-05804-X). {{Lire en ligne|lien=http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html}} (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, (ISBN 2228882690)&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', [[Éditions Agone|Agone]], 2011, (ISBN 978-2-7489-0139-9)&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, (ISBN 9782895962304) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec [[Edward Herman]], Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, {{ISBN|2862970522}}, 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', [[Acratie (éditions)|Acratie]], 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', [[Éditions Spartacus|Spartacus]], 1984, {{ISBN|2902963084}}&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', [[L'Herne]], 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', [[Écosociété]], 1996, {{ISBN|9782921561280}}&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', [[Éditions Agone|Agone]], 1998, {{ISBN|2910846083}} {{Lire en ligne|lien=http://agone.revues.org/index236.html}}&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, {{ISBN|2923165101}}&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, {{ISBN|2842613236}}&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, {{ISBN|284485057X}}&lt;br /&gt;
* ''[[De l'espoir en l'avenir]] : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', [[Éditions Agone|Agone]], 2001, {{ISBN|2910846865}} {{Lire en ligne|lien=http://agone.revues.org/index242.html}}&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', [[Éditions Sulliver]], 2001, {{ISBN|291119974X}}&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec [[Naomi Klein]], [[Jean Bricmont]] et [[Anne Morelli]], Aden, 2001 {{ISBN|2960027329}}&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec [[Ramsey Clark]], [[Edward W. Said]], Le Serpent à plumes, 2002, {{ISBN|2842613473}}&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, {{ISBN|2921561611}}&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, {{ISBN|2842613511}}&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, {{ISBN|2213615691}}&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, {{ISBN|2213616434}}&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, {{ISBN|2844851320}})&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', [[Éditions Agone|Agone]], 2004, {{ISBN|2748900375}}&lt;br /&gt;
* ''[[Dominer le monde ou sauver la planète ?]]'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, {{ISBN|226404229X}})&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, {{ISBN|2923165195}}&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', [[Le mot et le reste]], coll. « Attitudes », 2007, {{ISBN|978-2-9153-7839-9}}&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec [[Gilbert Achcar]], Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec [[Edward Herman]], [[Éditions Agone|Agone]], 2008, {{ISBN|9782748900729}}. Voir [[modèle de propagande]].&lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', [[Éditions Agone|Agone]], 2010, {{ISBN|9782748901214}}&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', [[Liber-Raisons d'agir]], Raisons d'agir, 2010, {{ISBN|978-2-912107-57-2}}&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, {{ISBN|978-2-7605-2452-1}}&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe S'', [[Lux Éditeur]], 2011, {{ISBN|978-2-89596-104-8}}&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', [[Éditions Agone|Agone]], 2011, {{ISBN|9782748901559}}&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, {{ISBN|9782851974525}}.&lt;br /&gt;
* Avec [[André Vltchek]], ''L’Occident terroriste'', Montréal, [[Écosociété]], 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'' [1977], Flammarion, coll. « Champs », 1992, {{ISBN|2-08-081261-0}}&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec [[Denis Robert]] et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, {{ISBN|2912485126}} {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html}}&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec [[Normand Baillargeon]] et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, {{ISBN|226403761X}}&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, {{ISBN|2842614356}}&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''{{lang|en|Understanding Power : The Indispensable Chomsky}}'', éditions New Press, New York, 2002, {{nobr|xiii + 416 p.}}, {{ISBN|1565847032}}, {{LCCN|2001034298}}.&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, {{nobr|202 p.}}, {{ISBN|2-9304-020-3-2}}, [pas de notice BNF] ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|217 p.}}, {{ISBN|2-930402-20-2}}, {{BNF|40132724p}} ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|319 p.}}, {{ISBN|2-930402-31-8}}, {{BNF|409301943}}.&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec [[Michel Foucault]], [[L'Herne]], 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec [[Ilan Pappé]] et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec [[Jean Bricmont]], L'Herne, coll. « Carnets », 2009, {{ISBN|9782851979070}}&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec [[Normand Baillargeon]], L'Herne, coll. « Carnets », 2010, {{ISBN|9782851979308}}&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, {{ISBN|9782748902044}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, nobr300 p., {{ISBN|978-0-87286-533-4}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de [[La Vieille Taupe]] au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de [[Robert Faurisson]] (1980). [lien=http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
[[Nim Chimpsky]], célèbre [[chimpanzé]] auquel on a essayé d'apprendre la [[langue des signes]], a été baptisé à partir d'un [[jeu de mots]] sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p.534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en [[anglais]]. Ce singe est l'objet du documentaire ''[[Le Projet Nim]]'' ([[2011 au cinéma|2011]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  »], boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, {{ISBN|0631200215}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect: A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''[[L'Herne]]''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers {{numéro}}88&lt;br /&gt;
 | auteur      = [[Jean Bricmont]] et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. {{Lire en ligne|lien=http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, {{ISBN|978-2-919176-69-4}}.&lt;br /&gt;
* Peter Collier et [[David Horowitz]] (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, {{ISBN|189355497X}}.&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002. {{ISBN|0415285674}}.&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, {{ISBN|3406541119}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, {{ISBN|1-84046-589-1}}.&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 {{ISBN|9780745618883}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2 | 2005. {{Lire en ligne|lien=http://erea.revues.org/index562.html}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. {{ISBN|978-2-8107-0080-6}}&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, {{ISBN|0521546885}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* [[Solomon Marcus]], « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), {{p.}} 7-21.{{Lire en ligne|lien=http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique: Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, {{p.}}129–153. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}553–568. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order: Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}587–604. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky: Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''[[Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas]]'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, [https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf pp. 317-326]. {{pdf}}&lt;br /&gt;
* {{Article|auteur=Larry Portis|journal=L'Homme et la société|année=1997|volume=123|numéro=123-124|pages=166-171|titre=Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française|url=http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[1992 au cinéma|1992]] : ''[[Chomsky, les médias et les illusions nécessaires]]'' de [[Mark Achbar]] et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror: Noam Chomsky in Our Times)'' de [[John Junkerman]] (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky: Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''[[The Corporation]]'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* [[2008 au cinéma|2008]] : ''[[Chomsky et Cie]]'', film documentaire français de Olivier Azam et [[Daniel Mermet]]&lt;br /&gt;
* [[2009 au cinéma|2009]] : ''[[Chomsky et le Pouvoir]]'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* [[2013 au cinéma|2013]] : ''[[Conversation animée avec Noam Chomsky]]'', film français de [[Michel Gondry]], documentaire partiellement [[Cinéma d'animation|animé]]&lt;br /&gt;
* [[2015 au cinéma|2015]] : ''[[Requiem for the American Dream]]''&amp;lt;ref&amp;gt;{{Lien web|titre=- PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM|url=http://requiemfortheamericandream.com/|site=requiemfortheamericandream.com|consulté le=2016-05-31}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par [[Peter D. Hutchison]], [[Kelly Nyks]], et [[Jared P. Scott]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* [[Opinions politiques de Noam Chomsky]]&lt;br /&gt;
* [[Linguistique générative]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire générative et transformationnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire universelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire formelle]]&lt;br /&gt;
* [[Hiérarchie de Chomsky]] des langages formels&lt;br /&gt;
* [[Acquisition du langage]]&lt;br /&gt;
* [[Sciences cognitives]]&lt;br /&gt;
* [[Computationnalisme]]&lt;br /&gt;
* ''[[Nouvelle gauche (New Left)|New Left]]''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|commons=Noam Chomsky|wikiquote=Noam Chomsky|wikinews=Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky}}&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.info/ Site officiel]&lt;br /&gt;
* [http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive''], site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.fr chomsky.fr], une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* [http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » »], entretien paru dans la revue ''Médias'', {{numéro}}17, juin 2008&lt;br /&gt;
* [http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action »], conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au [[Collège de France]] le 28 mai 2010&lt;br /&gt;
* [http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky »], ''[[Prospect (magazine)|Prospect]]'', 20 novembre 2005, article suivi d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/ réponse] de Chomsky et d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/ ultime réplique] du journaliste Oliver Kamm&lt;br /&gt;
* [http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky »], article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Référence}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
[[Catégorie:Pages]][[Catégorie:Personnalités|Chomsky]][[Catégorie:Personnalités liées à la PNL|Chomsky]]&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
	</entry>
	<entry>
		<id>https://www.wikipnl.fr/index.php?title=Noam_Chomsky&amp;diff=4834</id>
		<title>Noam Chomsky</title>
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		<updated>2020-02-16T21:49:47Z</updated>

		<summary type="html">&lt;p&gt;Evelyne LERNER : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;{{DEFAULTSORT:Chomsky}}&lt;br /&gt;
{{Modèle:Infobox Personne |Image= Noam Chomsky.jpg|Upricht =&amp;lt;!--pour régler la taille de l'image, valeur entre 0 et 1--&amp;gt; |Légende= |Date de naissance= 7 déc. 1928|Lieu de naissance=&amp;lt;br/&amp;gt;Philadelphie (États-Unis)|Date de décès= |Lieu de décès= |Nationalité= USA|Etude= |Profession= Linguiste|Travaux= Fondateur de la &amp;lt;br/&amp;gt;grammaire générative &amp;lt;br/&amp;gt;et transformationnelle}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Noam Chomsky'''&amp;lt;ref&amp;gt;De son nom complet Avram Noam Chomsky.&amp;lt;/ref&amp;gt;, né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, est un linguiste et philosophe américain. Professeur émérite de linguistique au Massachusetts Institute of Technology où il a enseigné toute sa carrière&amp;lt;ref&amp;gt;[http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Page personnelle de Chomsky sur le site du Massachusetts Institute of Technology (biographie et bibliographie)&amp;lt;/ref&amp;gt;, il a fondé la linguistique générative. Il s'est fait connaître du grand public, à la fois dans son pays et à l'étranger&amp;lt;ref&amp;gt;Samantha Power écrivait dans le ''New York Times'' en 2004 : « Noam Chomsky is a global phenomenon [...] he may be the most widely read American voice on foreign policy on the planet today. » (http://www.nytimes.com/2004/01/04/books/the-everything-explainer.html « The Everything Explainer », 4 janvier 2004)&amp;lt;/ref&amp;gt;, par son parcours d'intellectuel engagé, de tendance anarchiste.&amp;lt;ref&amp;gt;« Noam Chomsky est le plus connu des anarchistes contemporains ; il est aussi l'un des plus célèbres intellectuels vivants » écrit le Québécois Normand Baillargeon dans ''L'Ordre moins le pouvoir. Histoire et actualité de l'anarchisme'', Éditions Agone, coll. « Éléments », 2008, p. 82.&amp;lt;/ref&amp;gt; &amp;lt;ref&amp;gt;Paul McLaughlin, ''Anarchism and authority : a philosophical introduction to classical anarchism'', Ashgate Publishing, Ltd., 2007, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a commencé à développer sa théorie de la grammaire générative et transformationnelle dans les années 1950 en cherchant à dépasser aussi bien l'approche structuraliste, distributionnaliste que comportementaliste dans l'étude du langage nature. Visant à rendre compte des structures innées de la « faculté de langage », cette théorie est souvent décrite comme la contribution la plus importante dans le domaine de la linguistique théorique du XXe siècle et on a parfois parlé de « révolution chomskienne »&amp;lt;ref&amp;gt;Voir par exemple Randy Allen Harris, ''The Linguistics Wars'', Oxford University Press, 1995.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux critiques développées dans les années 1970 envers son premier modèle, Chomsky a proposé au début des années 1980 une nouvelle version de sa théorie fondée sur une approche modulaire. Il a ensuite jeté les bases, au cours des années 1990, de ce qu'il a appelé le « programme minimaliste ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les recherches de Chomsky ont joué un rôle crucial dans ce que l'on appelle la « révolution cognitive ». Sa critique du ''Verbal Behavior'' (« comportement verbal ») de Burrhus F. Skinner en 1959 a remis en question l'approche comportementale de l'étude de l'esprit et du langage, qui dominait dans les années 1950. Son approche naturaliste de l'étude du langage a également rencontré un grand écho en philosophie du langage et de l'esprit&amp;lt;ref&amp;gt;Chomsky has been a direct participant in several key philosophical debates in the last half century, taking issue with interlocutors such as Quine, Donald Davidson, Hilary Putnam, Saul Kripke, and John Searle on the nature of language and mind dans Aloysius Martinich, David Sosa, ''A companion to analytic philosophy'', Wiley-Blackwell, 2001, p. 419.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également établi la hiérarchie de Chomsky, moyen de classification des langages formels en fonction de leur pouvoir de génération.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En parallèle de sa carrière scientifique, Noam Chomsky mène une intense activité militante depuis le milieu des années 1960 lorsqu'il prend publiquement position contre la guerre du Viêt Nam. Sympathisant du mouvement anarcho-syndicaliste et membre du syndicat IWW (Industrial Workers of the World), il donne une multitude de conférences un peu partout dans le monde et publie de nombreux livres et articles dans lesquels il fait part de ses analyses historiques, sociales et politiques. Ses critiques portent tout particulièrement sur la politique étrangère des États-Unis et le fonctionnement des médias de masse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1992, d'après l'''Arts and Humanities Citation Index'', Chomsky est plus souvent cité qu'aucun autre universitaire vivant pendant la période 1980–92. Il occupe la huitième position dans la liste des auteurs les plus cités&amp;lt;ref&amp;gt;« Chomsky is Citation Champ », Massachusetts Institute of Technology, News Office, 15 avril 1992. http://web.mit.edu/newsoffice/1992/citation-0415.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;According to a recent survey by the Institute for Scientific Information, only Marx, Lenin, Shakespeare, Aristotle, the Bible, Plato, and Freud are cited more often in academic journals than Chomsky, who edges out Hegel and Cicero rapporte Hughes Samuel dans « Speech! », ''The Pennsylvania Gazette'', juillet/août 2001. http://www.chomsky.info/onchomsky/200107--.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Judged in terms of the power, range, novelty and influence of his thought, Noam Chomsky is arguably the most important intellectual alive today. He is also a disturbingly divided intellectual. écrit Paul Robinson dans « The Chomsky Problem », ''The New York Times'', 25 février 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Eugene Garfield, Chomsky fait partie des dix auteurs les plus cités dans le monde au XXe siècle entre 1976 et 1983 (voir Eugene Garfield, http://www.garfield.library.upenn.edu/essays/v9p381y1986.pdf « The 250 Most-Cited Authors in the Arts &amp;amp; Humanities Citation Index », ''Essays of an Information Scientist'', 1986, Vol 9, p. 381).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est considéré comme une figure &lt;br /&gt;
intellectuelle majeure du monde contemporain, à la fois controversée et admirée&amp;lt;ref&amp;gt;Matt Dellinger, « Sounds and Sites: Noam Chomsky », ''The New Yorker'', 31 mars 2003. http://www.newyorker.com/archive/2003/03/31/030331on_onlineonly02.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Gisèle Sapiro souligne que Noam Chomsky incarne aux États-Unis « la figure de l'intellectuel critique universaliste » (« Modèles d'intervention politique des intellectuels. Le cas français », ''Actes de la recherche en sciences sociales'', n° 176-177, mars 2009, p. 31}.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;Le journaliste Jean-Luc Porquet souligne que Chomsky « est un des intellectuels critiques les plus lus, écoutés et discutés au monde » (« Contre l'enfumage », ''Le Canard enchaîné'', 26 novembre 2008, p. 5).&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Biographie ==&lt;br /&gt;
Le ''Ray and Maria Stata Center'' dans lequel Chomsky possède son bureau d'''Institute Professor'' au sein du département de « linguistique et philosophie » du Massachusetts Institute of Technology.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky est né à Philadelphie, en Pennsylvanie le 7 décembre 1928. Son père, William Chomsky, est un spécialiste de l'hébreu qui avait fui la Russie en 1913&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Sa mère Elsie, née Simonofsky aux États-Unis, enseigne également l'hébreu. Noam grandit « immergé dans la culture, l'érudition et les traditions du judaïsme et de l'hébreu ».&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 22.&amp;lt;/ref&amp;gt;. À l'âge de huit ou neuf ans, Chomsky passe chaque vendredi soir à lire de la littérature hébraïque avec son père&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/20020322.htm Interview de Chomsky à Berkeley (2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il est scolarisé avant l'âge de deux ans dans une école d'inspiration deweyite gérée par l'université Temple, l'Oak Lane Country Day School, école dont le principe d'évaluation est fondé principalement sur la créativité – individuelle et collective – des élèves&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 26.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y reste jusqu'à l'âge de douze ans puis retrouve le système scolaire classique en entrant à l'école secondaire centrale de Philadelphie dont le climat de compétition interpersonnelle le consterne&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 33.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Selon ses souvenirs, Chomsky écrit son premier article pour le journal de son école en 1939 au sujet de la menace de l'expansion du fascisme après la chute de Barcelone pendant la guerre d'Espagne ; il est bouleversé par cette défaite et l'écrasement final des mouvements anarcho-syndicalistes, comme celle du Parti ouvrier d'unification marxiste (POUM)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 27.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au début de l'adolescence, il entre en contact avec les idées anarchistes&amp;lt;ref&amp;gt;D'après une interview accordée à Amy Goodman dans l'émission ''Democracy Now !'' le 26 novembre 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt; en fréquentant notamment le kiosque à journaux que tient l'un de ses oncles, bossu, mêlé au milieu du crime organisé&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.youtube.com/watch?v=TjIGPD-6QBk La Fabrication du consentement, 0:31:50.&amp;lt;/ref&amp;gt; à New York et qui forme une sorte de salon politico-littéraire très vivant où se retrouvaient des intellectuels et des professions libérales&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Au cours de ses excursions new-yorkaises, il se retrouve souvent dans les locaux du journal anarchiste ''Freie Arbeiter Stimme'' dont l'un des plus importants collaborateurs est Rudolf Rocker&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 36.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky entre en 1945 à l'université de Pennsylvanie, tout en donnant des cours d'hébreu pour financer ses études&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 63.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il y étudie la philosophie notamment auprès de C. West Churchman, Nelson Goodman et Morton White, et la linguistique auprès de Zellig Harris&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 62-67.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Les idées à la fois linguistiques et politiques de Harris sont déterminantes dans l'orientation intellectuelle et scientifique de Chomsky&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p=30.&amp;lt;/ref&amp;gt; et leur relation de maître à élève débouche sur une étroite amitié&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 69.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il décroche son ''Bachelor of Arts'' en 1949 avec un mémoire intitulé ''Morphophonetics of Moderne Hebrew''. La même année, Chomsky se marie avec la linguiste Carol Doris Schatz (1930-2008)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.boston.com/news/education/higher/articles/2008/12/20/carol_chomsky_at_78_harvard_language_professor_was_wife_of_mit_linguist/ « Carol Chomsky ; at 78, Harvard language professor was wife of MIT linguist », ''The Boston Globe'', 20 décembre 2008.&amp;lt;/ref&amp;gt; qu'il connaît depuis l'enfance&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 65.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ils auront deux filles, Aviva (née en 1957) et Diane (1960), et un fils, Harry (1967).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky soutient sa thèse de linguistique à l'université de Pennsylvanie en 1955&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 107-108.&amp;lt;/ref&amp;gt;, après avoir poursuivi des recherches de 1951 à 1955 à l'université Harvard en tant que ''Harvard Junior Fellow''&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 102-103&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans sa thèse, il commence à développer certaines des idées qu'il approfondit ensuite dans son livre de 1957 intitulé ''Structures syntaxiques''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky rejoint ensuite le Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1955 grâce à l'appui de Roman Jakobson, comme professeur associé au sein du laboratoire de recherche en électronique qui travaille sur un projet de machine à traduire&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 111-113.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1961, il est nommé professeur dans le « département de langues modernes et de linguistique », créé pour accueillir le troisième cycle en linguistique mis sur pied par Morris Halle et lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 128-130.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vers 1964 Chomsky s'engage publiquement dans le débat politique&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/interviews/1992----.htm « Sixties Radical », Noam Chomsky interviewé par Ron Chepesiuk, extrait de ''Sixties Radicals, Then and Now'', McFarland, 1995, p. 133-146.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En intellectuel assumé, il devient l'un des principaux opposants à la guerre du Viêt Nam avec la publication en février 1967 d'un article intitulé « Responsabilités des Intellectuels » dans la ''The New York Review of Books''&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « The Responsibility of Intellectuals », ''The New York Review of Books'', vol 8, n° 3, 23 février 1967. http://www.nybooks.com/articles/12172.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il insiste sur l'idée que dans la mesure où les intellectuels ont, comparé au reste de la population, plus facilement accès à la vérité, ils ont d'autant plus de responsabilité face à elle&amp;lt;ref&amp;gt;« Using the events of Vietnam as a focus for his views in &amp;quot;The Responsability of Intellectuals,&amp;quot; Noam Chomsky argues that intellectuals have greater access to the truth than other people and therefore more responsability to  », Mary Susannah Robbins, ''Against the Vietnam War : Writings by Activists'', Rowman &amp;amp; Littlefield, 2007, p. XXI.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Si cette publication entraîne la mobilisation de nombreux universitaires dans les mois qui suivirent&amp;lt;ref&amp;gt;Michael S. Foley, ''Confronting the war machine : draft resistance during the Vietnam War'', UNC Press, 2003, p. 192.&amp;lt;/ref&amp;gt;, son activisme, et notamment son soutien public aux déserteurs de l'armée américaine par le biais de l'« appel à la résistance contre toute forme d'autorité illégitime »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.resistinc.org/thecall.html « The Call to Resist Illegitimate Authority » (1967). Voir également Robert Barsky, 1998, p. 161-162.&amp;lt;/ref&amp;gt;, lui vaut d'être poursuivi en justice pour complicité de « résistance active à la loi d'incorporation militaire »&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 1998, p. 164-166.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais après l'Offensive du Tết de janvier 1968, les poursuites sont abandonnées. Dès lors, il se retrouve sur la liste secrète des « opposants politiques » du Président Richard Nixon, dont l'existence est révélée en 1971&amp;lt;ref&amp;gt;Wolfgang Sperlich, 2006, p. 80.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Depuis, Chomsky ne cesse pas de publier ses analyses politiques et de donner de nombreuses conférences et interviews dans le monde entier. Ses critiques de la politique étrangère américaine, souvent reprises en dehors des États-Unis, l'exposent aux critiques nourries aussi bien des libéraux que des conservateurs américains.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1966 et 1976, il est titulaire de la chaire « Ferrari P. Ward de langues modernes et linguistique ». En 1976, il accède au titre rare d’''Institute Professor''. Chomsky réalise toute sa carrière au MIT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Profondément rationaliste&amp;lt;ref&amp;gt;Selon Sylvain Auroux, http://www.scienceshumaines.com/-0ale-langage-n-est-pas-dans-le-cerveau-entretien-avec-sylvain-auroux-0a_fr_11995.html « quand il parle du “rationalisme”, il le confond avec un simple nativisme ».&amp;lt;/ref&amp;gt;, Chomsky rejette formellement le post-structuralisme et les critiques postmodernes de la science&amp;lt;ref&amp;gt;Takis Michas, « The Other Chomsky », ''The Wall Street Journal'', 4 novembre 2005. http://www.chomsky.info/onchomsky/20051104.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'adjectif « chomskyen » a été créé pour désigner ses travaux et ses idées, mais ce terme est peu apprécié par Chomsky lui-même qui considère la « personnalisation » comme indue dans le domaine de la science&amp;lt;ref&amp;gt;« I don't like this personalization. That is a wrong way to think about things. There is no personalization in rational inquiry, everybody is working on  » déclare Chomsky dans http://www.chomsky.info/books/architecture01.htm « The 'Chomskyan Era' », entretien extrait de ''The Architecture of Language'' (2000).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa fille aînée, Aviva Chomsky, historienne spécialiste de l'histoire de l'Amérique latine et des Caraïbes, est coordinatrice des études latino-américaines au collège d'État de Salem (Massachusetts).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Activité scientifique ==&lt;br /&gt;
=== Linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
« Depuis la publication en 1957 de ''Structures syntaxiques'', Chomsky exerce sur la linguistique une influence considérable&amp;lt;ref&amp;gt;David Zemmour, ''Initiation à la linguistique'', Ellipses, coll. « thèmes et études », 2004, p. 19.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». ''Structures syntaxiques'' introduisait la grammaire générative. Cette théorie considère que les expressions (séquences de mots) ont une syntaxe qui peut être caractérisée (globalement) par une grammaire formelle ; en particulier, une grammaire hors-contexte étendue par des règles de transformation. Les enfants sont supposés avoir une connaissance innée de la grammaire élémentaire commune à tous les langages humains (ce qui présume que tout langage existant en est une sorte de restriction). Cette connaissance innée est appelée « grammaire universelle ». Il est soutenu que la modélisation de la connaissance de la langue par une grammaire formelle explique la « productivité » de la langue : avec un jeu réduit de règles de grammaire et un ensemble fini de termes, les humains peuvent produire un nombre infini de phrases. Il existe et il existera donc toujours des phrases qui n’ont jamais été dites.&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
''The Principles and Parameters approach'' (P&amp;amp;P) (''L'Approche des principes et des paramètres''), développée dans les ''Conférences'' (Pise, 1979), publiées plus tard sous le titre ''Lectures on Government and Binding'' (LGB) s'inscrivent dans le prolongement du concept de grammaire universelle : les principes grammaticaux sous-tendant les langages sont innés et fixés. Les différences entre les divers langages dans le monde peuvent être caractérisées en termes de paramètres programmés dans le cerveau (tel le paramètre du sujet nul, ''pro-drop parameter'', qui indique quand un sujet explicite est requis, comme en anglais, ou s'il peut être élidé, comme en espagnol) souvent comparés à des commutateurs (d'où le terme de principes et paramètres utilisé pour qualifier cette approche). De ce point de vue, un enfant qui apprend une langue a seulement besoin d'acquérir les items lexicaux nécessaires (mots, morphèmes grammaticaux et les tournures idiomatiques) et fixer les valeurs appropriées des paramètres, ce qui peut être fait sur quelques exemples clés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les partisans de cette conception arguent du fait que la vitesse particulièrement grande avec laquelle les enfants apprennent des langues est difficile à expliquer, à moins que les enfants n'aient une capacité innée pour apprendre des langues. Les étapes semblables que suivent tous les enfants à travers le monde quand ils apprennent des langues, et le fait que les enfants commettent des erreurs caractéristiques quand ils apprennent leur première langue, tandis que d'autres types d'erreur apparemment logiques ne se produisent jamais (et, selon Chomsky, elles devraient être attestées si le mécanisme d'apprentissage utilisé était général plutôt que spécifique à une langue) est également perçu comme une raison de l'innéité. Outre ces considérations générales, les arguments les plus convaincants en faveur de l'innéité d'un certain nombre d'aspects des systèmes linguistiques dérivent de l'analyse minutieuse de nombreuses propriétés linguistiques des langues les plus diverses. Cette analyse suggère fortement que ces propriétés, qui apparaissent de façon systématique chez les jeunes enfants, ne semblent pas découler de façon plausible des données linguistiques auxquelles ils ont été soumis au cours de leur phase d'acquisition du langage. Ce dernier type d'argument est connu sous le nom d'argument « de la pauvreté du stimulus ». Comme le résument Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want du département de psychologie de l'université de Sheffield : « Une expérience limitée avec le langage est suffisante pour permettre le développement d’un langage structuré chez l’enfant. Selon le principe de la « pauvreté du stimulus » proposé par Chomsky, il existe de nombreuses preuves que l’acquisition de la grammaire se fait indépendamment de l’intelligence non verbale. Malgré de grandes variations dans l’environnement langagier, l’apprentissage de la grammaire se fait dans un ordre fixe&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Siegal, Olivier Pascalis et Stephen C. Want, « Le développement social des enfants sourds », ''Enfance'', 2003/1 - Volume 55, p. 81-87. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=ENF&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=ENF_551&amp;amp;ID_ARTICLE=ENF_551_0081.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Plus récemment, dans son ''Minimalist Program'' (1995) (''Programme minimaliste''), tout en conservant le concept central des « principes et des paramètres », Chomsky tente une révision importante des machines linguistiques impliquées dans le modèle de LGB, les dépouillant de tout, sauf des stricts éléments nécessaires, tout en préconisant une approche générale de l'architecture de la faculté du langage humain, qui souligne les principes de l’économie et de la conception optimale. Il revient à l'approche ''dérivationnelle'' de la génération, en opposition avec la majeure partie de l'approche ''représentative'' du classique ''P&amp;amp;P''.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux de Chomsky ont exercé une forte influence sur l'étude de l'acquisition du langage, bien qu'une partie des chercheurs qui travaillent dans ce domaine aujourd'hui ne soutiennent pas ses théories et s'appuient davantage sur les processus d'émergence ou les théories connexionnistes, ramenant la langue à un cas particulier des processus généraux du cerveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Grammaire générative et études empiriques ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’approche chomskyenne de la syntaxe, souvent qualifiée de grammaire générative, est contestée, surtout en dehors des États-Unis, mais bénéficie d’une certaine popularité. L’analyse de Chomsky, largement abstraite, repose en grande partie sur l’examen minutieux de l’interface entre constructions et ruptures grammaticales dans le langage (à rapprocher des cas pathologiques, qui jouent un rôle similaire en mathématiques). De telles analyses grammaticales ne peuvent être réalisées finement que dans une langue maîtrisée au mieux et les linguistes qui s’y intéressent se consacrent donc souvent à leur langue maternelle pour des raisons pratiques. Il s’agit généralement de l’anglais, du français, de l’allemand, du néerlandais, de l’italien, du japonais ou du mandarin. Cependant, comme le fait remarquer Chomsky : « La première application de cette approche a porté sur l’hébreu moderne, étudié de manière relativement précise vers 1949-50. La seconde, au milieu des années 1950, concernait un idiome américain indigène, le Hidatsa : elle fut la première grammaire générative exhaustive. Le turc fit l’objet de la première thèse de doctorat, au début des années 1960. Ces travaux furent ensuite adaptés à un large panel de langues. Le Massachusetts Institute of Technology devint de fait le centre international d’étude des langues aborigènes australiennes par l’approche générative […] grâce aux travaux de Ken Hale, qui est également à l’origine de l’un des plus ambitieux programmes de recherche sur les langues indigènes américaines ; en fait, le premier programme faisant intervenir des indigènes, amenés à l’université pour se former à la linguistique afin qu’ils puissent travailler sur leurs propres langues, de manière bien plus profonde que tout ce qui avait jamais pu être réalisé auparavant. Cela s’est poursuivi par la suite et est devenu un travail de référence sur la collection de langues la plus variée du point de vue typologique ».&amp;lt;!-- from Talk:Noam Chomsky/Comments from Chomsky--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La théorie de la grammaire générative se révèle parfois peu pertinente pour analyser des langues jamais étudiées auparavant. Cette approche a connu de nombreuses évolutions au fur et à mesure que le nombre de langues étudiées augmentait. La thèse des invariants (ou universaux) linguistiques connaît pourtant un soutien de plus en plus important ; dans les années 1990, Richard Kayne a par exemple suggéré que toutes les langues sous-tendent une structure Sujet-Verbe-Objet, ce qui aurait paru peu plausible dans les années 1960. L’une des principales motivations d’une approche alternative comme l’approche typologico-fonctionnelle (souvent associée à Joseph Greenberg) est de confronter les hypothèses d’invariances linguistiques à l’étude du plus grand nombre possible de langues, de classer les écarts constatés et d’en induire des lois théoriques. Bien qu’elle ait déjà été appliquée à un grand nombre de langues, l’approche de Chomsky est trop méticuleuse et nécessite une connaissance trop pointue des langues étudiées pour répondre à une telle méthodologie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé dans ''Principes de phonologie générative'' (''The Sound Pattern of English'', 1968), écrit en collaboration avec Morris Halle, est aujourd’hui considéré comme dépassé, y compris par Chomsky lui-même&amp;lt;ref&amp;gt;Denis Costaouec, « De nouvelles phonologies ? Sur quelques évolutions récentes de la phonologie générative », ''La Linguistique'', 2002/2, 38, p. 139-158. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=LING&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=LING_382&amp;amp;ID_ARTICLE=LING_382_0139.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Langages formels : la hiérarchie de Chomsky ====&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky est devenu célèbre en étudiant différentes sortes de langages formels et leurs capacités respectives à intégrer des caractéristiques intrinsèques du langage humain&amp;lt;ref&amp;gt;« La grande innovation apportée par N. Chomsky dans l'histoire des théories linguistiques, à la fin des années 1950, a consisté dans l'utilisation de la conception mathématique des langages formels pour la description des langues naturelles. » Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 32.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ses travaux fondateurs sont à l'origine des « progrès de la linguistique moderne »&amp;lt;ref&amp;gt;Benoit Habert, « Outiller la linguistique : de l’emprunt de techniques aux rencontres de savoirs », ''Revue française de linguistique appliquée'', 2004/1, Volume IX, p. 5-24. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RFLA&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RFLA_091&amp;amp;ID_ARTICLE=RFLA_091_0005.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La hiérarchie de Chomsky décompose les grammaires formelles en catégories de pouvoir d’expression croissant, c’est-à-dire en groupes successifs pouvant chacun générer une variété de langages plus large que le groupe précédent. Il démontra formellement que certains aspects du langage humain nécessitent de recourir à une grammaire formelle plus complexe (en termes de hiérarchie chomskyenne) que pour d’autres. Par exemple, alors que le groupe des langages réguliers est suffisamment puissant pour modéliser la morphologie de la langue anglaise, il ne l’est pas assez pour en modéliser la syntaxe.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La hiérarchie de Chomsky est un résultat important de la branche de l'informatique théorique qu'est la théorie des automates. Chaque niveau de grammaire est strictement isomorphe à un type particulier d'automate, la grammaire générative correspond au pouvoir expressif des automates finis qui est strictement inférieur à celui des fonctions récursives, qui elles, correspondent aux machines de Turing, c'est-à-dire, à la puissance de calcul des ordinateurs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Psychologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les travaux linguistiques de Chomsky ont eu une influence majeure sur la psychologie et son orientation fondamentale dans la deuxième moitié du XXe siècle. Pour Chomsky, la linguistique est une branche de la psychologie cognitive, et de véritables compétences en linguistique impliquent une compréhension concomitante des aspects du processus mental et de la nature humaine. &amp;lt;!--For Chomsky linguistics is a branch of cognitive psychology; genuine insights in linguistics imply concomitant understandings of aspects of mental processing and human nature--&amp;gt;Sa théorie de la grammaire universelle est vue par beaucoup comme un défi direct aux théories comportementalistes établies. Elle a eu des conséquences majeures sur la compréhension de l'apprentissage du langage par les enfants et sur ce qu'est exactement la capacité d'interpréter le langage.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Beaucoup des principes les plus fondamentaux de cette théorie ne sont pas acceptés par certains cercles de pensée (même si ce n'est pas le cas des théories les plus importantes basées sur les ''principes et paramètres'' décrits ci-dessus).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1959, Chomsky publie un compte-rendu resté célèbre&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvain Auroux, Jacques Deschamps, Djamel Kouloughi, ''La Philosophie du langage'', PUF, coll. « Quadrige », 2004, p. 114.&amp;lt;/ref&amp;gt; du livre de Burrhus Frédéric Skinner ''Verbal Behavior''&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/1967----.htm « A Review of B. F. Skinner's ''Verbal Behavior'' », paru en traduction française dans ''Langages'', n° 16, 1969, p. 16-49.&amp;lt;/ref&amp;gt; dans lequel Skinner donne une explication spéculative et comportementaliste du langage. Le comportement linguistique y est défini comme un comportement appris, avec pour conséquence caractéristique d'être transmis par le comportement déjà appris par d'autres individus. Cette théorie apporte une vision globale du comportement communicatif, bien plus large que celle généralement admise par les linguistes. L'approche de Skinner diffère considérablement de la plupart des théories linguistiques traditionnelles sur la mise en valeur des circonstances dans lesquelles le langage est utilisé. Par exemple, ''demander de l'eau'' est une réponse cognitive fonctionnellement différente que lorsqu'on désigne l'eau par le mot ''eau'', ou encore lorsqu'on répond à quelqu'un qui demande de l'eau… Ces utilisations fonctionnellement différentes demandent chacune une explication différente : l'approche contraste fortement avec les notions traditionnelles du langage et avec l'approche psycholinguistique de Chomsky, qui se concentre sur les représentations mentales des mots et les mots acquis qui, une fois appris, peuvent apparaître dans toutes les fonctions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky dans son article de 1959, bien que touchant aux différentes fonctions verbales, se résume plus largement à une attaque de la base même de l'approche de Skinner, à savoir la psychologie comportementale, que Chomsky, en 1969, au détour d'un de ses premiers écrits politiques, qualifie de « nouvelle idéologie coercitive, vaguement teintée de science »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969, p. 239-240.&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'essence des arguments de Chomsky est que l'application des principes comportementalistes, issus de la recherche animale, n'a aucun sens lorsqu'il s'agit de l'appliquer à des humains hors d'un laboratoire, et que pour comprendre un comportement complexe il faut avant tout reconnaître qu'il y a dans le cerveau des entités inobservables qui en sont fondamentalement responsables.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cet article de Chomsky de 1959, qui remet en cause le comportementalisme radical de Skinner, a lui-même été critiqué entre autres dans un article intitulé ''On Chomsky’s Review of Skinner’s Verbal Behavior'' de Kenneth MacCorquodale en 1970&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.pubmedcentral.nih.gov/articlerender.fcgi?artid=1333660 « On Chomsky's review of Skinner's ''Verbal Behavior'' ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Ces différentes critiques notent des faits importants généralement non reconnus hors de la psychologie comportementale, et estiment que Chomsky ne comprend ni la psychologie comportementale dans son ensemble, ni comment le radicalisme comportementaliste de Skinner diffère des autres variantes comportementalistes, et qu'il fait des erreurs embarrassantes. Ils indiquent aussi que les personnes les plus influencées par cet article de Chomsky étaient déjà substantiellement d'accord avec lui, et ne l'ont peut-être même pas lu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La critique de Chomsky envers la méthodologie de Skinner a posé les jalons de la révolution cognitive. Dans son livre de 1966 ''Cartesian Linguistics'' et dans d'autres travaux, Chomsky explique que l'étude des facultés du langage humain est devenue un modèle pour les études dans d'autres domaines de la psychologie. La majorité des nouvelles conceptions émises sur le fonctionnement de l'esprit sont issues d'idées formulées par Chomsky.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi celles-ci, trois idées clefs :&lt;br /&gt;
* L'esprit est cognitif, c'est-à-dire qu'il contient des croyances, des doutes, etc. La conception passée ne prenait pas en compte ce côté cognitif, ne reconnaissant que des relations logiques comme « si tu me demandes si je veux X, je te répondrai oui ». Au contraire, Chomsky explique que la façon commune de comprendre l'esprit comme ayant des croyances ou encore des états mentaux non conscients, est l'approche à privilégier ;&lt;br /&gt;
* Une grande partie de ce que l'esprit d'un adulte peut faire, est innée. Même si aucun enfant ne naît avec la capacité de parler directement, tous naissent avec la capacité d'acquisition du langage qui leur permet d'apprendre le langage rapidement dans leurs premières années. Nombre de psychologues ont étendu cette thèse à d'autres domaines que le langage, en contradiction avec la vision du nouveau-né en ''tabula rasa'' ; &lt;br /&gt;
* L'architecture de l'esprit est modulaire. L'esprit est composé d'un ensemble d'interactions, de sous-systèmes spécialisés (modules), avec un flot limité d'intercommunication. Cette théorie contraste fortement avec l'ancienne conception selon laquelle chaque part d'information peut être accessible par tous les autres processus cognitifs (par exemple, on ne peut pas annuler l'effet d'une illusion d'optique même si on sait consciemment que c'est une illusion d'optique).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Neurologie et biologie ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a postulé l'existence d'une « grammaire universelle » inscrite dans les tissus cérébraux. En 2003, des chercheurs italiens et allemands font état, dans ''Nature Neuroscience'', de leur identification d'une subdivision de l'aire de Broca spécialisée dans le traitement de la grammaire&amp;lt;ref&amp;gt; Gary F Marcus, Athena Vouloumanos &amp;amp; Ivan A Sag, « Does Broca’s play by the rules ? », ''Nature Neuroscience'', volume 6, n° 7, juillet 2003. http://psych.nyu.edu/vouloumanos//MarcusVouloumanosSagNatNeuro2003.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Niels Kaj Jerne, lauréat du prix Nobel de médecine en 1984, a utilisé le modèle génératif de Chomsky pour expliquer le système immunitaire humain, faisant le lien entre structures grammaticales et protéiques. Le discours de Jerne à la remise du Nobel s’est intitulé « la grammaire générative du système immunitaire ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Un intellectuel dissident ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Contre les élites et la « pensée dominante » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Stanley Cohen, professeur de sociologie à la London School of Economics (LSE), explique que Chomsky ne cherche pas à s'adresser aux puissants – « the Kissingers of the world » – qui savent très bien ce qu'il en est, mais aux gens ordinaires qui ont besoin d'être mieux informés pour agir. Il considère que « les intellectuels qui gardent le silence à propos de ce qu'ils savent, qui se désintéressent des crimes qui bafouent la morale commune, sont encore plus coupables quand la société dans laquelle ils vivent est libre et ouverte. Ils peuvent parler librement, mais choisissent de n'en rien faire&amp;lt;ref&amp;gt;« Intellectuals who keep silent about what they know, who ignore the crimes that matter by moral standards, are even more culpable when their society is free and open. They can speak freely, but choose not to. » dans Stanley Cohen, ''States of Denial: Knowing about Atrocities and Suffering of Others'', Polity Press, 2001, p. 286.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Chomsky reconnaît vivre dans un pays possédant de hauts standards en matière de liberté d'expression&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. 171.&amp;lt;/ref&amp;gt; et agit comme « intellectuel critique », en étant à la fois au service des militants luttant pour un monde plus juste et en proposant ce que Jean Bricmont appelle des « outils d'auto-défense intellectuelle contre le discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « The responsibility of the intellectual » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 282-283.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour ce dernier, qui a codirigé un ''Cahier de L'Herne'' consacré à Chomsky, « dans un monde où des cohortes d’intellectuels disciplinés et de médias asservis servent de prêtrise séculière aux puissants, lire Chomsky représente un acte d’autodéfense. Il peut permettre d’éviter les fausses évidences et les indignations sélectives du discours dominant »&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Bricmont, « La mauvaise réputation de Noam Chomsky », ''Le Monde diplomatique'', avril 2001. http://www.monde-diplomatique.fr/2001/04/BRICMONT/15109}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La ''Revue internationale et stratégique'', dans un compte-rendu de son recueil d'articles publié sous le titre ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', souligne que « Chomsky permet au lecteur de tenir une réflexion critique sur les discours officiels, de ne pas se soumettre à la pensée dominante »&amp;lt;ref&amp;gt;''Revue internationale et stratégique'', 2002/1, n° 45, p. 152-153. http://www.cairn.info/article.php?ID_REVUE=RIS&amp;amp;ID_NUMPUBLIE=RIS_045&amp;amp;ID_ARTICLE=RIS_045_0141}}.&amp;lt;/ref&amp;gt;. C'est également l'avis de l'historien Perry Anderson pour lequel Chomsky est un représentant du « courant contestataire dans le domaine de la politique étrangère aux États-Unis » qui consiste à « regarder les réalités sans s'aveugler et les décrire sans les édulcorer »&amp;lt;ref&amp;gt;Perry Anderson, ''Comment les États-Unis ont fait le monde à leur image : La Politique étrangère américaine et ses penseurs'', Agone, 2015, p. 267.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Critique de la « fabrication du consentement » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Noam Chomsky, en collaboration avec l'universitaire Edward Herman, a contribué à la naissance des travaux consacrés à « l'économie politique » des médias de masse&amp;lt;ref&amp;gt;Jennifer Holt, Alisa Perren, ''Media Industries : History, Theory, and Method'', Wiley-Blackwell, 2009, p. 162-163.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette approche s'intéresse, dans une perspective critique, au fonctionnement de l'industrie des médias dans ses rapports avec les pouvoirs économique et politique. Partis du constat qu'en démocratie les élites ne peuvent pas se contenter d'user de la force pour asseoir leur domination, et du principe que les intérêts de la majorité de la population diffèrent de ceux de l'élite, Chomsky et Herman ont cherché à démontrer empiriquement, dans leur livre ''La Fabrication du consentement'' (1988), comment, dans le contexte américain, les principaux médias participent au maintien de l'ordre établi. Dans leur optique, les médias tendent à maintenir le débat public et la présentation des enjeux dans un cadre idéologique construit sur des présupposés et intérêts jamais questionnés, afin de garantir aux gouvernants l'assentiment ou l'adhésion des gouvernés. C'est ce qu'ils ont appelé, en reprenant une formule forgée en 1922 par Walter Lippmann, l'un des fondateurs des relations publiques, la « fabrication du consentement ». Ils ont basé leur analyse sur ce qu'ils ont appelé un « modèle de propagande ». Selon ce modèle, cinq filtres déterminent en grande partie l'information produite dans et par les médias, à savoir : les caractéristiques économiques du média considéré (taille, actionnariat, orientation lucrative), la régulation par la publicité, la nature des sources d'information employées, les « contre-feux » et moyens de pression, l'idéologie anticommuniste&amp;lt;ref&amp;gt;Darren G. Lilleker, ''Key concepts in political communication'', SAGE, 2006, p. 106-110.&amp;lt;/ref&amp;gt; (peut être étendu à tout élément idéologique dominant&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn, « The Propaganda Model : Theoretical and Methodological Considerations », ''Westminster Papers in Communication and Culture'', volume 6, n° 2, novembre 2009. http://www.wmin.ac.uk/mad/pdf/WPCC-Vol6-No2-Jeffery_Klaehn.pdf.&amp;lt;/ref&amp;gt;). Ils ont ainsi « décrit la relation étroite entre l'économie et les intérêts militaires américains et le concept de &amp;quot;menace soviétique&amp;quot; dans ses différentes manifestations »&amp;lt;ref&amp;gt;« they have described the close relationship between post-war US economic and military interests and the development of the concept of the 'Soviet threat' in its various manifestations » Brian McNair, ''An introduction to political communication'', Routledge, 2003, p. 193.&amp;lt;/ref&amp;gt; et relevé de « nombreux liens et intérêts partagés entre les médias, le gouvernement et le monde de l'entreprise aux États-Unis »&amp;lt;ref&amp;gt;« they note numerous connections and common interests between the media, the government and the corporate sector in the US », Andy Ruddock, ''Understanding audiences: theory and method'', SAGE, 2001, p. 90.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Leur étude a établi que le traitement médiatique des pays ennemis des États-Unis est systématiquement différent de celui réservé aux pays alliés&amp;lt;ref&amp;gt; Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''op. cit.'', p. 199.&amp;lt;/ref&amp;gt;, défavorable dans le premier cas et favorable dans le second.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky avance aussi que dans une société démocratique, la ligne politique défendue n'est jamais énoncée comme telle mais sous-entendue. Ainsi, les débats et les dissensions, dont l'existence est nécessaire pour pouvoir continuer à soutenir que la liberté règne&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « Le lavage de cerveaux en liberté », ''Le Monde diplomatique'', août 2007, http://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992.&amp;lt;/ref&amp;gt;, se situent dans le cadre d'un « consensus largement internalisé »&amp;lt;ref&amp;gt;Karin Wahl-Jorgensen, Thomas Hanitzsch, ''The handbook of journalism studies'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 169.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le modèle proposé par Chomsky et Herman, vivement débattu et contesté&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''Battleground: the media, Volume 2'', Greenwood Publishing Group, 2008, p. 388.&amp;lt;/ref&amp;gt;, a parfois été jugé « statique » ou « unidimensionnel », en ce qu'il ne prend pas en compte les capacités de résistance du public&amp;lt;ref&amp;gt;Deepa Kumar, ''Outside the Box : Corporate Media, Globalization, and the UPS Strike'', University of Illinois Press, 2008, p. 170.&amp;lt;/ref&amp;gt; et les effets réellement produits sur l'opinion publique&amp;lt;ref&amp;gt;Peter Hamilton, Kenneth Thompson, ''The uses of sociology'', Wiley-Blackwell, 2002, p. 92-95.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a également été critiqué d'un point de vue sociologique comme trop « fonctionnaliste »&amp;lt;ref&amp;gt;Michael Schudson, « The Sociology of News Production Revisited (Again) » ''in'' James Curran et Michael Gurevitch (dir) ''Mass Media and Society'', Londres : Edward Arnold, 2000.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais pour l'universitaire Jeffery Klaehn, qui a dirigé en 2005 un livre consacré au « modèle de propagande »&amp;lt;ref&amp;gt;Jeffery Klaehn (dir), ''Filtering the News : Essays on Herman and Chomsky's Propaganda Model'', Black Rose Books, 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, celui-ci est aujourd'hui encore plus pertinent qu'il ne l'était à l'époque de sa genèse au vu de la « globalisation de l'économie et du pouvoir et de l'influence croissants des grandes multinationales » face à l'« impuissance croissante d'une vaste majorité de la population mondiale »&amp;lt;ref&amp;gt; Robin Andersen, Jonathan Alan Gray (dir), ''op. cit.'', p. 394.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dissidence politique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la manifestation publique de son opposition à la Guerre du Viêt Nam, Chomsky n'a plus quitté la sphère du débat public. Il a formulé des analyses sur la politique et les affaires internationales, notamment dans les nombreux livres, articles et tribunes qu'il a consacrés à ces questions. Ses analyses, largement citées ou reprises, ont fait l'objet de vifs débats et controverses.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Depuis la publication de ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'' en 1969, Chomsky a consacré l'essentiel de ses interventions publiques à une critique radicale de la politique étrangère des États-Unis. Elle n'est selon lui guidée que par la volonté de favoriser coûte que coûte l'expansion ou le maintien de l'empire américain, si bien que « les États-Unis ne peuvent tolérer le nationalisme, la démocratie et les réformes sociales dans le tiers monde, parce que les gouvernements de ces pays devraient alors répondre aux besoins de la population et cesser de favoriser les intérêts des investisseurs américains&amp;lt;ref&amp;gt;Sylvie Arend, Christiane Rabier, ''Le processus politique : environnements, prise de décision et pouvoir'', University of Ottawa Press, 2000, p. 154.&amp;lt;/ref&amp;gt; ». Pour Robin Blackburn, Chomsky déploie un large spectre de critiques bien informées contre le gouvernement américain&amp;lt;ref&amp;gt;« apparent straightforwardness of Chomsky's political judgements—his &amp;quot;predictable&amp;quot; or even &amp;quot;kneejerk&amp;quot; opposition to western, especially US, military intervention—could seem simplistic. Yet they are based on a mountain of evidence and an economical account of how power and information are shared, distributed and denied. » écrit Robin Blackburn dans http://www.prospect-magazine.co.uk/article_details.php?id=7110&amp;amp;issue=517 « For Chomsky », ''Prospect'', novembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et Irene Gendzier souligne que ses innombrables écrits ont apporté la preuve que la politique américaine a été impliquée dans « le renversement de la démocratie, l'entrave au développement indépendant et la légitimation de la force dans le tiers-monde, au nom de la démocratie »&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 265.&amp;lt;/ref&amp;gt;. De manière plus générale, il développe des positions anti-guerres, et s'est élevé contre la plupart des conflits dans lesquels l'armée américaine s'est trouvée engagée. Parfois classé comme pacifiste, il ne considère cependant pas toute violence comme illégitime ''a priori''&amp;lt;ref&amp;gt;« I'm not a pacifist » déclare-t-il dans un entretien (http://www.chomsky.info/interviews/20020116.htm « On the Afghanistan War, American Terrorism, and the Role of Intellectuals », 16 janvier 2002).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À ce titre, Chomsky pense notamment que l'étiquette de « terroriste » est une arme idéologique employée par des gouvernements qui ont été incapables de reconnaître la dimension terroriste de leurs propres activités&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.counterpunch.org/chomskyterror.html « The New War Against Terror », conférence de Chomsky au Technology &amp;amp; Culture Forum du MIT prononcée le 24 octobre 2001.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il critique largement la politique d'Israël vis-à-vis des Palestiniens et le soutien des États-Unis à cette politique&amp;lt;ref name=&amp;quot;israel&amp;quot;&amp;gt;http://fromoccupiedpalestine.org/node/116 ''Anti-semitism, Zionism and the Palestinians'', conférence de Noam Chomsky du 11 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour lui, loin de conduire à un véritable « Processus de paix israélo-palestinien », le soutien diplomatique et militaire apporté depuis la Résolution 242 du Conseil de sécurité des Nations unies par les États-Unis à leurs alliés israéliens au Moyen-Orient bloque toute initiative concrète en ce sens&amp;lt;ref&amp;gt;Irene Gendzier, « Noam Chomsky : The struggle continues » ''in'' James McGilvray, 2005, p. 276.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En Israël, selon le quotidien ''Haaretz'', « Chomsky est vu par la droite, mais pas seulement, comme un déserteur, un traître et un ennemi de son peuple »&amp;lt;ref&amp;gt;« On the right, but not only there, Chomsky is seen as a deserter, a traitor and an enemy of the people » Declaring war on the intellect - Israel and Noam Chomsky, ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Deux mois après les attentats du 11 septembre 2001, Chomsky publie chez une maison d'édition indépendante un petit livre d'entretiens intitulé ''9-11''. Il y explique notamment, comme le ''New York Times'' s'en fait l'écho, que ces attaques sont d'« horribles atrocités » mais que « nous ne pouvons considérer les États-Unis comme des victimes que si nous nous plaçons dans la perspective commode qui consiste à ignorer tout ce que ce pays et ses alliés ont fait »&amp;lt;ref&amp;gt; Michael Massing, « Surprise Best Seller Blames U.S. », ''The New York Times'', 4 mai 2002. http://www.nytimes.com/2002/05/04/books/think-tank-surprise-best-seller-blames-us.html?pagewanted=1.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le livre devient un succès de librairie avec 300 000 exemplaires écoulés en quelques semaines&amp;lt;ref&amp;gt;André Schiffrin, « Quand de &amp;quot;petits&amp;quot; éditeurs échappent à l’emprise des conglomérats », ''Le Monde diplomatique'', octobre 2007. http://www.monde-diplomatique.fr/2007/10/SCHIFFRIN/15213.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Traduit en 23 langues et publié dans 26 pays&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.sevenstories.com/book/?GCOI=58322100546790 Présentation du livre ''9-11'' sur le site de l'éditeur Seven Stories Press.&amp;lt;/ref&amp;gt;, il est devenu « l'une des meilleures ventes dans la catégorie des écrivains politiques vivants, comptabilisant des millions d'exemplaires vendus aux États-Unis et à l'étranger »&amp;lt;ref&amp;gt;Christopher Dreher, « The Accidental Bestseller », ''Publishers Weekly'', 5 mai 2003. http://www.publishersweekly.com/article/CA296856.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Son second livre sur le sujet, ''Power and Terror. Post-9-11 Talks and Interviews'', publié en mars 2003 chez le même éditeur, devient lui aussi un best-seller.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En février 2002, Chomsky s'invite au procès de son éditeur turc, Fatih Tas, poursuivi pour avoir publié des textes dans lesquels il dénonce ce qu'il qualifie d'opérations terroristes menées contre la minorité kurde par le gouvernement d'Ankara. Réclamant d'être lui aussi placé sur le banc des accusés, il contribue à l'obtention de l'acquittement de l'éditeur&amp;lt;ref&amp;gt;Owen Bowcott, « Chomsky wins case for Turkish publisher », ''The Guardian'', 14 février 2002. http://www.guardian.co.uk/world/2002/feb/14/books.pressandpublishing.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2006, il se déclare favorable à la partition du Kosovo entre Serbes et Albanais dans le but de couper les « racines de la haine », comme l'intellectuel serbe Dobrica Ćosić&amp;lt;ref&amp;gt;Voir le magazine ''NIN'' de mai 2006 ''Le partage du Kosovo : la solution ?'' en serbe latin, ''NIN'', 11.5.2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;, ou à la refonte d'une grande Yougoslavie avec intégration de l'Albanie grâce à la création d'un parti social-révolutionnaire en Albanie et dans tous les États de l'ex-Yougoslavie&amp;lt;ref&amp;gt; Dragan Plavsic, http://www.zmag.org/znet/viewArticle/1785 « The Kosovo Question: Some Radical Perspectives », 20 mars 2007.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 7 septembre 2007, il fait partie des intellectuels cités par Oussama ben Laden parmi ceux que le peuple américain devrait étudier&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre-André Taguieff, ''La nouvelle propagande antijuive'', PUF, 2010, p. 362.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Le chef d'Al-Qaïda précise en janvier 2010 dans un enregistrement audio diffusé par Al Jazeera que « Noam Chomsky a raison quand il compare la politique américaine à celle de la Mafia »&amp;lt;ref&amp;gt;Jack Healy, http://www.nytimes.com/2010/01/30/world/middleeast/30binladen.html « Bin Laden Adds Climate Change to List of Grievances Against U.S. », ''The New York Times'', 29 janvier 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 16 mai 2010, Israël le retient quatre heures et refuse finalement son entrée en Cisjordanie alors qu'il devait donner une conférence à l'université de Beir Zeit dans le cadre d'une tournée de conférences dans la région&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.haaretz.com/news/national/noam-chomsky-denied-entry-into-israel-and-west-bank-1.290701 « Noam Chomsky denied entry into Israel and West Bank », ''Haaretz'', 18 mai 2010.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le 6 mai 2011, Noam Chomsky réaffirme qu'il n'existe aucune preuve sérieuse qu'Oussama Ben Laden, pas plus qu'Al Qaida, soit à l'origine des événements du 11 septembre 2001 et donc que Barack Obama a menti. Pour lui, des « aveux » ne signifient rien. Il soutient que l'opération américaine menée pour tuer Ben Laden est un assassinat planifié qui multiplie clairement les violations du droit international. Il ajoute enfin que les crimes de G. W. Bush surpassent largement ceux de Ben Laden et que, si l'on suit la doctrine Bush, c'est Bush lui-même qui en a appelé à l'invasion et à la destruction des États-Unis&amp;lt;ref&amp;gt; http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/ Noam Chomsky: My Reaction to O. bin Laden's Death, ''Guernica mag'', 6 mai 2011.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2011, Noam Chomsky s’engage à plusieurs reprises en faveur du mouvement ''Occupy'', à travers des entretiens&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.legrandsoir.info/une-conversation-avec-noam-chomsky-znet.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lebuvardbavard.com/2011/09/noam-chomsky-soutient-les-indignes.html.&amp;lt;/ref&amp;gt; et des publications&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.adelantealliance.org/?page_id=152.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En avril 2012, il donne au journal suisse ''Bilan'' son opinion sur les mouvements démocratiques qui émergent : « Aux États-Unis, le mouvement des &amp;quot;''Occupy''&amp;quot; a été la première réaction au cynisme des classes possédantes depuis au moins trente ans. Et tant que ce cynisme durera on va assister, à mon avis, à une amplification de ces mouvements qui créent des communautés, des solidarités et des idées qui seront durables »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.bilan.ch/articles/economie/mais-ou-sont-donc-passes-les-indignes « Mais où sont donc passés les Indignés? », ''Bilan'', 11 avril 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au début de l'année 2016, Noam Chomsky rejoint le Mouvement pour la démocratie en Europe : DiEM 25, lancé par l'ancien ministre des finances grec Yánis Varoufákis un mois plus tôt&amp;lt;ref&amp;gt;http://diem25.org/noam-chomsky-joins-diem25/ Noam Chomsky Joins DiEM25.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Critiques et polémiques ==&lt;br /&gt;
=== L'« affaire Faurisson » ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky signe en 1979 une pétition lancée par le militant négationniste Mark Weber en faveur de Robert Faurisson. Faurisson fait à l'époque scandale en France à la suite de la parution dans la presse d'articles où il nie l'existence des chambre à gaz|chambres à gaz de la Seconde Guerre mondiale&amp;lt;ref&amp;gt;Valérie Igounet, Robert Faurisson. Portrait d'un négationniste, Paris, 2012, p.246-247 Le texte de la pétition reproduit dans Bricmont et Franck, 2007, p. 287-288.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pour répondre aux réactions que suscite sa signature de la pétition, Chomsky rédige alors un court texte&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm « Some Elementary Comments on The Rights of Freedom of Expression », 11 octobre 1980.&amp;lt;/ref&amp;gt;, dans lequel il explique que défendre le droit qu'a une personne d'exprimer ses opinions ne revient nullement à les partager. Cette position classique en matière de liberté d'expression est celle des Lumières et du premier amendement de la Constitution américaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il donne son texte à un ami d'alors, Serge Thion, en lui permettant de l'utiliser à sa guise. Or Thion le fait paraître, comme « avis », au début du livre publié en 1980 par Faurisson et intitulé ''Mémoire en défense''. Chomsky n'a cessé de rappeler qu'il n'avait jamais eu l'intention de voir publier son texte à cet endroit et qu'il chercha, mais trop tard, à l'empêcher. À ce propos, Chomsky explique : « J'appris plus tard que ma déclaration devait apparaître dans un livre dans lequel Faurisson se défend des charges qui devaient bientôt être retenues contre lui lors d'un procès. Bien que ceci ne fût pas mon intention, ce n'était pas contraire à mes instructions. Je reçus une lettre de Jean-Pierre Faye, un écrivain et militant anti-fasciste bien connu, qui était d'accord avec ma position mais me pressait de retirer ma déclaration car le climat de l'opinion en France était tel que ma défense du droit de Faurisson à exprimer son point de vue serait interprétée comme un soutien pour ce dernier. Je lui écrivis que j'acceptai son jugement, et demandais que ma déclaration n'apparaisse pas, mais il était alors trop tard pour stopper la publication&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, « His Right to Say It », ''The Nation'', 28 février 1981. http://www.chomsky.info/articles/19810228.htm.&amp;lt;/ref&amp;gt;. » Au sujet de sa demande de non publication de sa déclaration, Chomsky précise que « ''a posteriori'', je pense que probablement je n'aurais pas dû faire cela. J'aurais dû dire &amp;quot;Ok, laissez le texte paraître ainsi car il doit paraître&amp;quot;. Mais cela mis à part, je considère ma prise de position dans cette affaire comme non seulement anodine, mais surtout insignifiante comparée à d'autres positions que j'ai prises sur la liberté d'expression »&amp;lt;ref&amp;gt;Déclaration dans le documentaire ''Chomsky, les médias et les illusions nécessaires'' (1992).&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'historien français Pierre Vidal-Naquet, spécialiste du négationnisme, a considéré cependant que la pétition signée par Chomsky allait plus loin que la simple défense de sa liberté d'expression, défense à laquelle il souscrivait lui aussi. La pétition présentait la recherche de Faurisson comme sérieuse (« une recherche historique approfondie et indépendante sur la question de &amp;quot;l'holocauste&amp;quot; »). De plus, Vidal-Naquet a reproché à Chomsky d'avoir qualifié Faurisson de « sorte de libéral relativement apolitique » alors que les textes de ce dernier manifestaient selon lui un antisémitisme frappant : « Vous aviez le droit de dire : mon pire ennemi a le droit d'être libre, sous réserve qu'il ne demande pas ma mort ou celle de mes frères. Vous n'avez pas le droit de dire : mon pire ennemi est un camarade, ou un &amp;quot;libéral relativement apolitique&amp;quot;. Vous n'avez pas le droit de prendre un faussaire et de le repeindre aux couleurs de la vérité »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Vidal-Naquet : « De Faurisson et de Chomsky », texte publié en appendice à « Un Eichmann de papier » dans ''Les Juifs, la mémoire et le présent'', publié aussi dans ''Esprit'' (1981), réédité dans ''Les Assassins de la mémoire'', La Découverte, 2005. http://www.anti-rev.org/textes/VidalNaquet81a/.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour Chomsky, comme l'analyse Justin Wintle, « la liberté d'expression est plus importante que n'importe quelle version des faits soutenue par l'ordre établi, quel que soit le rapport qu'elle puisse entretenir avec la vérité factuelle »&amp;lt;ref&amp;gt;« For the radical professor of linguistics, freedom of speech is more important than any version of events sponsored by the establishment, however consonant the latter may appear to be with evidential truth » Justin Wintle, ''The Concise Makers of Modern Culture'', Taylor &amp;amp; Francis, 2009, p. 140.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il confirme sa position le 5 septembre 2010 en soutenant la « pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot et la libération de Vincent Reynouard » (ce dernier ayant été condamné pour négationnisme). Il explique que s'il ne connaît pas les opinions de Vincent Reynouard, il combat fermement la loi Gayssot : « Je ne connais rien à propos de Monsieur Reynouard, mais je considère la loi Gayssot comme complètement illégitime et en contradiction avec les principes d'une société libre, tels qu'ils ont été compris depuis les Lumières&amp;lt;ref&amp;gt;http://abrogeonslaloigayssot.blogspot.com/ Site hébergeant la pétition lancée à l’initiative de l’historien Paul-Éric Blanrue le 6 août 2010, consulté en mars 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Sur des sujets politiques ===&lt;br /&gt;
Les critiques à l'égard de Chomsky concernent surtout ses écrits et ses prises de position sur les questions de la politique américaine et de l'usage que ce pays fait de sa puissance militaire&amp;lt;ref name=&amp;quot;horowitz&amp;quot;&amp;gt; David Horowitz (un des principaux critiques de Chomsky), « The Sick Mind of Noam Chomsky », FrontPageMagazine.com, 26 septembre 2001, http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=1020.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Cambodge ====&lt;br /&gt;
Une vive polémique a opposé Noam Chomsky à divers journalistes et spécialistes du Cambodge, tel Leopold Labedz&amp;lt;ref name=Labedz&amp;gt;Leopold Labedz, http://www.unz.org/Pub/Encounter-1980jul-00028 « Chomsky Revisited », ''Encounter'', juillet 1980, pp. 28-35.&amp;lt;/ref&amp;gt;. En 1977, Noam Chomsky dénie non pas la sincérité, mais la crédibilité et surtout le poids relatif accordés aux centaines de témoignages de réfugiés cambodgiens sur le régime des Khmers rouges — notamment les témoignages recueillis par François Ponchaud. Tout ce travail d'enquête, affirme Noam Chomsky, se limite à « des déformations de quatrième main »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.chomsky.info/articles/19770625.htm « Distortions at Fourth Hand », ''The Nation'', 6 juin 1977.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Cette prise de position provoque d'autres réactions vives, en particulier  celle de Jean Lacouture, qui avait lui-même cru la propagande khmer rouge en 1975, avant de prendre conscience de la nature de ce régime durant l'année 1976&amp;lt;ref&amp;gt;Jean Lacouture, ''Survive le peuple cambodgien'', Paris, Le Seuil, 1978.&amp;lt;/ref&amp;gt;. La polémique reprend après la parution, en 1979, d'un livre de Noam Chomsky sur la politique étrangère américaine (''The Political Economy of Human Rights''). Dans cet ouvrage, Chomsky continue à trouver fortement déséquilibré, biaisé et hypocrite le traitement politique et médiatique des crimes des Khmers rouges, que ce soit par le gouvernement américain ou par les médias, et ceci, relativement au peu d'intérêt que ces derniers ont bien voulu accorder, selon lui, à d'autres atrocités de type génocidaire durant la même période&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''La Fabrication du Consentement'' (1988) cinquième partie, ''passim''. Chomsky y rappellera notamment que les États-Unis soutiendront Pol Pot après que le régime pro-vietnamien de la République populaire du Kampuchéa prend le pouvoir en 1979.&amp;lt;/ref&amp;gt;.Jean Bricmont note ainsi que « Dans le cas de l’Indochine et du Cambodge en particulier, les écrits de Chomsky, souvent présentés comme une « défense de Pol Pot », ont cherché à comparer les réactions des gouvernements et des médias occidentaux face à deux atrocités presque simultanées : les massacres commis par les Khmers rouges au Cambodge et ceux des Indonésiens au moment de l’invasion du Timor-Oriental ». Léopold Labedz s'indigne cependant que Chomsky aille jusqu'à affirmer que plutôt qu'au nazisme le régime de Pol-Pot soit davantage comparable avec la France après la Libération (lors de l'Épuration) : « For instance, he (Chomsky) contemptuously rejected any parallel between the Pol Pot regime and the Nazi regime, and declared that &amp;quot;a more appropriate comparison is with France after liberation, where 30-40 000 people were massacred with far less motive for revenge....&amp;quot; (''Political Economy'', Vol. II, p. 149.) ». Une discussion avec Régis Debray, parue, toujours en 1979, dans la revue ''Change'', et où il est notamment question du Cambodge, suscite également les critiques de Claude Roy&amp;lt;ref&amp;gt;« Lettre ouverte à Noam Chomsky », ''Le Nouvel Observateur'', 3 décembre 1979, pp. http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_026.pdf 26 et http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0786_19791203/OBS0786_19791203_028.pdf 28.&amp;lt;/ref&amp;gt;. &lt;br /&gt;
Cette polémique ressurgit en France en 2000, lors de la parution du livre de Chomsky sur le Kosovo ((1999) ''The New Military Humanism: Lessons from Kosovo'', Common Courage Press -''Le Nouvel Humanisme militaire : Leçons du Kosovo''). Dans un échange au sein du quotidien ''Libération'', Chomsky se défend d'avoir « minoré », « sous-estimé » ou « relativisé » les crimes Khmers rouges, alors que ses détracteurs, Jean-Michel Helvig et Yves Laplace, lui reprochent d'être « obsédé de la dénonciation de l'impérialisme occidental en général et américain en particulier »&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.liberation.fr/tribune/2000/05/25/polemique-entre-yves-laplace-et-noam-chomsky-sur-la-guerre-du-kosovo_325647.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==== Autres ====&lt;br /&gt;
Le politologue Philippe Moreau Defarges a parlé au début des années 1980 de « rage manichéenne » à propos des écrits de Chomsky et Edward Herman sur la « Washington Connection »&amp;lt;ref&amp;gt;Philippe Moreau Defarges, « Noam Chomsky et Edward S. Herman. ''Économie politique des droits de l'Homme, la &amp;quot;Washington Connection&amp;quot; et le fascisme dans le Tiers Monde'' », ''Politique étrangère'', 1982, n° 1, p. 192-194. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/polit_0032-342x_1982_num_47_1_3120_t1_0192_0000_3.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, Richard Posner critique le caractère unilatéral des critiques chomskyennes et voit dans son « anarcho-pacifisme » un exemple de l'erreur classique – commise selon lui par de nombreux intellectuels issus de l'université – qui consiste à confondre politique et éthique personnelle&amp;lt;ref&amp;gt;« His embrace of that creed anarcho-pacifism illustrates the academic public intellectual's common mistake of confusing political with personal ethics », Richard Posner, ''Public Intellectuals: A Study of Decline'', Harvard University Press, 2001, p. 88.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
Le journaliste américain Paul Bogdanor a publié en 2007 sur son site personnel, un texte intitulé « The Top 200 Chomsky Lies » (les « 200 plus gros mensonges de Chomsky »)&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.paulbogdanor.com/200chomskylies.pdf « The Top 200 Chomsky Lies » et voir également http://www.paulbogdanor.com/chomskyhoax.html « The Chomsky Hoax ».&amp;lt;/ref&amp;gt;. Mais, sur ce point Richard Dawkins, par exemple, éthologiste reconnu, a reproché à Bogdanor des erreurs, la partialité et la faible crédibilité de l’argumentation et des références utilisées dans le texte en question&amp;lt;ref&amp;gt;http://richarddawkins.net/comments/214906.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La droite américaine prend régulièrement Noam Chomsky pour cible. Daniel Pipes a confié en 2002 : « Je désire que Noam Chomsky soit enseigné dans les universités au moins autant que je désire que les écrits de Hitler ou Staline le soient », tout en ajoutant que « Ce sont des idées violentes et extrémistes qui n'ont pas il me semble leur place à l'université »&amp;lt;ref&amp;gt;http://archive.salon.com/news/feature/2002/09/30/campus/print.html Traduction en français de « I want Noam Chomsky to be taught at universities about as much as I want Hitler’s writing or Stalin’s writing » et « These are wild and extremist ideas that I believe have no place in a university. » dans « Mau-mauing the Middle East », 30 septembre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il figure en bonne place dans les livres ''The Professors : The 101 Most Dangerous Academics in America'' de David Horowitz et ''100 People Who Are Screwing Up America'' de Bernard Goldberg, deux pamphlets publiés en 2006. En 2005, Alan Dershowitz a débattu âprement avec lui à propos du conflit israélo-palestinien&amp;lt;ref&amp;gt;http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1132475656640&amp;amp;pagename=JPArticle%2FShowFull « Dershowitz and Chomsky battle it out », ''The Jerusalem Post'', 30 novembre 2005. Voir aussi http://www.democracynow.org/2005/12/23/noam_chomsky_v_alan_dershowitz_a « Noam Chomsky v. Alan Dershowitz: A Debate on the Israeli-Palestinian Conflict », ''Democracy Now!'', 23 décembre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au sein du mouvement anarchiste contemporain, les vues politiques de Chomsky sont souvent critiquées pour leur caractère « étatiste ». Ainsi le militant américain Murray Bookchin fustigeait-il dans une interview en 1996 la « gauche américaine » qui « pousse si loin la sottise que quelqu'un comme Chomsky, qui se dit anarchiste, veut renforcer, ou du moins soutenir l'État centralisé contre les demandes de &amp;quot;dévolution&amp;quot; aux gouvernements des États, comme si l'État centralisé pouvait être utilisé contre les compagnies, qu'il a toujours fini par aider ! »&amp;lt;ref&amp;gt;http://raforum.apinc.org/bibliolib/HTML/Bookchin-Biehl.html « Entretien avec Murray Bookchin par Janet Biehl », 19 novembre 1996.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Alors qu'il se présente comme un héritier de la tradition anarcho-syndicaliste, il est considéré par certains comme un simple démocrate réformiste&amp;lt;ref&amp;gt;http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=475 « L’effet chomsky ou l’anarchisme d’État » sur le site de l'Association internationale des travailleurs (CNT-AIT), 22 octobre 2002.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Dans le même esprit, un militant du mouvement Cuba Libertaria le décrit en « bouffon de Hugo Chávez »&amp;lt;ref&amp;gt;Octavio Alberola, http://www.mondialisme.org/spip.php?article1334 « Chomsky, le bouffon de Chavez », ''Ni patrie ni frontières'', 18 septembre 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt; à la suite de sa rencontre avec le Président du Venezuela fin août 2009&amp;lt;ref&amp;gt;http://alainet.org/active/32660&amp;amp;lang=es « Chomsky rencontre Chávez á Caracas », ''América Latina en Movimiento'', 27 août 2009.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
À l'extrême gauche trotskiste, l’International Committee of the Fourth International (Comité International de la Quatrième Internationale) l'a également critiqué à l'occasion de sa prise de position en faveur du candidat John Kerry lors de l'Élection présidentielle américaine de 2004, lui reprochant, avec sa maxime du « entre deux maux, il faut choisir le moindre », de faire le jeu de l'establishment et de la « bourgeoisie &amp;quot;libérale&amp;quot; »&amp;lt;ref&amp;gt;David Walsh, http://www.wsws.org/articles/2004/apr2004/chom-a05.shtml « Professor Chomsky comes in from the cold », Comité International de la Quatrième Internationale, 5 avril 2004.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En France, Emmanuel Todd, qui défend dans son essai ''Après l'empire'' la thèse que les États-Unis ne sont plus tout-puissants, considère Chomsky comme un « antiaméricain structurel » qui n'a « aucune conscience de l'évolution du monde » et pour lequel « après comme avant l'effondrement de la menace soviétique, l'Amérique est la même, militariste, oppressive, faussement libérale, en Irak aujourd'hui comme au Viêt Nam il y a un quart de siècle »&amp;lt;ref&amp;gt;[[Emmanuel Todd]], ''Après l'empire'', Gallimard, coll. « Folio actuel », 2002, p. 18.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Pierre Guerlain nuance le propos en considérant que pour Chomsky « le monde est complexe, un réseau complexe d'interactions dans lequel les États-Unis pèsent de tout leur poids » et qu'il essaie simplement de « comprendre quel rôle les États-Unis jouent dans ces interactions complexes »&amp;lt;ref&amp;gt;Pierre Guerlain, « A Tale of Two Anti-Americanisms », ''European Journal of American Studies'', EJAS 2007-2. http://ejas.revues.org/document1523.html.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sa critique des médias a été qualifiée de « conspirationniste » par certains de ses critiques, ce que Chomsky conteste. Il ne prétend que produire une simple « analyse institutionnelle » et avance : « à mon avis, &amp;quot;théorie de la conspiration&amp;quot; est devenu l'équivalent intellectuel d'un mot de cinq lettres. C'est quelque chose que les gens disent quand ils ne veulent pas que vous réfléchissiez à ce qui se passe vraiment »&amp;lt;ref&amp;gt;Noam Chomsky, ''Comprendre le pouvoir : tome I'', Aden, 2005, p. 56-57.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Des points de vue se sont opposés en France, au sein des gauches radicales, sur cette question&amp;lt;ref&amp;gt;Voir parmi les critiques de Chomsky sur les médias, celles de Philippe Corcuff, http://www.mediapart.fr/club/blog/philippe-corcuff/120609/chomsky-et-le-complot-mediatique-des-simplifications-actuelles-de- Corcuff-Chomsky Critique médias 2006-2009 et http://www.rue89.com/2008/12/08/autour-de-chomsky-cie-peut-on-penser-contre-soi-meme Corcuff « Autour de ''Chomsky et Cie'' » Rue 89 2008, et parmi les défenseurs de Chomsky, Arnaud Rindel, http://www.acrimed.org/article1416.html RindelChomsky Acrimed 2003, et Gilbert Achcar, http://www.acrimed.org/article2434.html Achcar-Chomsky Acrimed 2006.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le philosophe libanais Ali Harb considère de son côté que Chomsky a soutenu « les régimes despotiques, dans leurs deux versions laïque et théocratique, sous prétexte que ceux-ci luttaient contre l’hégémonie des grandes puissances étrangères et à leur tête les États-Unis » et lui reproche d'avoir incité des intellectuels arabes à reprendre sa position et, ainsi, à se jeter « dans les bras des tyrans&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.lorientlitteraire.com/article_details.php?cid=6&amp;amp;nid=6442 Ali Harb : « L’islam ne peut pas être réformé. »,  Tarek Abi Samra, L'Orient Littéraire, avril 2016.&amp;lt;/ref&amp;gt; ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Dans le domaine de la linguistique ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Certaines critiques concernent les travaux de Chomsky en linguistique. Même s'ils sont largement reconnus comme fondamentaux, ces travaux ont fait l'objet de débats scientifiques&amp;lt;ref name=&amp;quot;mason&amp;quot;&amp;gt;http://www.timothyjpmason.com/WebPages/LangTeach/CounterChomsky.htm « Could Chomsky be Wrong? » par Timothy Mason.&amp;lt;/ref&amp;gt;,&amp;lt;ref&amp;gt;John Williamson, « Chomsky's Linguistics Refuted », FrontPageMagazine.com, 3 janvier 2005. http://www.frontpagemag.com/Articles/ReadArticle.asp?ID=16508.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Selon le linguiste Timothy Mason, « si vous parcourez la toile, vous découvrirez que la majorité des documents sur l'acquisition du langage – que ce soit pour une première ou une seconde langue – est fortement nativiste et souvent considère comme un fait accompli que Chomsky et Jerry Fodor ont, pris ensemble, balayé toute possibilité d'opposition. Dans le monde anglophone – les Français sont, par exemple, bien plus sceptiques – la Grammaire Universelle ou encore le module langagier règnent sans partage »&amp;lt;/ref&amp;gt;. L'historien des sciences du langage Sylvain Auroux&amp;lt;ref&amp;gt;http://htl.linguist.univ-paris-diderot.fr/aurouxt.htm Page personnelle de Sylvain Auroux sur le site de l'Université Paris Diderot.&amp;lt;/ref&amp;gt; par exemple, tout en reconnaissant l'importance historique du travail mené par Chomsky, estime que « tous les modèles épistémologiques chomskiens sont ou faux, ou ambigus ou absurdes »&amp;lt;ref&amp;gt;« La raison, le langage et les normes », ''Langage et société'', n° 93, 2000/3, p. 101-132, http://www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=LS_093_0101.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une longue controverse a opposé Chomsky à ses collègues linguistes au cours des années 1960-1970, notamment George Lakoff ou Steven Pinker. Ce long conflit en linguistique générative est connu sous le nom de guerres linguistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Distinctions ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au cours de sa carrière, Chomsky a été invité à donner des conférences dans de nombreuses universités : cycle de conférences sur John Locke à l'université d'Oxford (printemps 1969), conférence commémorative sur Bertrand Russell à l'université de Cambridge (janvier 1970), conférence commémorative Nehru à New Delhi (1972), conférence Johan Huizinga à Université de Leyde (1977), conférence commémorative Davie sur la liberté académique au Le Cap (1997).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a reçu des diplômes honorifiques de plus de trente universités un peu partout dans le monde. Il est membre de l'Académie américaine des arts et des sciences, de l'Académie nationale américaine des sciences et de la Société philosophique américaine. Il appartient également à d'autres associations et sociétés privées aux États-Unis et ailleurs, et est notamment récipiendaire du prix de la contribution scientifique de l'Association américaine de psychologie (1984).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il a reçu le prix Kyoto en 1988&amp;lt;ref&amp;gt;« Dr. Chomsky's theoretical system remains an outstanding monument of 20th century science and thought. He can certainly be said to be one of the great academicians and scientists of this century » peut-on lire à la fin de l'allocution de remise du prix Kyoto de « Basic Sciences » en 1988, (http://www.inamori-f.or.jp/laureates/k04_b_avram/ctn_e.html source).&amp;lt;/ref&amp;gt;, la médaille Helmholtz, le prix de la paix Dorothy Eldridge, et la médaille Benjamin Franklin en sciences cognitives et de l'information. Il a reçu deux fois le prix George Orwell accordé par le Conseil américain des professeurs d'anglais pour ses « éminentes contributions à la sincérité et la clarté du langage public&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.ncte.org/library/NCTEFiles/Involved/Volunteer/Appointed%20Groups/Past_Recipients_Orwell_Award.pdf Past Recipients of the NCTE Orwell Award]&amp;lt;/ref&amp;gt; » en 1987 et 1989 (« Distinguished Contributions to Honesty and Clarity in Public Language »).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chomsky a été reconnu « plus grand intellectuel vivant » par un sondage organisé et publié en 2005 par les magazines ''Prospect'' (britannique) et ''Foreign Policy'' (américain)&amp;lt;ref&amp;gt;Robert Barsky, 2007, p. IX.&amp;lt;/ref&amp;gt;. Il a réagi en déclarant qu'il ne faisait pas très attention aux sondages&amp;lt;ref&amp;gt;http://www.guardian.co.uk/world/2005/oct/18/books.highereducation « Chomsky is voted world's top public intellectual », ''The Guardian'', 18 octobre 2005.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Science ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste complète de ses publications disponible sur le site du Massachusetts Institute of Technology (MIT)&amp;lt;ref&amp;gt;http://web.mit.edu/linguistics/people/faculty/chomsky/index.html Liste complète des publications de Noam Chomsky sur le site internet du MIT&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'analyse formelle des langues naturelles'' (en collaboration avec A. Miller), Mouton, 1968&lt;br /&gt;
* ''La Linguistique cartésienne'' suivi de ''La Nature formelle du langage'', Le Seuil, 1969, ISBN 2-02-002732-1)&lt;br /&gt;
* ''Structures syntaxiques'', Seuil, 1969, (ISBN 2020050730)&lt;br /&gt;
* ''Aspects de la théorie syntaxique'', Seuil, 1971, ISBN 2020027402) &amp;lt;small&amp;gt;[[Référence:Aspects de la théorie syntaxique (Noam Chomsky)|[références]]]&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
* ''Questions de sémantique'', Seuil, 1975, (ISBN 2020027488)&lt;br /&gt;
* ''Théories du langage - Théories de l'apprentissage : le débat entre [[Jean Piaget]] et Noam Chomsky'', Seuil, 1979, (ISBN 2-02-005273-3) : Recueil du débat épistémologique sur la nature du langage organisé par [[Jacques Monod]] regroupant divers horizons scientifiques.&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur le langage'', Flammarion, 1997, (ISBN 2080810464)&lt;br /&gt;
* ''Nouveaux horizons dans l'étude du langage et de l'esprit'' ; trad. Richard Crevier et Alain Kihm. Paris : Stock, 2005. (ISBN 2-234-05804-X). {{Lire en ligne|lien=http://chomsky.fr/livres/nouveauxHorizonsChap6.html}} (chapitre 6)&lt;br /&gt;
* ''Le Langage et la pensée'', Petite bibliothèque Payot, 2006, (ISBN 2228882690)&lt;br /&gt;
* ''Sur la nature et le langage'', [[Éditions Agone|Agone]], 2011, (ISBN 978-2-7489-0139-9)&lt;br /&gt;
* ''Quelle sorte de créatures sommes-nous? Langage, connaissance et liberté'', Lux, 2016, (ISBN 9782895962304) &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Politique et médias ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''L'Amérique et ses nouveaux mandarins'', Seuil, 1969&lt;br /&gt;
* ''Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande'', avec [[Edward Herman]], Seghers Lafont, 1974&lt;br /&gt;
* ''La Washington connection et le fascisme dans le tiers monde'', avec Edward Herman, J-E Hallier/Albin Michel, 1981, {{ISBN|2862970522}}, 2 tomes&lt;br /&gt;
* ''Écrits politiques (1977-1983)'', [[Acratie (éditions)|Acratie]], 1984&lt;br /&gt;
* ''Réponses inédites à mes détracteurs parisiens'', [[Éditions Spartacus|Spartacus]], 1984, {{ISBN|2902963084}}&lt;br /&gt;
* ''L'an 501 - La conquête continue'', [[L'Herne]], 1992&lt;br /&gt;
* ''Les dessous de la politique de l'Oncle Sam'', [[Écosociété]], 1996, {{ISBN|9782921561280}}&lt;br /&gt;
* ''Responsabilités des intellectuels'', [[Éditions Agone|Agone]], 1998, {{ISBN|2910846083}} {{Lire en ligne|lien=http://agone.revues.org/index236.html}}&lt;br /&gt;
* ''Propagande, médias, démocratie'', avec Robert W. McChesney, Ecosociété, 2000, {{ISBN|2923165101}}&lt;br /&gt;
* ''11-9 : autopsie des terrorismes'', Serpent à Plumes, 2001, {{ISBN|2842613236}}&lt;br /&gt;
* ''La conférence d'Albuquerque'', Allia, 2001, {{ISBN|284485057X}}&lt;br /&gt;
* ''[[De l'espoir en l'avenir]] : propos sur l'anarchisme et le socialisme'', [[Éditions Agone|Agone]], 2001, {{ISBN|2910846865}} {{Lire en ligne|lien=http://agone.revues.org/index242.html}}&lt;br /&gt;
* ''Élections 2000 : réflexions sur la démocratie américaine &amp;amp; Les schémas du vote et de l'abstention'', [[Éditions Sulliver]], 2001, {{ISBN|291119974X}}&lt;br /&gt;
* ''11 septembre 2001, La fin de « La fin de l'histoire »'', avec [[Naomi Klein]], [[Jean Bricmont]] et [[Anne Morelli]], Aden, 2001 {{ISBN|2960027329}}&lt;br /&gt;
* ''La Loi du plus fort : mise au pas des États voyous'', avec [[Ramsey Clark]], [[Edward W. Said]], Le Serpent à plumes, 2002, {{ISBN|2842613473}}&lt;br /&gt;
* ''Le Pouvoir mis à nu'', Ecosociété, 2002, {{ISBN|2921561611}}&lt;br /&gt;
* ''Le Bouclier Américain et la déclaration des droits de l'Homme'', Serpent à Plumes, 2002, {{ISBN|2842613511}}&lt;br /&gt;
* ''Le Profit avant l'homme'', Fayard, 2003, {{ISBN|2213615691}}&lt;br /&gt;
* ''Pirates et empereurs : le terrorisme international dans le monde actuel'', Fayard, 2003, {{ISBN|2213616434}}&lt;br /&gt;
* ''Sur le contrôle de nos vies'', Allia, 2003, {{ISBN|2844851320}})&lt;br /&gt;
* ''De la guerre comme politique étrangère des États-Unis'', [[Éditions Agone|Agone]], 2004, {{ISBN|2748900375}}&lt;br /&gt;
* ''[[Dominer le monde ou sauver la planète ?]]'', Fayard, 2004. Réédition en 10-18, coll. « Fait et cause », 2005, {{ISBN|226404229X}})&lt;br /&gt;
* ''Israël, Palestine, États-Unis : Le triangle fatidique'', Ecosociété, 2006, {{ISBN|2923165195}}&lt;br /&gt;
* ''Perspective politique'', [[Le mot et le reste]], coll. « Attitudes », 2007, {{ISBN|978-2-9153-7839-9}}&lt;br /&gt;
* ''Les États manqués'', Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Poudrière du Moyen-Orient'', avec [[Gilbert Achcar]], Fayard, 2007&lt;br /&gt;
* ''La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en démocratie'', avec [[Edward Herman]], [[Éditions Agone|Agone]], 2008, {{ISBN|9782748900729}}. Voir [[modèle de propagande]].&lt;br /&gt;
* ''Raison &amp;amp; liberté. Sur la nature humaine, l’éducation &amp;amp; le rôle des intellectuels'', [[Éditions Agone|Agone]], 2010, {{ISBN|9782748901214}}&lt;br /&gt;
* ''Réflexions sur l'université'', [[Liber-Raisons d'agir]], Raisons d'agir, 2010, {{ISBN|978-2-912107-57-2}}&lt;br /&gt;
* ''Permanence et mutations de l'université'', Presses de l'Université du Québec, 2011, {{ISBN|978-2-7605-2452-1}}&lt;br /&gt;
* ''Futurs proches. Liberté, indépendance et impérialisme au XXIe S'', [[Lux Éditeur]], 2011, {{ISBN|978-2-89596-104-8}}&lt;br /&gt;
* ''Autopsie des terrorismes. Les attentats du 11 septembre 2001 et l’ordre mondial'', [[Éditions Agone|Agone]], 2011, {{ISBN|9782748901559}}&lt;br /&gt;
* ''Occupy'', éditions de L'Herne, coll. « Essais », 2013, {{ISBN|9782851974525}}.&lt;br /&gt;
* Avec [[André Vltchek]], ''L’Occident terroriste'', Montréal, [[Écosociété]], 2015.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Entretiens ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Livres traduits en français :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* ''Langue, linguistique, politique : dialogues avec Mitsou Ronat'' [1977], Flammarion, coll. « Champs », 1992, {{ISBN|2-08-081261-0}}&lt;br /&gt;
* ''Deux heures de lucidité : conversations avec Noam Chomsky'', avec [[Denis Robert]] et Weronika Zarachowicz, Les Arènes, 2001, {{ISBN|2912485126}} {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.fr/livres/2heures_lucidite.html}}&lt;br /&gt;
* ''Entretiens avec Chomsky'', avec [[Normand Baillargeon]] et David Barsamian, Écosociété, 2002&lt;br /&gt;
* ''De la propagande'', avec David Barsamian, Fayard, 2002, {{ISBN|226403761X}}&lt;br /&gt;
* ''Pouvoir et terreur : entretiens après le 11 septembre'', Le Serpent à plumes, 2003, {{ISBN|2842614356}}&lt;br /&gt;
* ''Comprendre le pouvoir : l'indispensable de Chomsky'', édité par Peter R. Mitchell et John Schoeffel.&lt;br /&gt;
** Édition américaine : ''{{lang|en|Understanding Power : The Indispensable Chomsky}}'', éditions New Press, New York, 2002, {{nobr|xiii + 416 p.}}, {{ISBN|1565847032}}, {{LCCN|2001034298}}.&lt;br /&gt;
*** L'appareil de notes, indépendant de l'ouvrage lui-même, est consultable et téléchargeable sur le site http://understandingpower.com/. Ces notes, disponibles aux formats HTML et PDF, n'ont pas été traduites en français.&lt;br /&gt;
** Édition en langue française : trois volumes, éditions Aden, coll. « Petite bibliothèque d'Aden », Bruxelles, 2006 et 2006 :&lt;br /&gt;
*** « Premier mouvement » (traduit par Thierry Vanès), janvier 2005, {{nobr|202 p.}}, {{ISBN|2-9304-020-3-2}}, [pas de notice BNF] ;&lt;br /&gt;
*** « Deuxième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|217 p.}}, {{ISBN|2-930402-20-2}}, {{BNF|40132724p}} ;&lt;br /&gt;
*** « Troisième mouvement » (traduit par Hélène Hiessler), 2006, {{nobr|319 p.}}, {{ISBN|2-930402-31-8}}, {{BNF|409301943}}.&lt;br /&gt;
* ''De la nature humaine. Justice contrepouvoir'', entretien avec [[Michel Foucault]], [[L'Herne]], 2007&lt;br /&gt;
* ''La Doctrine des bonnes intentions'', avec David Barsamian, Fayard, 2006&lt;br /&gt;
* ''L'Ivresse de la force'', avec David Barsamian, Fayard, 2008&lt;br /&gt;
* ''Le Champ du possible : dialogue sur le conflit israélo-palestinien'', avec [[Ilan Pappé]] et Frank Barat, Aden, 2008&lt;br /&gt;
* ''Raison contre pouvoir, le pari de Pascal'', avec [[Jean Bricmont]], L'Herne, coll. « Carnets », 2009, {{ISBN|9782851979070}}&lt;br /&gt;
* ''Pour une éducation humaniste'', avec [[Normand Baillargeon]], L'Herne, coll. « Carnets », 2010, {{ISBN|9782851979308}}&lt;br /&gt;
* ''Guerre nucléaire et catastrophe écologique'', entretien avec Laray Polk, Agone, coll. « Contre-feux », 2014, {{ISBN|9782748902044}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Non traduits en français :&lt;br /&gt;
* Noam Chomsky and Voices from North, South, and Central America, ''New World of Indigenous Resistance'' (édité par Lois Meyer et Benjamin Maldonado Alvarado), éditions City Lights Publishers, avril 2010, nobr300 p., {{ISBN|978-0-87286-533-4}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres écrits ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* « Quelques commentaires élémentaires sur le droit à la liberté d'expression » : texte inséré par les éditeurs de [[La Vieille Taupe]] au début du livre ''Mémoire en défense contre ceux qui m’accusent de falsifier l’histoire'' de [[Robert Faurisson]] (1980). [lien=http://www.chomsky.info/articles/19801011.htm$&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Humour ==&lt;br /&gt;
[[Nim Chimpsky]], célèbre [[chimpanzé]] auquel on a essayé d'apprendre la [[langue des signes]], a été baptisé à partir d'un [[jeu de mots]] sur Noam Chomsky, qui considère le langage comme une propriété des seuls êtres humains&amp;lt;ref&amp;gt;Jo Godefroid, ''Psychologie : science humaine et science cognitive'', De Boeck Université, 2007, p.534.&amp;lt;/ref&amp;gt; et sur le mot ''chimp'' qui signifie « chimpanzé » en [[anglais]]. Ce singe est l'objet du documentaire ''[[Le Projet Nim]]'' ([[2011 au cinéma|2011]])&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 2012, Chomsky apparaît brièvement dans la vidéo parodique MIT Gangnam Style, également diffusée sous le titre ''Chomsky Style''&amp;lt;ref&amp;gt;[http://www.boston.com/yourcampus/news/mit/2012/10/noam_chomsky_appears_in_mit_gangnam_style_parody.html?comments=all#comments « Noam Chomsky appears in M.I.T. 'Gangnam Style' parody  »], boston.com, 31 octobre 2012.&amp;lt;/ref&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Bibliographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Ouvrages ===&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Louise M. Antony et Norbert Hornstein (dir), ''Chomsky and His Critics'', Blackwell Publishing, 2003, {{ISBN|0631200215}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR07&lt;br /&gt;
 | titre       = The Chomsky Effect: A Radical Works Beyond the Ivory Tower&lt;br /&gt;
 | éditeur     = MIT Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge, Mass.&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 9780262026246&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = BAR98&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky : une voie discordante&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Odile Jacob&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = Robert Barsky&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 1998&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 304&lt;br /&gt;
 | isbn        = 0262522551&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = HERNE&lt;br /&gt;
 | titre       = Cahier Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = ''[[L'Herne]]''&lt;br /&gt;
 | collection  = Cahiers {{numéro}}88&lt;br /&gt;
 | auteur      = [[Jean Bricmont]] et Julie Franck (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = fr&lt;br /&gt;
 | année       = 2007&lt;br /&gt;
 | lieu        = Paris&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 2-85197-145-X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Nicolas Plagne, « Un vrai fils des Lumières », parutions.com, 16 mars 2007. {{Lire en ligne|lien=http://www.parutions.com/index.php?pid=1&amp;amp;rid=76&amp;amp;srid=0&amp;amp;ida=7972}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Jean Bricmont, ''Noam Chomsky, activiste. Suivi de Les intellectuels et l'État'', Aux forges de Vulcain, 2014, {{ISBN|978-2-919176-69-4}}.&lt;br /&gt;
* Peter Collier et [[David Horowitz]] (dir), ''The Anti-Chomsky Reader'', Encounter Books, 2004, {{ISBN|189355497X}}.&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, ''The Social and Political Thought of Noam Chomsky'', Routledge, 2002. {{ISBN|0415285674}}.&lt;br /&gt;
* Günther Grewendorf, ''Noam Chomsky'', C.H.Beck, 2006, {{ISBN|3406541119}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = KIB&lt;br /&gt;
 | titre       = Chomskyan (R)evolutions&lt;br /&gt;
 | éditeur     = John Benjamins Publishing Company&lt;br /&gt;
 | collection  = &lt;br /&gt;
 | auteur      = Douglas A. Kibbee (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2010&lt;br /&gt;
 | lieu        = Amsterdam/Philadelphie&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = 488&lt;br /&gt;
 | isbn        = 9789027211699&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
* John Maher, ''Introducing Chomsky'', Icon Books, Limited, 2004, {{ISBN|1-84046-589-1}}.&lt;br /&gt;
* James McGilvray, ''Chomsky: language, mind, and politics'', Wiley-Blackwell, coll. « Key Contemporary Thinkers », 1999 {{ISBN|9780745618883}}&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = GIL05&lt;br /&gt;
 | titre       = The Cambridge Companion to Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Cambridge University Press&lt;br /&gt;
 | collection  =&lt;br /&gt;
 | auteur      = James McGilvray (dir)&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2005&lt;br /&gt;
 | lieu        = Cambridge&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 052178431X&lt;br /&gt;
}}&amp;lt;ref&amp;gt;Françoise Dubois-Charlier, « James McGilvray. ''The Cambridge Companion to Chomsky'' », ''E-rea'', 3.2 | 2005. {{Lire en ligne|lien=http://erea.revues.org/index562.html}}&amp;lt;/ref&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Christiane Notari, ''Chomsky et l'ordinateur. Approche critique d'une théorie linguistique'', Presses universitaires du Mirail, Toulouse, 2010. {{ISBN|978-2-8107-0080-6}}&lt;br /&gt;
* Neilson Voyne Smith, ''Chomsky: Ideas and Ideals'', Cambridge University Press, 2004, {{ISBN|0521546885}}.&lt;br /&gt;
* {{Ouvrage&lt;br /&gt;
 | id          = SPER&lt;br /&gt;
 | titre       = Noam Chomsky&lt;br /&gt;
 | éditeur     = Reaktion Books&lt;br /&gt;
 | collection  = Critical Lives&lt;br /&gt;
 | auteur      = Wolfgang Sperlich&lt;br /&gt;
 | langue      = en&lt;br /&gt;
 | année       = 2006&lt;br /&gt;
 | lieu        = Londres&lt;br /&gt;
 | publi       = &lt;br /&gt;
 | pages       = &lt;br /&gt;
 | isbn        = 1861892691&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Articles ===&lt;br /&gt;
* [[Solomon Marcus]], « Mathématique et linguistique », ''Mathématiques et sciences humaines'', tome 103 (1988), {{p.}} 7-21.{{Lire en ligne|lien=http://archive.numdam.org/article/MSH_1988__103__7_0.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Alison Edgley, « Chomsky's Political Critique: Essentialism and Political Theory », ''Contemporary Political Theory'' (2005) 4, {{p.}}129–153. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/2005----.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Eric Herrington et Piers Robinson, « Too polemical or too critical? Chomsky on the study of the news media and US foreign policy », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}553–568. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* Mark Laffey, « Discerning the patterns of world order: Noam Chomsky and international theory after the Cold War », ''Review of International Studies'' (2003), 29, {{p.}}587–604. {{Lire en ligne|lien=http://www.chomsky.info/onchomsky/200310--03.pdf}} {{pdf}}&lt;br /&gt;
* ''Noam Chomsky: Notes on Anarchism (1970)'', in Robert Graham, ''[[Anarchism : A Documentary History of Libertarian Ideas]]'', ''The Emergence of the New Anarchism (1939 to 1977)'', volume II, Black Rose Books, 2009, [https://libcom.org/files/Graham%20R%20%28Ed.%29%20-%20Anarchism%20-%20A%20Documentary%20History%20of%20Libertarian%20Ideas%20Volume%20Two%20-%20The%20Emergence%20of%20the%20New%20Anarchism%20%281939%20to%201977%29.pdf pp. 317-326]. {{pdf}}&lt;br /&gt;
* {{Article|auteur=Larry Portis|journal=L'Homme et la société|année=1997|volume=123|numéro=123-124|pages=166-171|titre=Noam Chomsky, l'État et l'intelligentsia française|url=http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/homso_0018-4306_1997_num_123_1_2888}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Filmographie ==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [[1992 au cinéma|1992]] : ''[[Chomsky, les médias et les illusions nécessaires]]'' de [[Mark Achbar]] et Peter Wintonick&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky : pouvoir et terreur. Entretiens après le 11 septembre (Distorted Morality — America's War On Terror?, Power and Terror: Noam Chomsky in Our Times)'' de [[John Junkerman]] (diffusé au Japon sous le titre ''Chomsky 9.11'')&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''Noam Chomsky: Rebel Without a Pause'', documentaire TV de Will Pascoe&lt;br /&gt;
* [[2003 au cinéma|2003]] : ''[[The Corporation]]'', film documentaire canadien écrit par Joel Bakan, Mark Achbar et Jennifer Abbott&lt;br /&gt;
* [[2008 au cinéma|2008]] : ''[[Chomsky et Cie]]'', film documentaire français de Olivier Azam et [[Daniel Mermet]]&lt;br /&gt;
* [[2009 au cinéma|2009]] : ''[[Chomsky et le Pouvoir]]'', film documentaire français de Olivier Azam et Daniel Mermet&lt;br /&gt;
* [[2013 au cinéma|2013]] : ''[[Conversation animée avec Noam Chomsky]]'', film français de [[Michel Gondry]], documentaire partiellement [[Cinéma d'animation|animé]]&lt;br /&gt;
* [[2015 au cinéma|2015]] : ''[[Requiem for the American Dream]]''&amp;lt;ref&amp;gt;{{Lien web|titre=- PF PICTURES – REQUIEM FOR THE AMERICAN DREAM|url=http://requiemfortheamericandream.com/|site=requiemfortheamericandream.com|consulté le=2016-05-31}}&amp;lt;/ref&amp;gt;, film documentaire réalisé par [[Peter D. Hutchison]], [[Kelly Nyks]], et [[Jared P. Scott]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Articles connexes ==&lt;br /&gt;
{{colonnes|taille=23|1=&lt;br /&gt;
* [[Opinions politiques de Noam Chomsky]]&lt;br /&gt;
* [[Linguistique générative]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire générative et transformationnelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire universelle]]&lt;br /&gt;
* [[Grammaire formelle]]&lt;br /&gt;
* [[Hiérarchie de Chomsky]] des langages formels&lt;br /&gt;
* [[Acquisition du langage]]&lt;br /&gt;
* [[Sciences cognitives]]&lt;br /&gt;
* [[Computationnalisme]]&lt;br /&gt;
* ''[[Nouvelle gauche (New Left)|New Left]]''&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
== Liens externes ==&lt;br /&gt;
{{Autres projets|commons=Noam Chomsky|wikiquote=Noam Chomsky|wikinews=Entrevue de la wikinews anglophone avec Noam Chomsky}}&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.info/ Site officiel]&lt;br /&gt;
* [http://libraries.mit.edu/chomsky/ ''unBox the Chomsky Archive''], site du MIT proposant un aperçu des archives personnelles de Chomsky&lt;br /&gt;
* [http://www.chomsky.fr chomsky.fr], une plate-forme centrée sur les textes scientifiques et politiques de Noam Chomsky.&lt;br /&gt;
* [http://www.revue-medias.com/article.php3?id_article=371 « Noam Chomsky, les médias et la « fabrication du consentement » »], entretien paru dans la revue ''Médias'', {{numéro}}17, juin 2008&lt;br /&gt;
* [http://www.college-de-france.fr/site/jacques-bouveresse/course-2010-05-28-09h00.htm « Russell, Orwell, Chomsky : une famille de pensée et d'action »], conférence donnée par Jean-Jacques Rosat au [[Collège de France]] le 28 mai 2010&lt;br /&gt;
* [http://www.prospectmagazine.co.uk/2005/11/forandagainstchomsky/ « For and against Chomsky »], ''[[Prospect (magazine)|Prospect]]'', 20 novembre 2005, article suivi d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/01/weareallcomplicit/ réponse] de Chomsky et d'une [http://www.prospectmagazine.co.uk/2006/02/7302-letters/ ultime réplique] du journaliste Oliver Kamm&lt;br /&gt;
* [http://www.autrefutur.net/A-propos-des-Etats-Unis-et-des « A propos des États-Unis et des mouvements sociaux : entretien avec Noam Chomsky »], article paru sur Autrefutur.net, juin 2015.&lt;br /&gt;
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{{Référence}}&lt;br /&gt;
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		<author><name>Evelyne LERNER</name></author>
		
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